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20 décembre 2012

COMPTES DE NOËL, Delphine de Vigan

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Cette nouvelle est la seule écrite par Delphine de Vigan, dans le recueil "NOUVELLES CONTEMPORAINES - Regards sur le monde". Très courte, comme il se doit. Très courte, mais une lucarne sur le monde d'aujourd'hui... contemporain comme l'annonce de titre du recueil.


Elsa.

Elsa qui met des chiffres partout dans sa vie ; lorsqu'elle apprend que son père, une nuit de Noël, est parti du domicile familial pour aller à l'autre bout du monde, elle s'occupe de la distance qui la sépare de lui, en kilomètres : "De l'autre côté, c'est l'Australie. À 20 000 kilomètres, 12 730 si l'on passe par le centre de la terre". Elle sait "résoudre les équations à trois inconnues, multiplier avec plusieurs chiffres (avant et après la virgule), diviser le plus petit par le plus grand..." et poutant, elle "donnerait tous les livres pour être comme les autres, dans cette innocence, [...] tous les livres pour croire encore au père Noël".

Elsa.

Elsa qui se demande si elle n'a pas des chiffres à la place du coeur. 

Elsa.

Elsa, un autre soir de Noël, longtemps après le départ de son père, qui va faire ses "comptes"....


Bien sûr, comme dans la plupart des nouvelles, on attend la chute, celle qui va nous surprendre, tant on n'aurait pas pu imaginer qu'elle tombe aussi inattendue. Celle de Delphine de Vigan n'est pas tellement déconcertante, non.Mais elle n'est pas décevante non plus. Ce n'est pas elle, cependant, qui nous donnera envie de croire au père Noël !


J'inscris ce billet dans le challenge de Lune : "Je lis des nouvelles et des novellas" (ici)

Je lis des nouvelles

L'index des recueils de nouvelles de ma bibliothèque est ici

 

 

 

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1 janvier 2000

LA BELLE AMOUR HUMAINE ; Lyonel Trouillot

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Quatrième de couverture :

A bord de la voiture de Thomas, son guide, une jeune occidentale, Anaïse, se dirige vers un petit village côtier d’Haïti où elle espère retrouver les traces d’un père qu’elle a à peine connu et éclaircir l’énigme aux allures de règlement de comptes qui fonde son roman familial. Le caractère particulier de ce voyage encourage bientôt Thomas à prévenir la jeune femme qu’il lui faudra très probablement renoncer à une telle enquête pour faire l’expérience, dans ce village de pêcheurs dont il est lui-même issu, d’un véritable territoire de l’altérité où les lois sont amicales et flexibles, les morts joyeux, et où l’humaine condition se réinvente sans cesse face aux appétits féroces de ceux qui, à la manière du grand-père d’Anaïse et de son complice en exactions, le « colonel » – tous deux jadis mystérieusement disparus dans un incendie -, cherchent à s’octroyer un monde qui appartient à tous. Dans ce roman qui prône un exercice inédit de la justice et une fraternité sensible entre les hommes sous l’égide de la question : « Quel usage faut-il faire de sa présence au monde ? », Lyonel Trouillot, au sommet de son art, interroge le hasard des destinées qui vous font naître blanc ou noir, puissant ou misérable, ici ou ailleurs – au Nord ou au Sud. S’il est vrai qu’on est toujours « l’autre de quelqu’un », comment et avec qui se lier, comment construire son vivre-ensemble sinon par le geste – plus que jamais indispensable en des temps égarés – d’accueillir, de comprendre ?


 

1 janvier 2000

UN REPAS EN HIVER ; Hubert Mingarelli

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Quatrième de couverture

Ce jour-là, trois hommes prennent la route, avancent péniblement dans la neige sans autre choix que de se prêter à une chasse à l'homme décrétée par leur hiérarchie militaire. Ils débusquent presque malgré eux un Juif caché dans la forêt, et, soucieux de se nourrir et de retarder le retour à la compagnie, procèdent à la laborieuse préparation d'un repas dans une maison abandonnée, avec le peu de vivres dont ils disposent. Les hommes doivent trouver de quoi faire du feu et réussir à porter à ébullition une casserole d'eau. Ils en viennent à brûler les chaises sur lesquelles ils sont assis, ainsi que la porte derrière laquelle ils ont isolé leur proie. Le tour de force d'Hubert Mingarelli, dans ce roman aussi implacable que vertigineux, consiste à mettre à la même table trois soldats allemands, un jeune Juif et un Polonais dont l'antisémitisme affiché va réveiller chez les soldats un sentiment de fraternité vis-à-vis de leur prisonnier.


