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10 décembre 2012

PARTAGES ; Gwenaëlle Aubry

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Quatrième de couverture :

Posé contre un mur, devant une échoppe, il y avait un grand miroir. Je me suis arrêtée pour me voir tout entière, de la tête aux pieds. Devant moi une fille, une touriste ou une Juive, je ne sais pas, se regardait dans un miroir plus petit accroché à côté. Elle portait une robe qui dénudait ses jambes et ses bras mais soudain elle a sorti un foulard de son sac et l'a noué sur ses cheveux. J'ai trouvé ça bizarre, j'ai cherché son reflet. Et là, un instant, j'ai vu dans le cadre étroit deux visages si semblables que je n'ai plus su qui je regardais. Cela m'a fait peur, vite je suis partie, je me suis effacée. En 2002, c'est ta seconde Intifada. Sarah, Juive d'origine polonaise, née et élevée à New York, est revenue vivre en Israël avec sa mère après les attentats du 11-Septembre. Leïla a grandi dans un camp de réfugiés en Cisjordanie. Toutes deux ont dix-sept ans. Leurs voix alternent dans un passage incessant des frontières et des mondes, puis se mêlent au rythme d'une marche qui, à travers les rues de Jérusalem, les conduit l'une vers l'autre. Partages est un roman sur la communauté et sur la séparation, sur ce qui unit et divise à la fois. Soeurs ennemies, Leïla et Sarah sont deux Antigone dont le corps est la terre où border et ensevelir leurs morts.


Deux voix, deux voies... qui s'entremêlent, s'enlacent, s'interfèrent, se conjuguent. Qui conjuguent l'histoire du pays sur lequel deux adolescentes viennent poser leur vie. Deux voix : celle de Sarah, jeune fille juive d'origine polonaise, dont la famille a émigré aux États-Unis qu'elle a fuis après les attentats du 11 novembre ; celle de Leila, jeune musulmane de Cisjordanie. Elles se partagent cette terre d'Israël, elles partagent les mêmes rêves d'adolescentes, elles partagent les mêmes émois psychiques des jeunes de leur âge. Elles ne se connaissent pas, mais marchent inexorablement l'une vers l'autre, pour que se partage leur destin. Mais quel est le possible destin commun de ces deux enfants en un lieu où la mort rode inexorablement ? où, de part et d'autre des convictions, chacun, chacune s'accroche désespérément à ses certitudes ?

D'aucuns diront que Gwenaëlle Aubry emprunte les voies déjà explorées du conflit israélo-palestinien (telle cette critique ici). D'autres reconnaîtront à cette auteure des qualités d'écriture et de narration : "Ce sont ces deux voix, ces deux images en négatif d'une même tragédie, que Gwenaëlle Aubry, Prix Femina 2009 pour Personne, orchestre magistralement dans Partages, opéra sanglant qui ne connaît ni mièvrerie ni dogmatisme.", écrit Marianne Payot...
Moi, qui ne suis pas critique littéraire, je ne peux parler que de l'émotion, du trouble que j'ai ressenti en lisant ce texte, écrit d'une seule respiration, en phrases très longues, mais pourtant ponctuées. Les voix de Sarah et Leila disent tant de mots qui se ressemblent qu'il m'est arrivé parfois de perdre le fil de leurs voix. Ces deux jeunes filles, à peine pubères, vivent cette guerre avec leurs tripes, leurs ventres qui devient fécond... qui deviendrait... si le poids des siècles ne pesait pas si lourd, si les défunts n'étaient pas si présents.

« Tous ici, Israéliens et Palestiniens, Arabes et Juifs, comme tu voudras, nous partageons la même folie, c’est elle qui, comme la terre, nous divise et nous réunit. Nous partageons une même hantise, tous, nous sommes habités par des cohortes de morts. » 

J'ai aimé ce roman, comme j'ai aimé ma belle rencontre, le 14 novembre dernier, avec Gwenaëlle Aubry, à la librairie Lucioles de Vienne. Cette dame manie l'oral aussi bien que l'écrit ; elle a su me convaincre quand elle expliquait que ce livre qu'elle m'offrait à lire était un "livre des hantises, un livre de partage[s]". Telle est sa dédicace...

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27 novembre 2012

MOI, SI J'ÉTAIS GRAND ; Éva Janikovszky & László Réber

 

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Le mot de l'éditeur "La joie de lire :

Politiquement incorrects et légèrement subversifs, les textes d’ Eva Janikovszky et les dessins de László Réber font mouche et ébranlent nos convictions d’adultes. Leurs livres incroyablement modernes font partie du patrimoine mondial de la littérature jeunesse ; des pépites à consommer sans modération.


