24 février 2013

LA POÉSIE DANS LE BOUDOIR ; Boris Pasternak

Définition de la poésie

C'est un bruit de glaçons écrasés, c'est un cri,
         Sa strideur qui s'accroît et qui monte,
C'est la feuille ou frémit le frisson de la nuit,
          Ce sont deux rossignols qui s'affrontent,

C'est la suave touffeur d'une rame de pois,
          L'univers larmoyant dans ses cosses,
Le jardin potager où Figaro s'abat
          En grêlons du pupitre et des flûtes.

C'est cela qu'à tout prix retenir veut la nuit
          Dans les fonds ténébreux des baignades
Pour porter une étoile au vivier dans les plis
          De ses paumes mouillées, frissonnantes.

On étouffe, plus plat que les planches sur l'eau
          Et le ciel est enfoui sous une aune.
Il siérait aux étoiles de rire aux éclats,
              Mais quel trou retiré que ce monde !

Boris Pasternak - 1917
Ma soeur la vie et autres poèmes
Poésie Gallimard - 2003

 

poésie russe

 

 


POÉTISONS

Dimanche dernier, nous avons poétisé ensemble :   AnneFransoazFlorence Laurence et moi.

(Clic sur les prénoms pour se rendre sur le site ou le blog)

Qui viendra, aujourd'hui avec nous, donner aux mots leur sensibilité poétique ? Poétisons ensemble, voulez-vous ?
La règle du jeu est ici

 

Posté par C Martine à 06:28 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
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Commentaires sur LA POÉSIE DANS LE BOUDOIR ; Boris Pasternak

    J’aime l’humeur rébarbative
    De l’artiste oublieux des mots
    Qui, honteux de son propre livre,
    Se cache aux regards des badauds.

    Mais on connaît ce caractère,
    Et lorsqu’on perd l’instant au vol
    On ne peut faire marche arrière,
    Même caché dans un sous-sol.

    Ensevelir sa destinée,
    On ne peut. Que faire? D’abord,
    De son vivant, sa renommée
    Passe en mémoire, obscure encor.

    Qui donc est-il? Dans quelle arène
    Son expérience lui vint?
    Il a lutté contre lui-même
    Et contre son propre destin.

    Il est tout de chaleur terrestre,
    Un bourg par le Gulf Stream choyé.
    Dans son anse le temps déverse
    Ce que la digue a renvoyé.

    Il désirait vivre paisible
    Et libre, mais le temps passait
    Comme un nuage sur l’usine
    Où son établi se courbait

    Boris Pasternak.

    Posté par aifelle1, 24 février 2013 à 07:31 | | Répondre
  • Les poèmes

    Ce sont des extraits d'insomnies,
    C'est le noir des bougies tordues,
    C'est au matin le premier son
    De blancs carillons par centaines...

    C'est la tiédeur d'un appui de fenêtre
    Sous la lune de Tchernigov,
    Ce sont les abeilles, c'est un mélilot,
    C'est la poussière, et l'ombre et la touffeur

    - Anna Akhmatova -

    Posté par Marilyne, 24 février 2013 à 09:45 | | Répondre
  • A la Muse

    Quand la nuit j'attends sa venue,
    La vie ne tient plus qu'à un fil.
    Que sont honneurs, jeunesse, liberté
    Devant la douce visiteuse au chalumeau ?
    La voici. Elle a rejeté son voile.
    Elle me regarde avec attention.
    Je lui dis : "Est-ce toi qui as dicté
    A Dante son Enfer ?" Elle répond : "C'est moi."

    Anna Akhmatova, in Roseau

    Posté par Anne, 24 février 2013 à 11:30 | | Répondre
  • Pour un art poétique (3)

    Bien placés bien choisis
    quelques mots font une poésie
    les mots il suffit qu'on les aime
    pour écrire un poème
    on sait pas toujours ce qu'on dit
    lorsque naît la poésie
    faut ensuite rechercher le thème
    pour intituler le poème
    mais d'autres fois on pleure on rit
    en écrivant la poésie
    ça a toujours kékchose d'extrême
    un poème
    Raymond Queneau

    Bon dimanche
    Fransoaz

    Posté par Fransoaz, 24 février 2013 à 12:11 | | Répondre
  • Pourquoi écris-je?

    J'écris pour fixer le temps
    Le temps d'une lettre, un mot,
    Une phrase, un poème;
    Le temps d'un moment
    Puis réaliser qu'il n'est plus.

    (...)

    J'écris pour parler aux autres
    J'écris pour leur dire
    J'écris pour qu'ils écoutent
    J'écris...tant faire se peut.

    J'écris pour construire demain
    J'écris pour tisser des liens
    J'écris pour donner la main
    et fixer la mémoire.

    (...)

    J'écris pour un glaive
    Pendu au-dessus du temps
    J'écris pour une colombe
    Toutes les chansons
    J'écris l'espoir d'une langue
    Les vertus d'une race,
    La continuité de soi.

    Nacer Oukemoum . Chants et complaintes du polygone ( le dé bleu)

    Posté par laurence, 24 février 2013 à 20:37 | | Répondre
  • L’incessant clapotis

    Dans le défilé sombre,

    Les pins dans le taillis

    Et la table dans l’ombre.

    .

    Sur la viande et le pain

    L’haleine des cascades

    Assourdit le jardin

    De ses fraîches aubades.

    .

    Sur le chachlik aussi

    Par la vapeur grisée,

    Elle s’éboule ainsi

    Qu’une flamme inversée.

    .

    Quand la faille bruit

    Et de son eau se vide,

    La chandelle pâlit, -

    Tant cet air est humide.

    .

    Telle qu’un fil noué,

    La fontaine pleurniche

    Et son bruit est cloué

    Aux rochers en corniche.

    .

    Boris PASTERNAK. 1936.

    Posté par flomar, 01 mars 2013 à 02:08 | | Répondre
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