 

1 janvier 2000

VIES IMAGINAIRES ; Marcel Schwob

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Présentaton de l'éditeur :

De Borges à Pierre Michon, nombreux sont les auteurs qui, au XXe siècle, ont écrit à l'enseigne des Vies imaginaires. Au gré de sa fantaisie et de son érudition, Schwob réinvente dans ce livre unique le genre de la biographie, croquant par le menu une vingtaine de personnages, illustres ou méconnus, de l'Antiquité au milieu du XIXe siècle : l'acteur Gabriel Spenser, les assassins Burke et Hare, la «matrone impudique» Clodia, le «pirate illettré» Walter Kennedy, le «poète haineux» Angiolieri... Une délicieuse série de tableaux, dont Colette, s'adressant à Schwob, dira : «J'ai ici tes admirables Vies imaginaires, heureusement, et la perfection irritante de quelques-unes me fait mal dans les cheveux et des picotements dans les mollets. Tu ne connais pas ça, qu'on ressent en lisant quelque chose qui vous plaît trop ?»


 

1 janvier 2000

VIVIANE ÉLISABETH FAUVILLE ; Julia Deck

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Quatrième de couverture :

Vous êtes Viviane Élisabeth Fauville. Vous avez quarante-deux ans, une enfant, un mari, mais il vient de vous quitter. Et puis hier, vous avez tué votre psychanalyste. Vous auriez sans doute mieux fait de vous abstenir. Heureusement, je suis là pour reprendre la situation en main.


 

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21 juillet 2010

LA SOLITUDE DES NOMBRES PREMIERS ; Paolo Giordano

SOLITUDE

"Alice est une jeune fille anorexique, handicapée par un accident de ski dont elle rend son père responsable. Mattia est un jeune surdoué des mathématiques, qui se scarifie les bras pour se punir d’avoir abandonné sa soeur jumelle, attardée mentale, dans un parc. Solitaires, ils vont s’engager dans une relation asymétrique, entre fugues et retrouvailles, entre amour et haine."


Alice et Mattia, deux enfants perdus dans le désert aride du monde adulte.

Alice, petite fille écrasée par le désir d'un père intransigeant, commence ce roman sur une piste de ski plombée de brouillard. Transie de froid et d'angoisse, elle s'éloigne du groupe et se perd ; elle fait une violente chute et se casse la jambe. C'est là, seule, prête à mourir que nous la laissons à la fin du premier chapitre.

Mattia, frère jumeau d'une petite sœur, est un enfant surdoué, alors qu'on découvre très vite que la fillette est déficiente psychotique. Leur père, sous couvert de plaisanterie, insinue que Mattia, dans le ventre de maman, n'a pas laissé de place à sa jumelle et l'a probablement bourrée de coups.

Dès le début du roman, remarquablement écrit par Paolo Giordano, le lecteur peut comprendre ce que sont les "injonctions parentales" : c’est au quotidien, dans les remarques et injonctions que lui adressent ses parents, que l’enfant prend ses marques et se fait progressivement une idée de ce qu’il est. La plupart du temps, il doit composer avec l’image de lui que se forgent ses parents.

Alice et Mattia vont subir ces messages parentaux, et les ressentir comme une négation de leur identité.En prenant de l'âge, elle va se sentir exclue du monde, il va, pour sa part,  s'en bannir. Mattia, invité à l'anniversaire d'un camarade de classe, avec sa sœur, craint les troubles du comportement de celle-ci : il la laisse dans un parc, lui intimant l'ordre de l'attendre. Quand il revient, on ne retrouve pas la petite... et on ne la retrouvera jamais. Mattia s'automutile. Quant à Alice, conviée elle aussi à un anniversaire, celui de Viola, adolescente perverse, malveillante, comprend qu'elle ne trouvera jamais sa place dans ce monde hostile. Les signes de l'anorexie mentale étaient déjà apparus. Alice va s'enfoncer inexorablement dans ce gouffre.