L'édition originale de cet ouvrage a été pubiée, en Hongrie, en 1965. Les éditions "La joie de lire", de Genève, viennent, en avril 2012, de le rééditer pour la 2ème fois. Et moi, si j'étais grand(e), je penserais qu'ils ont bien eu raison de remettre cet album sous les feux de l'actualité de la littérature jeunesse. Moi, si j'étais grand(e), j'attendrais d'être vraiment grande pour lire et faie lire à mes (petits)enfants les conseils de ce bout de chou, qui en a des choses intéressantes à dire !

parce qu'être un garnement
est bien plus marrant
qu'être obéissant.

01

Ce petit bonhomme rondouillet, au pull rouge, au short un peu désuet en a des choses à dire !

être toujours sage
c'est terriblement ennuyeux,
et puis c'est très fatigant.

Le petit héros aux pommettes roses, aux cheveux en pétard, énumère toutes les injonctions des grands qui pourissent littéralement la vie des petits.

Il entraîne ensuite son lecteur dans une analyse très fine et pertinente des droits que s'arrogent les grands : 

Boire autant d'eau qu'ils veulent même quand ils sont en nage,
saluer d'une voix à peine audible...


Même que...


ils ne sont pas obligés
d'aller se coucher au moment
où il y a du suspens à la télé !

Un regard - vraiment - critique sur le monde adulte. Sur son emprise sur les petits, sur les valeurs qu'il transmet... Oui, l'éditeur a raison, on peut penser que c'est subversif ! Oui. Mais le p'tit loup se prend à rêver : "Moi, si j'étais grand"... je m'arrogerais plein de droits : se tenir à genoux sur la chaise, toujours ; faire pousser un palmier dans le verre à dents ; manger une tablette géante de chocolat avant le déjeuner ; prendre des cours d'attrape-mouches.... moi, si j'étais grand, je ferais tout ce qui est interdit aux petits.

Ça serait vraiment trop bien de tirer la langue aux interdits ! Mais, si j'étais [encore plus] grand, se demande le petit homme ! Eh bien, il se marierait, ben voyons ! Ils joueraient d'abord ensemble, avec "la fille qu'[il aurait] épousée", à être des petits, puis, devenus parents... ils seraient devenus grands !

Quel superbe album, autant dans l'esprit que dans la forme ! Il n'a pas pris une ride, et les illustrations ne sont pas si démodées que l'on pourrait le croire (elles ont un côté "art naïf" qui est tout à fait de mode).

 

02

Voici un ouvrage qui va rejoindre la PAL de mes petits bouts, pour les moments où ils sont en vacances à la maison. Un joli coup de coeur pour moi !

2 janvier 2000

LE CAVEAU DE FAMILLE ; Katarina Mazetti

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Quatrième de couverture :

Désirée la bibliothécaire et Benny le paysan se sont rencontrés dans Le Mec de la tombe d'à côté. Elle dévore les livres comme les produits bio, lui élève des vaches et n'imagine pas qu'on puisse lire "de son plein gré". Leur histoire d'amour n'est donc pas simple, mais ils s'accordent trois essais pour avoir un enfant ensemble. Si ça ne marche pas, c'est terminé pour toujours. Sinon... 


 

2 janvier 2000

SUR LA POINTE DES MOTS ; Marie France Versailles

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Quatrième de couverture :

Sur le seuil de la maison que ses enfants ont quittée, une femme s'arrête. Mission accomplie. Hier encore, il y avait tant à faire... Une vie devant elle. Autrement. Et à nouveau, tout découvrir. Itinéraire inconnu, l'écriture pour seule boussole. Elle s offre le voyage... Vieillir. Habiter sa dernière saison, non comme un déclin à subir, mais comme un projet à nourrir. Dire qu'elle les aime à ceux qu'elle aime. Se faire légère. Chemin faisant, elle rencontre à Uzès une femme qui a écrit au Moyen Âge un petit livre étonnant. Connivence inattendue. Malgré les onze siècles qui les séparent, elles feront route ensemble avec l'ambition de tendre le relais, et la plume, à ceux et celles qui poursuivront l histoire.


 

2 janvier 2000

MANUEL POUR MON FILS ; Dhuoda

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Quatrième de couverture :

