27 janvier 2013

LA POÉSIE DANS LE BOUDOIR : Jeanne Benameur

De lourds navires à quai
dans nos poitrines

Avons-nous navigué ?
Qu'avons-nous vu du monde ?

Tout reste à lire
nous le savons
dans l'herbe
dans le sable
sous le pied qui trébuche au caillou
sous l'algue
Il faudrait déchiffrer
tout ce qui est offert
lire l'empreinte

Mais nous sommes nous-mêmes empreints.
Et nous sommes ignorants.

 

Notre nom est une île, Jeanne Benameur
Éditions Bruno Doucey - septembre 2011

 

Jeanne benameur

 

 


Je viens de décider de changer l'intitulé de ce rendez-vous dominical. Je me suis inspirée du Marquis, qui, lui, dans le boudoir, préconisait la philosophie. Nous resterons, ici, plus vertueux et virtuels.

Mais demeure ce petit jeu des mots et de l'esprit ; ces mots qui vibrent et vivent, qui disent à nos émotions, à nos coeurs, à nos sensibilités...

POÉTISONS


Je l'ai appelé "poétisons ensemble"... la règle du jeu ici

Dimanche dernier, dans notre boudoir, nous avons poétisé ensemble : Dominique, Marilyne, Aifelle, Anne, et moi. Merveilleuses rencontres !

(Clic sur les prénoms pour se rendre sur le site ou le blog)

Posté par C Martine à 05:22 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
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Commentaires sur LA POÉSIE DANS LE BOUDOIR : Jeanne Benameur

    "Les étoiles incrustées sous la chair
    il faut vautour et rage
    pour nous arracher
    un peu
    de ce qui brille

    Et tant d'amour sans attente
    pour garder la lumière"

    (Jeanne Benameur).

    Au passage, merci à Antigone de nous avoir parlé de ce recueil de poèmes, elle est ma source aujourd'hui à l'insu de son plein gré !

    Posté par aifelle1, 27 janvier 2013 à 06:51 | | Répondre
  • " Rejetés dans le plus grand désordre
    Les coquillages, une fois sur le sable
    Tous parfaitement à leur place "

    - Thierry Cazals - Extrait de " Le rire des lucioles " -

    Posté par Marilyne, 27 janvier 2013 à 08:58 | | Répondre
  • j'ai l'impression que je vais me prendre au jeu

    voici ma ration de ce dimanche


    Écarte les bornes des phénomènes
    Jette à bas la cage terrestre
    Fais retentir l’hymne sauvage
    Le cuivre des mystères rebelles

    Ossip Mandelstam

    Posté par Dominique, 27 janvier 2013 à 09:16 | | Répondre
  • En suivant le fil accroché chez Aifelle j'arrive ici pour mon plus grand plaisir:
    "Ils prennent la mer sous un ciel pastel, les voiles sœurs des danseurs goélands au-dessus des creux.
    Trois gouttes de pluie sur la vitre donnant vers le firmament, la brise embarque des nuages pour un vol vers le pays des bois. Ceux qui partent dan l'autre sens ont le pied marin et le cœur serré. Leurs paroles sont rares, ce sont les mains surtout que l'on voit à l'ouvrage. Ils ont laissé au port un peu d'amour qui ne se dit pas, des photos dans un tiroir, tiré un trait sur les sentiments trop visibles.
    A chaque départ ils ouvrent le livre de l'absence, basculent vers des routes maritimes qui mènent vers les gouffres parfois." (...)
    Ahmed Kalouaz - Paroles buissonnières

    Posté par Fransoaz, 27 janvier 2013 à 10:35 | | Répondre
    • À la demande de Francoaz... correction des coquilles.
      "Ils prennent la mer sous un ciel pastel, les voiles sœurs des danseurs goélands au-dessus des creux.
      Trois gouttes de pluie sur la vitre donnant vers le firmament, la brise embarque des nuages pour un vol vers le pays des bois. Ceux qui partent dans l'autre sens ont le pied marin et le cœur serré. Leurs paroles sont rares, ce sont les mains surtout que l'on voit à l'ouvrage. Ils ont laissé au port un peu d'amour qui ne se dit pas, des photos dans un tiroir, tiré un trait sur les sentiments trop visibles.
      A chaque départ, ils ouvrent le livre de l'absence, basculent vers des routes maritimes qui mènent vers les gouffres parfois." (...)
      Ahmed Kalouaz - Paroles buissonnières

      Posté par C Martine, 28 janvier 2013 à 08:00 | | Répondre
  • La mémoire s'est enchevêtrée aux lais de haute mer
    larges places palpitantes d'oubli

    l'océan reviendra-t-il ?

    Nous avons appris
    à tracer dans le sable
    lentement
    la venue du nom qui n'a pas de lumière.
    En silence.

    Dans nos coeurs, les paroles du monde.

    Page 35 du même recueil, qui traîne à portée de main et me ravit toujours autant... même que j'en ai trouvé un deuxième la semaine dernière, "Il y a un fleuve"...

    Posté par Anne, 27 janvier 2013 à 10:45 | | Répondre
  • Il est effectivement très beau ce recueil de Jeanne Benameur...
    Belle poésie à toutes !
    @ Aifelle : de rien !

    Posté par antigone, 27 janvier 2013 à 11:51 | | Répondre
  • Nous restons tête baissée
    à lire
    un mot
    un seul
    toute notre vie le même

    Et si vivre était là ?

    Oh ma tête est un cerf-volant
    troué d’épiphanies

    L’air qui me traverse
    est à moi
    est à tous
    Et mon souffle se donne

    Jeanne BENAMEUR, Notre nom est une île, Éditions Bruno Doucey.

    Merci pour ce partage dominical et tant de délicatesse ...
    Florence

    Posté par flomar, 27 janvier 2013 à 11:56 | | Répondre
  • La journée se termine, au cours de laquelle je n'ai cessé de venir me délecter de vos participations, Aifelle, Marilyne, Dominique, Franscaz, Anne, Flomar... Je sais - mon petit doigt me l'a dit - que nombreux sont celles et ceux qui ont fait comme moi, mais sans laisser de message. L'essentiel c'est que la poésie ait une place entière dans nos sensibilités de lecteurs (trices, bien sûr). Et là, croyez-moi, je suis ravie ! Ce fut aussi pour moi l'occasion de faire la connaissance de Ahmed Kalouaz et Ossip Mandelstam. Me voici, oh bonheur ! avec la perspective de découvrir d'autres richesses poétiques. Alors mille mercis !
    PS - Le "jeu" est en train de se faufiler chez Marilyne ; sur son site Lire & Merveilles (http://www.lire-et-merveilles.fr/), où d'autres poèmes ont été mis en ligne aujourd'hui (elle avait invité Roberto Juarroz). Quel régal !

    Posté par Littér'auteurs, 27 janvier 2013 à 20:04 | | Répondre
    • Oups ! ce n'est pas Franscaz qui est passée ici aujourd'hui mais "Fransoaz". Biz à toi !

      Posté par Littér'auteur, 27 janvier 2013 à 20:07 | | Répondre
  • J'aime beaucoup Jeanne Benameur, mais je n'ai jamais lu sa poésie. Merci de m'en parler. Je vais me procurer ce livre car j'aime la poésie plus que tout.

    Posté par Bonheur du jour, 29 janvier 2013 à 05:45 | | Répondre
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