C'est précisément à la fête organisée par Viola que Mattia et Alice font connaissance. Commence entre les deux adolescents un "jeu" de chat et souris, rapprochement/éloignement, Leurs désarrois psychologiques respectifs ne font que croître et embellir. Tandis que Mattia poursuit obstinément sa quête arithmétique et devient professeur aux États-Unis, Alice se découvre une passion pour la photographie, en Italie. Au chevet de sa mère mourante, elle a rencontré Fabio, jeune médecin avec lequel elle s'est mariée. Mais son corps est "sec", "vide", et elle ne peut donner d'enfant à son époux. Mattia, lui, reste seul, en proie à ses cauchemars.

Une ultime tentative de retrouvailles, initiée par Alice qui croit reconnaître la jumelle de Mattia en une jeune femme qu'elle croise par hasard les rejettera définitivement et tragiquement loin l'un de l'autre.

Ce roman est bouleversant. Il est impitoyable. Il est violent. Il torture les consciences de ses lecteurs. Mais il ne faut pas passer à côté de ce texte magistral. Remarquable ! Il touche aux vérités de la vie même, de ce qui en charpente l'essence, qui l'enracine. A lire et à relire, même si ce n'est pas un feuilleton de détente estivale !

Haut de page 

28 juillet 2013

LA POÉSIE DANS LE BOUDOIR : Maram al-Masri

Signe 15

Joueuse
je m'entête à jouer au hasard
je joue avec les mêmes lettres
et à chaque fois je me mets moi-même
en gage

sans tricherie
je mets en jeu des matières vivantes

obstinée
je m'accroche à la poésie

comment puis-je la saisir sans la faire mienne
comment voir ses signes
sans me prosterner
devant cette légère
                        soudaine
                                           difficile

                                                         belle ?

Maram al-Masri, Par la fontaine de ma bouche, Éditions Bruno Doucey

22 octobre 2014

LA PEAU DE L'OURS - pour les Impromptus Littéraires

Je suis très attirée par les formes d'écriture que les OuLiPiens ont créées. À priori, elles semblent faciles à écrire, plus qu'à lire. En réalité, elles sont autant difficiles à lire qu'à écrire. 

Pour cet exercice de style, je me suis imposée la contrainte du "PERVERBE", ce procédé d'écriture qui associe deux (ou plusieurs) morceaux de proverbes ou locutions et permet de créer de nouvelles. Une certaine forme de détournement qui m'a réjouie !

L'idée était de composer sur le proverbe : "Il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué". J'ai invité des cordonniers, des imbéciles, des chats, des chèvres, des loups, des grives et des merles à vendre leur peau avant d'avoir tué l'ours.

 

PERVERBES

 

Il ne faut pas vendre la peau des ours les plus mal chaussés
avant d’avoir tué les cordonniers.

Variante :

Il ne faut pas vendre la peau des cordonniers
avant d’avoir tué l’ours qui est le plus mal chaussé.

*****

Il ne faut pas vendre la peau des imbéciles
avant d’avoir tué l’ours qui ne change pas d’avis.

*****

Il ne faut pas vendre la peau de l’ours, quand on vous tient le menton.
Avant de l’avoir tué, il est facile de nager.

*****

Il ne faut pas vendre la peau de l’ours, si le chat garde les chèvres ;
qui attrapera les souris, avant de l’avoir tué ?

Variante :

Il ne faut pas vendre la peau du chat qui garde les chèvres
avant d’avoir tué l’ours qui attrape les souris.

*****

Il ne faut pas vendre la peau de l’ours, quand on parle du loup :
avant de l’avoir tué, on en voit la queue

*****

Les chiens aboient : « il ne faut pas vendre la peau de l’ours ! »
La caravane passe avant de les avoir tués.

*****

Il ne faut pas vendre la peau de l’ours, faute de grives.
On mange des merles avant de les avoir tués.