Le Manuel pour mon fils de Dhuoda, épouse de Bernard de Septimanie proche du pouvoir royal de Louis le Pieux, fut rédigé entre le 30 novembre 841 et le 2 février 843 dans une période extrêmement trouble de l'Empire carolingien, alors que la princesse était séparée de son mari, de son fils Guillaume et de son nouveau-né, qui lui fut enlevé avant même son baptême et dont elle ignore le nom. La mère tente d'éduquer à distance son fils aîné, retenu comme otage à la cour de Charles le Chauve. C'est là une oeuvre unique dans la littérature latine carolingienne, qui nous donne à entendre la voix d'une femme cherchant dans l'écriture à combler sa solitude et à tenir, malgré l'absence de ses enfants, son rôle de mère. C'est une source exceptionnelle sur la spiritualité et la culture d'une princesse carolingienne, sur les sentiments d'une mère envers ses enfants et sur les devoirs d'un jeune prince envers sa famille et envers son roi. Ce Manuel n'est pas seulement le dialogue intime entre Dhuoda et son fils. Il a aussi une grande importance politique. Certes, c'est le coeur d'une mère angoissée et meurtrie qui bat dans ces pages, mais c'est aussi celui d'une grande princesse, soucieuse de l'avenir de sa famille menacée par les guerres fratricides qui déchirent l'Empire. En éduquant son fils, Dhuoda a aussi cherché, avec un courage et une lucidité rares, à ramener la paix entre les fils de Louis le Pieux et à assurer le maintien de l'Empire carolingien.


 

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2 janvier 2000

LA DÉESSE DES PETITES VICTOIRES ; Yannick Grannec

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Quatrième de couverture :

Université de Princeton, 1980. Anna Roth, jeune documentaliste sans ambition, se voit confier la tâche de récupérer les archives de Kurt Gödel, le plus fascinant et hermétique mathématicien du XXe siècle.
Sa mission consiste à apprivoiser la veuve du grand homme, une mégère notoire qui semble exercer une vengeance tardive contre l’establishment en refusant de céder les documents d’une incommensurable valeur scientifique.
Dès la première rencontre, Adèle voit clair dans le jeu d’Anna. Contre toute attente, elle ne la rejette pas mais impose ses règles. La vieille femme sait qu’elle va bientôt mourir, et il lui reste une histoire à raconter, une histoire que personne n’a jamais voulu entendre. De la Vienne flamboyante des années 1930 au Princeton de l’après-guerre ; de l’Anschluss au maccarthysme ; de la fin de l’idéal positiviste à l’avènement de l’arme nucléaire, Anna découvre l’épopée d’un génie qui ne savait pas vivre et d’une femme qui ne savait qu’aimer.
Albert Einstein aimait à dire : « Je ne vais à mon bureau que pour avoir le privilège de rentrer à pied avec Kurt Gödel. » Cet homme, peu connu des profanes, a eu une vie de légende : à la fois dieu vivant de l’Olympe que représentait Princeton après la guerre et mortel affligé par les pires désordres de la folie. Yannick Grannec a réussi, dans ce premier roman, le tour de force de tisser une grande fresque sur le XXe siècle, une ode au génie humain et un roman profond sur la fonction de l’amour et la finalité de l’existence.


 

1 janvier 2000

HISTOIRES D'ICI ET D'AILLEURS ; Luis Sepulveda

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Présentation de l'éditeur

En 1990, Luis Sepûlveda revient au Chili après la chute de la dictature, il emporte la photo d'un groupe de cinq enfants prise dans les années 70 dans une banlieue ouvrière. Avec l'auteur de la photo il entreprend de reconstituer ce groupe. Ils retrouvent ceux qui sont maintenant devenus des jeunes gens mais l'un d'eux a disparu. À partir de l'absence, Sepûlveda raconte vingt ans d'histoire. De Nushino, le chasseur shuar, aux frères Arancibia, imprimeurs amis des jeunes poètes, en passant par la voix de Katia Olevskaïa, ou la fragilité des héros, vingt-cinq contes, chroniques toujours ironiques et tendres, parfois féroces, nous transportent de l'Amérique latine à l'Europe, ici et ailleurs, dans des situations différentes, des milieux différents, mais les mots de l'auteur nous ramènent toujours sur le même territoire littéraire, celui des vaincus qui refusent d'accepter la défaite. Un territoire que tous les lecteurs de Luis Sepûlveda connaissent et où ils retrouveront quelques-uns des meilleurs moments de son oeuvre littéraire et de son inimitable force narrative, de son talent pour transformer observations et anecdotes en histoires fascinantes. Un recueil qui se place dans la continuité des Roses d'Atacama.


 

1 janvier 2000

LA MUSIQUE D'UNE VIE ; Andreï Makine

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Présentation

Le premier concert du jeune pianiste Alexeï Berg est annoncé pour le 24 mai 1941. C'est un événement magique qui se prépare -la porte ouverte à de nouvelles fréquentations parmi la jeunesse dorée de Moscou, la fin des années de terreur, la puissance d'évasion de la musique, la célébrité... Or, non seulement ce concert n'aura pas lieu, mais Alexeï va devoir fuir de plus en plus loin. Sa vie se jouera désormais sur une partition différente, marquée par l'amour sans nom, par la familiarité avec la mort, par la découverte de la dignité des vaincus. Car ce « roman-destin » est d'abord un éloge de l'indomptable force de l'esprit. Et par conséquent une réhabilitation -tout en nuances- de l'homme russe, de sa capacité de résistance intérieure. Et c'est aussi une histoire pleine d'un charme très profond, qu'on lira et qu'on relira, un vrai joyau.