 

10 novembre 2014

HOMMAGE : Haïkus de la Guerre 14-18 - René Maublanc

Je n'irai pas au cimetière
Je cherche son souvenir
Et non son cadavre.

 

C'est dans sa chambre,
Où flotte encor son âme,
Qu'est son vrai tombeau.

 

Le son de sa voix
N'est plus dans mon oreille ;
Vais-je oublier - déjà ?

 

Mes amis sont morts.
Je m'en suis fait d'autres.
Pardon...

 

En pleine figure,
La balle mortelle.
On a dit : au coeur - à sa mère.

 

Dans la plaine noire
Un petit pêcher rose
Fait à lui seul tout le printemps.

 

La nature a jeté
Sur les ruines humaines
La pitié de la neige.

René Maublanc (1891 - 1960)
En pleine figure - Haïkus de la guerre 14-18.
Éditions Bruno Doucey (octobre 2013)

14 octobre 2014

BALAI & POUSSIÈRE pour les Impromptus Littéraires

 "Parmi les nombreuses odeurs qui nous ont piégé(e)s la semaine passée, il en est une qui nous force instinctivement à agiter notre balai... c'est celle de la poussière". C'est le thème de la semaine chez les Impromptus littéraies (D'autres textes ici)

 

 

Elle fouine. Elle farfouille. Elle furète. Elle trifouille. Elle fourrage…

Elle maugrée. Elle bougonne. Elle grognonne. Elle marronne. Elle ronchonne…

Elle prospecte. Elle cherche. Elle scrute. Elle s’informe. Elle sonde. Elle enquête…

Où diable est-il passé ?

Elle remue. Elle déplace. Elle brasse. Elle soulève. Elle secoue…

Elle tousse. Elle s’ébroue. Elle graillonne. Elle éternue…

Où diable est-il caché ?

Il se camoufle. Il se dérobe. Il se dissimule. Il se tapit…

Où diable s’est-il planqué ?

Sous la carpette, sous la moquette, sous le lit…

Où diable s’est-il mussé ?

Derrière la grange, derrière la porte, derrière le fenil, derrière l’étable…

Où diable s’est-il niché ?

Dans le placard, dans la penderie, dans le cagibi…

Où diable s’est-il embusqué ?

Au fond de la tasse, au fond du puit, au fond du seau, au fond du trou…

Où diable s’est-il cloîtré ?

Parmi les capucins, parmi les cisterciens, parmi les augustins…

Dites !

Si vous voyez

Son balai

Rendez-lui !

Elle est allergique

À la poussière !

Littér'auteurs - 2014/10/14

9 novembre 2014

HOMMAGE : Ils étaient huit jeunes hommes - Charles Camproux

 

Ils étaient huit jeunes hommes

 

Ils étaient huit jeunes hommes, nus, nus et qui tremblaient
ils étaient descendus, gelés, enchaînés,
l'un derrière l'autre, nus, les mains dans le dos
et ils savaient pour sûr, ils se savaient condamnés :
le grand camion, au fond, le long de la grande allée,
l'allée des longs cyprès, longs, hauts, est venu s'arrêter,
et les huit jeunes hommes nus, blancs, sans mot sont
     descendus
entre les hommes verts, vert clair, qui les font se tenir :
se tenir, blancs, nus, devant la grande tombe,
devant le grand trou, long, profond, tout juste creusé
là tout le long, là, le long de l'allée,
derrière les tombeaux, tout le long, comme une longue
     tranchée :
par la mitraillette, d'un coup, ils ont tous plongé
dans la longue tranchée, blancs, nus, avec un peu de sang
sur leur torse blancs, blancs, nus, aux premières aurores :
ils étaient huit jeunes hommes, nus, dépouillés de
     lendemains.