 

1 janvier 2000

LE LOUP DES SABLES ; Asa Lind & Violaine Leroy

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Présentation de l'éditeur

Imagination, humour et poésie... Le loup des sables pourrait bien être le petit cousin suédois du Petit prince !
Zackarina est fâchée car ses parents, toujours débordés, ont peu de temps à lui accorder. Alors elle part bouder sur la plage. Un jour, elle découvre un petit loup des sables. Un animal extraordinaire au pelage doré, qui se nourrit de la lumière du soleil et du clair de lune. C'est l'ami parfait : il sait répondre, avec patience et fantaisie, à toutes ses questions. Ainsi, tous deux réfléchissent à la colère, aux bobos, à la crainte de perdre son doudou, à l'amour, au bonheur d'avoir des poches dans son pantalon, à la peur du noir... Leurs rencontres sur la plage se renouvellent chaque fois que Zackarina a besoin de parler, de calmer ses inquiétudes ou de jouer. Et, jour après jour, Zackarina grandit !


 

1 janvier 2000

ICI ÇA VA ; Thomas Vinau

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Présentation de l'éditeur

Un jeune couple s’installe dans une maison apparemment abandonnée. L’idée ? Se reconstruire en la rénovant. Tandis qu’elle chantonne et jardine, lui – à pas prudents – essaie de retrouver ses souvenirs dans ce lieu qu’il habita enfant. Ses parents y vécurent heureux, avant que la mort soudaine du père coupe le temps en deux. Dans ce paysage d’herbes folles et d’eau qui ruisselle, ce sont les gestes les plus simples, les événements les plus ordinaires qui vont réenchanter la vie : la canne à pêche, la petite voisine, les ragondins, la tarte aux fruits, l’harmonica. Petit à petit, il reprend des forces et se souvient tandis qu’elle lui fait le plus beau des cadeaux en ne lui demandant rien : « Elle n’a pas besoin d’être confortée sur ma virilité. Ma capacité à être un bonhomme. À construire. À la protéger. Elle n’aime pas ma perfection. Ça tombe bien. J’apprends à ne plus écouter la chanson lancinante de mes plaintes. J’apprends à rire plus fort. J’apprends à recommencer ».


 

1 janvier 2000

EST-CE QUE TU M'AIMES ENCORE ? Rainer Maria Rilke, Marina Tsvétaïeva

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Présentation de l'éditeur

Marina Tsvétaïeva, de France où elle vit exilée, entre en contact épistolaire avec Rilke, en mai 1926. A sa lettre, brûlante de dévotion envers celui qui est pour elle l'incarnation même de la poésie, le grand solitaire Rilke répond profondément touché. S'ensuit une correspondance passionnée de part et d'autre, une histoire d'amour et de mots. Entre ces deux poètes que séparent l'âge (il a cinquante et un ans, elle trente-trois), la langue maternelle (mais ils s'écrivent en allemand) et le style (elle violente, elliptique, lui orphique, élégiaque), l'échange est admirable d'entente, de profondeur et de franchise. Et en même temps. en contrepoint de ce dialogue au sommet, comme deux amoureux ordinaires, ils échangent photos et confidences, et font des projets.


 

1 janvier 2000

LA LAMPE D'ALADINO ; Luis Sepulveda

sepulveda

Présentation de l'éditeur :

Douze histoires pour vaincre l'oubli, douze romans miniatures pour traverser les siècles et les continents: des confins de la Patagonie aux rues brumeuses d'Hambourg, Luis Sepûlveda convoque poètes et loups de mer, personnages légendaires et exilés de tous horizons. De sa voix unique, pleine d'humour et de poésie, il puise dans les mythes et les vestiges du passé pour perpétuer la mémoire du monde.


 

1 janvier 2000

LE MONDE DU BOUT DU MONDE ; Luis Sepulveda

sepulveda

Présentation de l'éditeur

Encore émerveillé par la lecture précoce de Moby Dick et son périple de jeunesse sur les mers antarctiques, un journaliste chilien repart à l'aventure. Aux côtés du capitaine Nilssen, il sillonne cet océan légendaire, traverse les fjords enneigés, dépasse les récifs du cap Horn. Croisant les baleines majestueuses qui tentent d'échapper à la pêche industrielle, il s'en prend aux nouveaux pirates du sud de la Patagonie...


 

1 janvier 2000

LE POIDS DU PAPILLON ; Erri De Luca

papillon

Quelque part dans les Alpes italiennes, un chamois domine sa harde depuis des années. D’une taille et d’une puissance exceptionnelles, l’animal pressent pourtant que sa dernière saison en tant que roi est arrivée, sa suprématie est désormais menacée par les plus jeunes. En face de lui, un braconnier revenu vivre en haute montagne, ses espoirs en la Révolution déçus, sait lui aussi que le temps joue contre lui. À soixante ans passés, sa dernière ambition de chasseur sera d’abattre le seul animal qui lui ait toujours échappé malgré son extrême agilité d’alpiniste, ce chamois à l’allure majestueuse. Et puis, face à ces deux forces, il y a la délicatesse tragique d’une paire d’ailes, cette «plume ajoutée au poids des ans». Le poids du papillon, récit insolite d’un duel entre l’homme et l’animal, nous offre une épure poétique d’une très grande beauté. Erri De Luca condense ici sa vision de l’homme et de la nature, nous parle de la montagne, de la solitude et du désir pour affirmer plus que jamais son talent de conteur, hors du temps et indifférent à toutes les modes littéraires.


 

1 janvier 2000

DERNIÈRES NOUVELLES DU SUD ; Luis Sepulveda & Daniel Mordzinski

Dernières nouvelles

Description de l'ouvrage

Luis Sepúlveda et son ami Daniel Mordzinski, le photographe, sont partis en 1996 pour un long voyage qui devait les mener.au sud du monde, à travers la Patagonie, de San Carlos de Bariloche, puis à partir du 42e parallèle sud jusqu'au Cap Horn et retour par la grande île de Chiloé. 
Ils en ont rapporté un livre d'aventures, de rencontres, de témoignages sur la transformation d'un territoire mythique, l'un des derniers endroits où sont encore possibles les légendes.
Mais le temps, les changements violents de l'économie, le règne de la cupidité ont fait que sur chacune de leurs histoires passe le souffle des choses inexorablement perdues et qu'ils nous donnent ici "un inventaire des pertes" qui est aussi le coût impitoyable de notre époque.

Ce voyage sans but, sans boussole, sans souci du temps est aussi le récit d'une amitié, le refuge que deviennent les voyages heureux dans les souvenirs, le formidable roman d'un monde à jamais disparu.


 

1 janvier 2000

PORTNOY ET SON COMPLEXE ; Philipp Roth

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Quatrième de couverture

«Jour et nuit, au travail et dans la rue - à trente-trois ans d'âge, et il rôde toujours dans les rues, avec les yeux hors de la tête. Un vrai miracle qu'il n'ait pas été réduit en bouillie par un taxi étant donné la façon dont il traverse les grandes artères de Manhattan à l'heure du déjeuner. Trente-trois ans, et toujours à mater et à se monter le bourrichon sur chaque fille qui croise les jambes en face de lui dans le métro.»


 

1 janvier 2000

LA RACONTEUSE DE FILMS ; Hernan Rivera Letelier

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Quatrième de couverture :

"À la maison, comme l'argent courait toujours plus vite que nous, quand un film arrivait à la Compagnie et que mon père le trouvait à son goût - juste après le nom de l'actrice ou de l'acteur principal -, on réunissait une à une les pièces de monnaie pour atteindre le prix d'un billet et on m'envoyait le voir.
Ensuite, en evenant du cinéma, je devais le raconter à la famille, réunie au grand complet au milieu de la salle à manger."

Maria Margarita a dix ans quand on écouvre quelle a un talent tout particulier pour raconter des films : détails, mimiques, costumes, la petite sait si bien faire qu'elle devient très vite une star dans son village. Désormais, elle sera Morgane Féduciné, la raconteuse de films.

Traduit de l'espagnol (Chili), par Bertile Hausberg


 

1 janvier 2000

LE SIXIÈME CONTINENT ; Daniel Pennac

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Description de l'ouvrage

Le 6e Continent

Comment diable une famille obsédée par la propreté peut-elle, en trois générations, devenir la source de la plus gigantesque pollution de l'histoire de l'humanité ? La réponse est dans Le 6e Continent, drame familialo-planétaire, en trente mouvements qui conduisent au désastre. Il ne reste plus qu'à en rire. 

Ancien malade des hôpitaux de Paris

Cette nuit-là, le docteur Galvan trouva la foi, la perdit, la retrouva, la perdit à nouveau, et ainsi de suite car la nuit fut longue. Il fallait qu'il le raconte à quelqu'un. Désolé que ce soit vous.


 

1 janvier 2000

LE ROMAN D'ERNEST ET CÉLESTINE ; Daniel Pennac

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Quatrième de couverture 

Un ours et une souris amis ? Jamais ! Scandaleux ! Absolument interdit !
- C'est compris Célestine ?
- Ernest, c'est compris ?¨
Pourtant, personne ne pourra empêcher Ernest et Célestine de devenir les meilleurs amis du monde. personne, vous m'entendez !
C'est le roman de cette amitié, conquise sur tous les préjugés, que Daniel Pennac nous raconte ici.