Charles Camproux (1908-1994)
Poëmas de Resistencia, 1943-1944.
Traduit de l'occitan par Aurélia Lassaque
Extrait de Guerre à la guerre - Éditions Bruno Doucey, octobre 2014

11 mars 2013

LA POÉSIE DANS LE BOUDOIR : Jean Tardieu au Printemps des Poètes 2013

En furetant sur le site officiel du "Printemps des Poètes", dans la catégorie "poèmes sur le(s) rire(s)", j'ai découvert qu'un hommage y est rendu à Jean Tardieu

Jean Tardieu,dont je pense qu'il est un poète précurseur, un précurseur inspiré, un inspiré visionnaire, un visionnaire utopiste, un assembleur de nuées.

À ma façon, je vais, moi aussi, rendre hommage à ce grand homme en publiant, chaque jour, l'un de ces poèmes. Et pour mettre un peu de piment, je laisserai un mot en suspens... qui le découvrira ? Qui en trouvera un qui fera bonne mesure ? À vous de jouer, en déposant votre mot en commentaire de chaque billet. Et de ces mots déposés, ensemble nous ferons un poème.

Dialogues à voix basse

Et celle qui riait sans pouvoir s'arrêter ?
- C'était pour t'avertir des plus graves dangers.

Et celle qui pleurait avec tant de finesse ?
- C'était pour t'éclairer sur ta propre faiblesse.

Et ce train qui partait, je le manquais de peu ?
- C'était pour égarer les ------ ombrageux.

Et le temps qui montait sans m'avancer d'un pas ?
- Comprends toi-même enfin ! Je ne te réponds plus.

 

Le témoin invisible - 1943


Point n'est besoin (ni obligatoire) de tenir un blog de lecture pour participer. 

9 novembre 2014

HOMMAGE : La chanson de Craonne - Anonyme

 

La chanson de Craonne

 

Quand au bout d'huit jours, le r'pos terminé,
On va r'prendre les tranchées,
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile.
Mais c'est bien fini, on en a assez,
Personn' ne veut plus marcher,
Et le cœur bien gros, comm' dans un sanglot
On dit adieu aux civ'lots.
Même sans tambour, même sans trompette,
On s'en va là haut en baissant la tête.


Adieu la vie, adieu l'amour,
Adieu toutes les femmes.
C'est bien fini, c'est pour toujours,
De cette guerre infâme.
C'est à Craonne, sur le plateau,
Qu'on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
C'est nous les sacrifiés !

C'est malheureux d'voir sur les grands boul'vards
Tous ces gros qui font leur foire ;
Si pour eux la vie est rose,
Pour nous c'est pas la mêm' chose.
Au lieu de s'cacher, tous ces embusqués,
F'raient mieux d'monter aux tranchées
Pour défendr' leurs biens, car nous n'avons rien,
Nous autr's, les pauvr's purotins.
Tous les camarades sont enterrés là,
Pour défendr' les biens de ces messieurs-là.

 

Huit jours de tranchées, huit jours de souffrance,
Pourtant on a l'espérance
Que ce soir viendra la r'lève
Que nous attendons sans trêve.
Soudain, dans la nuit et dans le silence,
On voit quelqu'un qui s'avance,
C'est un officier de chasseurs à pied,
Qui vient pour nous remplacer.
Doucement dans l'ombre, sous la pluie qui tombe
Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes.

C'est malheureux d'voir sur les grands boulevards
Tous ces gros qui font la foire
Si pour eux la vie est rose
Pour nous c'est pas la même chose
Au lieu d'se cacher tous ces embusqués
Feraient mieux de monter aux tranchées
Pour défendre leur bien ; car nous n'avons rien
Nous autres les pauv' purotins
Tous les camarades sont enterrés là
Pour défendr' les biens de ces messieurs-là


Ceux qu'ont l'pognon, ceux-là r'viendront,
Car c'est pour eux qu'on crève.
Mais c'est fini, car les trouffions
Vont tous se mettre en grève.
Ce s'ra votre tour, messieurs les gros,
De monter sur l'plateau,
Car si vous voulez la guerre,
Payez-la de votre peau !

25 octobre 2014

COMPLICITÉ pour les Plumes d'Asphodèle

Avec Asphodèle (ici), on écrit. 

Les mots, cette fois étaient : Regard, secret, main, larrons, tiroir, drap, couverture, partager, (se) tramer, connivence, confident, bêtise, proche, rival, neige, empathie, ensemble , amants (au pluriel), nacrer, nomade, noir.