 

1 janvier 2000

L'OEIL LE PLUS BLEU ; Toni Morisson

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Quatrième de couverture :

Avec L'oeil le plus bleu, saisissant premier roman vibrant de douleur et de révolte, Toni Morrison marque son entrée en littérature.

À Lorain, dans l'Ohio des années 40, Claudia et Pecola, deux fillettes noires, grandissent côte à côte. La première déteste les poupées blondes, modèles imposés de perfection qui lui rappellent combien sa haine est légitime.

L'autre idolâtre Shirley Temple et rêve d'avoir les yeux bleus. Mais face à la dure réalité d'une Amérique Blanche, le rêve de beauté d'une petite fille est un leurre qui ne cède le pas qu'au fantasme et à la folie.


 

1 janvier 2000

LES TROIS LUMIÈRES ; Claire Keegan

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Présentation de l'éditeur

Dans la chaleur de l’été, un père conduit sa fille dans une ferme du Wexford, au fond de l’Irlande rurale. Bien qu’elle ait pour tout bagage les vêtements qu’elle porte, son séjour chez les Kinsella, des amis de ses parents, semble devoir durer. Sa mère est à nouveau enceinte, et il s’agit de la soulager jusqu’à l’arrivée du nouvel enfant. Au fil des jours, puis des mois, la jeune narratrice apprivoise cet endroit singulier, où la végétation est étonnamment luxuriante, les bêtes grasses et les sources jaillissantes. Livrée à elle-même au milieu d’adultes qui ne la traitent pas comme une enfant, elle apprend à connaître, au gré des veillées, des parties de cartes et des travaux quotidiens, ce couple de fermiers taciturnes qui pourtant l’entourent de leur bienveillance. Pour elle qui n’a connu que l’indifférence de ses parents dans une fratrie nombreuse, la vie prend une nouvelle dimension. Elle apprend à jouir du temps et de l’espace, et s’épanouit dans l’affection de cette nouvelle famille qui semble ne pas avoir de secrets. Certains détails malgré tout l’intriguent : les habits dont elle se voit affublée, la réaction de Mr Kinsella quand il les découvre sur elle, l’attitude de Mrs Kinsella lors de leurs rares sorties à la ville voisine…


 

1 janvier 2000

L'ANGE VENGEUR ; Luis Sepulveda

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Quatrième de couverture

"La femme devait avoir entre vingt-cinq et trente ans répartis sur un corps dont, malgré la situation, on remarquait qu'il était mince et bien fait, mais rien de cela n'avait plus aucune importance car entre elle et le temps s'ouvrait un vide d'indifférence totale. Couchée sur un plateau d'acier brillant, elle n'était plus qu'un paquet attendant le tampon qui l'expédierait vers le dernier voyage, sans retour ni escales pour d'éventuels remords. La mort est notre seule oeuvre qui atteigne la perfection et il nous est interdit de la voir.
Les deux orifices, l'un au-dessus du sein, l'autre près de la gorge, étaient entourés d'auréoles bleutées qui soulignait l'impact des projectiles sur la peau avant de trouver la chair."


 

1 janvier 2000

DANS LE TERRIER DU LAPIN BLANC ; Juan Pablo Villalobos

Villalobos

Quatrième de couverture :

Il était une fois un petit garçon très intelligent passionné par les chapeaux, les dictionnaires, les samouraïs et la délicatesse infinie des sansculottes. Un jour, il se pique de doter son zoo privé d’hippopotames nains du Liberia, et qu’importe que l’espèce soit en voie d’extinction ! Il les aura car papa peut tout. Papa est riche et puissant : il travaille dans la cocaïne. Depuis la forteresse où il vit reclus avec son narcotrafiquant de père et sa cour, le “Candide” observe un monde fantasmagorique et pourtant réel qui répond au moindre de ses désirs. S’il paraît extravagant, il est plein, en vérité, d’une cohérence implacable : le caprice puéril n’est qu’une réplique en miniature de la démence adulte.
Puisant avec brio à la source de l’ironie pour bâtir ce court roman philosophique, l’auteur brandit le pouvoir subversif de la dérision pour pointer une violence mexicaine prégnante et l’affilier, surtout, à une longue tradition humaine. Il semblerait, en effet, que toutes les civilisations comptent leurs coupeurs de têtes et qu’il ne soit pas si rare que les petits lapins blancs se transforment en serpents à sonnette.