Je n'ai pas utilisé "nacrer"

**********

Le regard
d’une cougar,
c’est un secret
sans intérêt.

Elle te prend la main,
mais c’est sans lendemain.
Ne fais pas le fanfaron,
de l’occasion tu n’es que le larron.

Pas de polichinelle dans le tiroir,
aucun risque de bavoir.
Même si beaux sont les draps
Elle est quand même au moins quadra !

À soi, elle tire la couverture.
Ce n’est pas une caricature !
Ce que tu aimerais partager
pourrait la faire déménager.

Quand tu crois que se trame
un terrible psychodrame,
oublie la connivence
qui n’est que de convenance.

Tu te penses son confident ?
Mais tu es outrecuidant !
Cesse là tes bêtises,
elle rit tant de ces sottises !

De toi tu la supposes proche.
Elle te semble sans reproche.
Tu t’imagines sans rival
Alors même qu’elle cavale.

Elle n’est pas blanche comme neige,
cette chafouine Blanche-Neige.
Elle ne te manifeste empathie
qui n’est guère que patati.

Quand vous êtes ensemble
qu’avec elle tu comptes marcher l’amble
comme deux amants
embéguinés imprudemment,


son amour est nomade
quand ton cœur bat la chamade.
Allez, ne broie pas du noir.
Ne cherche pas de mouchoir !

Littér'auteurs-24/10/2014

D'autres aussi se sont penchés sur ces mots (avec peut-être plus de bienveillance (clic sur leurs noms) : 
AdrienneValentyneNunziCélestineJanickMélanie,Mind The GapViolette Dame MauvePatchCathMarie et Anne (les Sorcières), La KatiolaiseJacou33Carnets ParesseuxIsabel, Fred Mili alias JC alias Chooupi ! CériatMartine27,Marlaguette,  Modrone-EeguabSharon,  EvalireMomo et bien sûr Asphodèle

31 janvier 2013

À JEANNE, ma petite-fille

A Jeanne

Ces lieux sont purs ; tu les complètes.
Ce bois, loin des sentiers battus,
Semble avoir fait des violettes,
Jeanne, avec toutes tes vertus.

L'aurore ressemble à ton âge ;
Jeanne, il existe sous les cieux
On ne sait quel doux voisinage
Des bons coeurs avec les beaux lieux.

Tout ce vallon est une fête
Qui t'offre son humble bonheur ;
C'est un nimbe autour de ta tête ;
C'est un éden en ton honneur.

Tout ce qui t'approche désire
Se faire regarder par toi,
Sachant que ta chanson, ton rire,
Et ton front, sont de bonne foi.

Ô Jeanne, ta douceur est telle
Qu'en errant dans ces bois bénis,
Elle fait dresser devant elle
Les petites têtes des nids.

Victor HUGO

 

Pas de poésie dans le boudoir, dimanche prochain.... JEANNE, ma petite-fille toute neuve, arrive dans les heures qui viennent....

1 janvier 2000

LIBRAIRIES

LE SQUARE  : Créée dans les années 1950, la librairie de L'université à Grenoble, connue des grenoblois sous le nom de Lib de l'U, est une librairie générale et universitaire. 

Avec un fond de 46 000 références de livres, les points forts de la librairie de L'université à Grenoble sont : la littérature, la science fiction, les romans policiers, les sciences-humaines et sociales, psychologie et psychanalyse, les livres jeunesse avec un espace dédié aux enfants, les bandes dessinées. Les beaux-arts et beaux livres, les livres pratiques de vulgarisation, diététique, homéopathie, plantes, enfants, sont également bien représentés.

Librairie de L'université - Lib de l'U
2 place Docteur Léon Martin
38000 GRENOLE

Tél : 04 76 46 61 63
Mail : libsquar@club-internet.fr

LUCIOLES : La librairie Lucioles et son équipe de huit personnes proposent quelques 35000 ouvrages, littérature française et étrangère, jeunesse, sciences humaines, beaux-livres, pratique et beaux-arts, policier, science-fiction, bandes dessinées et mangas... sans oublier le scolaire.

La librairie Lucioles est ainsi devenue un acteur incontournable de la vie culturelle régionale et une structure renommée dans le paysage des librairies indépendantes.

Librairie LUCIOLES
13-15 place du Palais
38200 VIENNE
Tél : 04 74 85 53 08

 


PIPPA : Fondée en 2006, c'est une maison d'édition indépendante qui publie une collection voyages,Itinérances, une collection jeunesse, les P’tits Pippa, et une collection généraliste, Kolam,

C'est aussi une librairieSituée au cœur du Quartier Latin, elle héberge la maison d’édition PIPPA et accueille exclusivement des éditeurs indépendants. Dans le cadre de l’économie solidaire, elle est couplée à l’association humanitaire SEME, qui vient en aide aux jeunes en difficulté.

C'est encore une galerie qui présente des artistes peintres, sculpteurs, graveurs. 

Librairie PIPPA
La librairie des éditeurs indépendants
25, rue du Sommerard
75005 PARIS
tél : 01 46 33 95 81
mél : sitepippa@gmail.com

 

1 janvier 2000

LITTÉR'AUTEURS JEUNESSE

Clic sur le titre de l'ouvrage (ceux qui sont chroniqués sont en italique)

BOUCHARD, André : Les lions ne mangent pas de croquettes

BRULET, Gilles : Haïku, mon nounours

COHEN-JANCA, Irène : Je veux un vieux Noël

DAVID, Gauthier & CAUDRY, Marie : Les lettres de l'ourse

DELECOUR François & CHAUSSADE Sophie : La famille Glagla

DE SANDRE, Anna & MIYAMOTO, Chiaki : Iris et l'escalier

GREVET, Yves ; L'école est finie

JEAN, Didier & ZAD : L'agneau qui ne voulait pas être un mouton

PENNAC, Daniel ; Le roman d'Ernest et Célestine

PENNAC, Daniel & LOUCHARD, Antonin : Sahara

PENNAC, Daniel ; L'oeil du loup

PIPE, Jemima ; La maison aux trésors

PITTAU, Franceso ; C'est dégoûtant

PORTAIL - KERNEL Vicky & KERNEL Cédric : Prunelle, La fille du Cyclope

PORTAIL - KERNEL Vicky & KERNEL Cédric :Prunelle, Le réveil des Géants

SANTINI, Bertrand ; Le Yark

SIMON CATELIN, Vanessa & BALDI, Brunella ; Peau de lapin

TARDIEU, Jean : Je m'amuse en rimant

 

1 janvier 2000

LITTER'AUTEURS ÉTRANGERS

Clic sur le titre de l'ouvrage

ALMEIDA, Eugenia ; L'autobus

CARVER, Raymond ; Débutants 

COLLINS, Wilkie ; Seule contre la loi

FREUD Sigmund : Deuil et mélancolie

GIORDANO, Paulo ; La solitude des nombres premiers

LAGERDÖRF, Selma ; Le livre de Noël

LAZAR, Liliana ; Terre des affranchis

LINDGREN, Torgny : Bethsabée

MURGIA, Michela: Accabadora

MORRISON, Toni ; Beloved

OSORIO, Elsa ; Luz ou le temps sauvage

ROTH, Philip : Némésis

SEPETIS, Ruta ; Ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre

SEPULVEDA, Luis ; Le vieux qui lisait des romans d'amour

SKARMETA, Antonio : Une ardente patience

WASSMO, Herbjørg ; Cent ans

1 janvier 2000

LITTÉR'AUTEURS FRANÇAIS

Clic sur le titre de l'ouvrage

AUBRY, Gwenaëlle ; Partages

CHALANDON, Sorj ; La légende de nos pères

CLAUDEL, Philippe ; Parfums

MICHAKA, Stéphane : Ciseaux

PENNAC, Daniel ; Journal d'un corps

PENNAC, Daniel & TARDI Jacques : La débauche

PENNAC, Daniel : Merci

PEY, Serge ; Le Trésor de la Guerre d'Espagne

VERLAINE, Paul : Chansons pour elle

1 janvier 1998

RENCONTRES POÉTIQUES

CLIC sur le nom pour lire biographie & bibliographie. CLIC sur la date pour lire un extrait de l'oeuvre. (page en construction)