Présentation de l'éditeur :

Orphelin de mère, Tochtli est un petit garçon comme les autres qui a pour papa un héros. Son héros travaille : il fait commerce de cocaïne, il est très riche - ses doigts sont couverts de bagues en or et en diamants, et très puissant - quand il reçoit des invités (crapules associées, prostituées, politiciens véreux …) on ne sait pas s’ils sont encore des gens ou déjà des cadavres. Comme tous les enfants, il aime jouer. Avec les mots, les chapeaux, les sabres. Et il excelle au jeu des questions / réponses. Quelqu’un annonce une quantité d’impacts dans une partie du corps et l’autre répond : “vivant, cadavre ou pronostic réservé”. Par exemple “trente balles dans l’ongle du petit orteil du pied gauche ?” : “vivant”. Entouré d’une “bande de mecs”, il ne quitte jamais le terrier. Il a un précepteur qui lui enseigne l’histoire et la géographie et lui transmet son obsession pour le Japon, le code d’honneur des samouraïs, et pour l’histoire de France. Tochtli aime beaucoup les Français, si délicats, qui enlèvent la couronne du roi avant de lui couper la tête pour éviter de la cabosser. Quand il manifeste l’envie de visiter un zoo, papa lui achète un lion et deux tigres. Mais quand il s’agit d’un désir a priori impossible à assouvir, comme des hippopotames nains du Libéria en voie d’extinction ? On enfreint les règles de sécurité et on embarque pour une odyssée délirante et initiatique en direction de Monrovia. Papa peut tout. Rien ni personne ne lui résiste. Et cette omnipotence astronomique pèse lourd dans la construction de l’imaginaire de l’enfant, pour qui il n’existe aucune opposition entre le monde fantastique où tout est possible et le monde du réel. Mexicaniste jusqu’à l’absurde - les prénoms de tous les personnages comme l’enfant Tochtli : lapin, le père Yolcaut : serpent à sonnette, sont empruntés au dialecte náhuatl, la langue indigène la plus parlée au Mexique - l’auteur transpose cette violence prégnante dans d’autres cultures pour l’affilier à une longue tradition humaine. Il semblerait que toutes les civilisations comptent leurs coupeurs de têtes et qu’il ne soit pas si rare que les petits lapins se transforment en serpents à sonnette.


 

2 novembre 2012

VOYAGES IMMOBILES ; Thomas Vinau

 

Thomas Vinau

"La revue "ficelle" ne publie que ce qui lui plaît et ça ne risque pas de changer. 

Chaque jour, le ciel écrit sa phrase dans les nuages. 
Je dois écrire la mienne..."

 

AUTOPORTRAIT DE THOMAS VINAU


« Écrire c’est se taire » disait Duras, ou plutôt elle l’écrivait. Peut-être commencer par ça.
Ma bouche close. L’esprit comme du vent dans une longue plaine. Une langue pleine.
Les mots qui fouettent l’herbe, qui disparaissent en bourrasque. Qui reviennent. Ma
bouche close et mes yeux ouverts. Mes yeux qui boivent la lumière.
Il y a cinq ou six ans je suis venu m’installer dans le Luberon. Fonder une famille.
Fonder tout court. Ici les gens parlent. Ils parlent fort. Des yeux. Des mains. Même
les taiseux parlent. La lumière également est volubile. L’espace. Le ciel. Je sais
qu’écrire c’est se taire. Rester cet adolescent muet qui comprend que la terre est une
bille sur la tête d’un boiteux. Je sais aussi qu’écrire c’est déborder. Être une tasse d’eau
chaude trop pleine. Déborder de l’infusion de l’espace, de la lumière, de
l’environnement, des autres. Déborder de l’infusion de l’enfance aussi. La sienne.
Celle d’où l’on vient. Toujours. Reste à ne pas se tromper. À ne pas avoir peur de se
taire. Ne pas redouter le silence. Dans des grands gestes de mots et de phrases. Ne pas
rajouter du bruit au bruit. Écrire dans la lucidité d’un murmure. Retourner d’où l’on
vient. Droit. Les yeux bien en face du grand trou de nos vies. Bâtir. Dans nos
balbutiements. Construire. Maçonner des poèmes. Des histoires. Des enfants ….


Alors le poète écrit :

Je veux apprendre à voir, c'est le commencement d'un voyage immobile.

Et encore : 

Le ciel comme un couvercle
la lune comme un bouchon
la vie comme une fenêtre
immobile et ouverte.

"Et le jour vient de naître"

dans l'espace des mots de Thomas, dans son immobilité créatrice, pour accompagner un voyage onirique.