 

BASHO

Haiku - 16 déc 2012

BASTARD Joël

Papillotes sans chocolat

BAUDRY, Joël

Les fruits maraudés

BENAMEUR, Jeanne

Notre nom est une île - 27 janv 2013

CALLIS-SABOTIsabelle

Absence - 02 déc 2012

CARVER, Raymond

La vitesse foudroyante du passé - 20 janv 2013

CAZALS, Thierry

Un éléphant au paradis23 déc 2012

DEMARCQ Jacques

Dictons d'émoi

DE SANDRE, Anna

Un régal d'herbes mouillées

DROGUET, Henri

La main au feu

HADDAD, Hubert

Les Haïkus du peintre d'éventail

HANOTTE, Xavier

Poussières d'histoire & bribes de voyage - 13 janv 2013

JUARROZ, Roberto

Dixième poésie verticale - 30 déc 2012

KEROUAC, Jack

Le livre des haïku

LIBERT, Béatrice

Alphabet en quête d'auteur

MABILLE, Bruno

À celle qui s'avance

Claire-voie

MEURANT, Serge

Brasier de neige

NATIVEL, Romain

Le carnet d'Alec

PASTERNAK, Boris

Ma soeur la vie et autres poèmes - 24 fév 2013

PEY, Serge

L'alphabet des trimards - 11 nov 2012

Nombre, ligne, marge, majuscule - 10 fev 2013

Rituel des renversements - 18 nov 2012

POÉSIES ARABES

SCHWEISGUTH, Juliette, dite Clochelune

Mon ombre épaisse et lente

SENÉ Jean-François

Passions tristes -

Tombeau des belles disparues -

Poème pour Indochine -

TARDIEU, Jean

Conversations - 09 déc 2012

Monsieur Monsieur - 17 fév 2013

VALLA, Jean-Paul

Héra

Temps Relatif

Bande Passante - 06 janv 2013

VERLAINE, Paul

Chansons pour elle et autres poèmes érotiques - 25 nov 2012

VINAU, Thomas

Le trou

WHITE, Maya

Trente-trois papillons

16 mai 2015

CAHIERS DU JOUR : 16 mai ¨Aujourd'hui la sécurité c'est

2015

© Martine Littér'auteurs - 16 mai 2015 

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Prochain épisode : 17 mai ¨Aujourd'hui tache.

24 mars 2015

CAHIERS DU JOUR : 24 mars ¨ Aujourd'hui super héros

 

2015

Je vous laisse le choix...

© Martine Littér'auteurs - 24 mars 2015

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Le règlement des "366 réels à prise rapide" et la liste des 18 participants répertoriés à ce jour sont ici

Prochain épisode : 25 mars ¨Aujourd'hui un air en tête.

29 mars 2015

CARNETS DU JOUR : 29 mars ¨ Aujourd'hui ça change tout le temps.

2015

page FB

Le règlement des "366 réels à prise rapide" et la liste des 17 participants que j'ai répertoriés à ce jour sont ici

 

Prochain épisode : 30 mars ¨ Aujourd'hui je pourrais écrire sur ma tête

 

 

 

 

8 mars 2014

PAR LA FONTAINE DE MA BOUCHE, Maram al-Masri

Journée internationale des droits des femmes

 

Pour ma perte
j'ai joué
mes cartes gagnantes
je me suis immolée devant sa beauté
et suis devenue

 

la femme

 

 

Al-Masri

Extrait de
Par la fontaine de ma bouche
Maram al-Masri
Éditions Bruno Doucey, mars 2011

16 mars 2013

LA POÉSIE DANS LE BOUDOIR : Jean Tardieu au Printemps des Poètes 2013

printemps des poètes

 

Le masque

 

Une vie imaginaire
sur les villes est posée.
Partout de fausses lumières
sont peintes sur les paupières
des fenêtres enfermées.
Le pâle soleil qui luit
n'est que plâtre sur les pierres.

La vraie ville est dans la nuit.

Jean Tardieu - Le témoin invisible (1943)

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