Le blog de l'auteur : ETC-ISTE

Le site des éditions "ficelle"

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16 décembre 2012

NEUF HISTOIRES ET UN POÈME ; Raymond Carver

carver

Les récits de Raymond Carver sont d'une simplicité déconcertante. Ils ont pour unique objet l'intimité, la banalité. La vie, en se repliant sur elle-même, est devenue ordinaire, insignifiante. C'est cela, l'époque moderne : la médiocrité qui vous persécute, l'être écrasé sous le poids du quotidien.
Mais il arrive que, de l'intérieur même de cette banalité, jaillisse comme un signe, un avertissement, une injonction à s'éveiller et à accomplir son destin, quel qu'il soit. Il arrive aussi que le message soit brouillé, ou lu de travers.
Ces histoires sont tantôt des tragédies, tantôt des comédies, ou les deux à la fois. Mais leus héros n'appartiennent pas plus à la caste des rois, des reines et des dieux qu'à celle des valets ou des confidents. Ce sont des gens : une serveuse de restaurant, un chômeur, un père anxieux, une femme divorcée et son ex-mar, trois pêcheurs, des voisins trop curieux, un enfant malade.
ils nous ressemblent.


"Simplicité déconcertante" ? Certes oui ! Pour mon premier contact avec Raymond Carver en particulier et avec ce genre littéraire qu'est la nouvelle, le moins que je puisse dire, c'est que j'ai été déconcertée, voire déstabilisée. 
J'avais été pourtant prévenue : Stéphane Michaka, dans son roman "Ciseaux" (ici) m'avait mise au parfum. Carver est un écrivain hors norme qui détient pleinement l'art de l'écrit court (c'est le propre d'une nouvelle, n'est-il pas ?) où tout est dit sans que rien ne soit vraiment dévoilé.Ses personnages sont ordinaires, ils vivent des choses ordinaires dans un quotidien ordinaire. Ce sont justement ces insignifiances qui donnent matière à l'auteur pour construire ses "histoires". Et c'est là que j'ai pris conscience du sens de mots comme "habileté", "dextérité", "talent", "maîtrise", "intensité"...

Quand je regarde, le soir venu, le déroulement de la journée qui vient de s'écouler, je n'en fais pas toute une histoire, moi ! Eh bien, Raymond Carver, si ! Et quelle histoire ! Et avec quel génie ! Il puise dans les états d'âme de ses personnages l'essence de répercussions psychologiques qu'il exploite pour donner corps à une succession d'évènements qui conduiront à une chute le plus souvent inattendue (ça, ce n'est pas du Carver, c'est bien trop long et...). Là aussi, c'est le propre de la nouvelle, contesteront certains esprits chagrins que mon panégyrique importunerait.

Alors, ce Carver, qu'a-t-il donc de si spécial ? Je pourrais dire que c'est le maître de ces phrases que l'on prononce sans y penser : "C'est la vie, que veux-tu !", "Qu'est-ce qu'il y a ?", "Je sais pas"... Ces quelques mots insignifiants (étymologiquement : privés de sens) dans nos propos, deviennent caisses de résonance ("raisonnance" ?) dans ceux des personnages, cabossés de la vie, qu'il évoque. Ces gens qui galèrent, qui exercent des petits boulots, qui rament pour tenir jusqu'à la fin du mois, qui rament pour tenir tout court, ces gens simples, ces gens las, ces gens désespérés, ces petites gens souvent incapables de parler, de communiquer, qui vivent une sorte de mutisme social. 

Les nouvelles de Carver disent le désespoir, la souffrance, la solitude, la lâcheté, la peur, le doute. Mais elles s'expriment avec tant de simplicité, de véracité, qu'au détour d'une virgule, que là, juste au dos d'une page, c'est vous que vous trouvez.Et même pas mal ! quoique... à y réfléchir ... Tout dépend comment on lit ces histoires à ne pas dormir debout.


Quelque chose me chiffonne : et si ces textes courts, ces vies sans passé ni lendemain, ces chutes désarçonnantes n'étaient l'oeuvre que de Gordon Lish (l'éditeur de Carver), le châtreur de textes ? Pas possible !  Carver a écrit : « Les mots, c'est finalement tout ce que nous avons, alors il vaut mieux que ce soit ceux qu'il faut et que la ponctuation soit là où il faut pour qu'ils puissent dire le mieux possible ce qu'on veut leur faire dire » (De l'écriture). Il faut que je lise "Débutants", le manuscrit original que la poétesse Tess Gallagher, sa deuxième épouse, a préservé, protégé et publié. 


Je lis des nouvelles

Comme je me suis engagée pour le challenge "Je lis des nouvelles" (clic), l'un de mes prochains billets sera dédié plus précisément à l'une des "neuf histoires" de Raymond Carver. Je vais devoir choisir entre :

  • De l'autre côté du palier
  • Ils t'ont pas épousée
  • Les vitamines du bonheur
  • Tais-toi, je t'en prie, tais-toi !
  • Tant d'eau si près de la maison
  • C'est pas grand chose, mais ça fait du bien
  • Jerry et Molly et Sam
  • L'aspiration
  • Dites aux femmes qu'on va faire un tour
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