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Littér'auteurs
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13 mai 2015

CAHIERS DU JOUR : 13 mai ¨ Aujourd'hui la toute première question qu'on va vous poser

 

2015

J'aurais pu rédiger ce billet hier, ou avant-hier, ou n'importe quel jour. "As-tu bien dormi ?", c'est rituellement la question que chaque matin me pose mon mari. C'est immanquablement  celle à laquelle je réponds, en terminant par "Et toi ?".

Cette nuit fut agitée, malgré mes cinq kilomètres de vadrouille dans la ville. Cinq kilomètres trois cent vingt, m'annonce mon podomètre ! Mais une pause thé, vers seize heures, a eu raison de mon sommeil. Et ma matounette câline a fait le reste, en venant se glisser contre moi, toute douce et ronronnante. 

© Martine Littér'auteurs - 12 mai 2015 

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Prochain épisode : 14 mai¨ Aujourd'hui enfant.

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10 mai 2015

CAHIERS DU JOUR : 10 mai ¨ Aujourd'hui une multitude de

2015

Une multitude de feuilles, de branches, de ramilles compose cette voute végétale sous laquelle j'ai flâné, cet après-midi. Une trouée de verdure, une échappée vers le ciel bleu de cette journée soleilleuse qui annonce l'arrivée tant espérée de la belle saison. Un instant de quiétude que les gazouillis des oiseaux n'altèrent pas : la petite gent ailée participe guillerettement au rendez-vous vernal. 

© Martine Littér'auteurs - 10 mai 2015 

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Prochain épisode : 11 mai ¨ Aujourd'hui il FAUT.

17 mars 2015

CAHIERS DU JOUR : 17 mars ¨ Aujourd'hui fallait pas que

2015

Fallait pas que mon numéro de téléphone tombe sous les yeux de ce monsieur, ce matin. Non, fallait pas qu’il m’appelle pour me vendre un truc. Je les reconnais tout de suite ces vendeurs de trucs. À leur accent et à leur manière d’écorcher mon nom. Je sais bien qu’il s’agit de leur gagne-pain, je sais bien qu’ils sont harceleurs par nécessité et non par vocation. Mais, fallait pas… Quand il m’a dit : « Laissez-moi le temps de vous expliquer », j’ai pris la balle au bond : « Moi, je ne l’ai pas, le temps ». Fallait pas…

© Martine Littér'auteurs - 17 mars 2015

https://www.facebook.com/martine.crasez


Les 366 réels à prise rapide correspondent à un exercice d’écriture de Raymond Queneau tiré des Exercices de Style. Il s’agit d’écrire chaque jour un texte sur un thème proposé sous la forme “Aujourd’hui [quelque chose]“.


Les règles sont les suivantes : écrire sur le vif, ne pas écrire plus de 100 mots, rapporter des éléments réels de sa journée sans en inventer et sans se référer à un jour antérieur, suivre la thématique de la date correspondante. La liste des thèmes et le règlement sont ici

La bande des "aujourd'hiens" et des "aujourd'huistes", répertoriée à ce jour (clic sur le nom de leur blog) :

Valentyne, sur son blog "La jument verte", Fred Mili, sur "Histoire et Nouvelles", Marlaguette, sur "Destinée de pacotille", Jacou, sur "Les mots autographes", Dominique, sur "Un esprit sain dans un corsage", Asphodèle, sur "Les lectures d'Asphodèle, les humeurs et l'écriture"Martine, sur "Mon carnet à Malices" Croc, sur "Des mots et des images", Rebecca Zartarian-Arabian, ICINadael sur « Les mots de la fin« . Prudence Petitpas, ICIMarie-Jo64, sur Mijo espace

Prochain épisode : 18 mars ¨ Aujourd'hui un moment où j'ai regardé l'heure.

21 décembre 2014

Voeux

2014

Meilleurs bœufs

dit le pâtre

Meilleurs deux

dit le matheux

Meilleurs feux

dit l’amoureux

Meilleurs gueux

dit le hère

Meilleurs jeux

dit l’enfant

Meilleurs meuhs

dit la vache

Meilleurs nœuds

dit le marin

Meilleurs peus

dit l’ascète

Meilleurs queux

dit le Maître

Meilleurs vœux

dit celui qui n’a rien d’autre à faire.

 

Paul Fournel

Écrivain, poète, auteur dramatique, Paul Fournel est entré à l’Oulipo en 1972, son mémoire de maîtrise portant sur Raymond Queneau. Il appartient à cette deuxième génération d’oulipiens, cooptés du vivant de Queneau, et occupe le poste de secrétaire définitivement provisoire. Auteur du premier livre consacré à l’Oulipo, Clefs pour la littérature potentielle, spécialiste de Guignol, Paul Fournel a aussi été éditeur, et dirigé les éditions Ramsay, puis Seghers de 1987 à 1992. Beaucoup de ses livres ont été couronnés de prix littéraires  : Bourse Del Duca, Goncourt de la nouvelle, Renaudot des lycées, etc. Il est, depuis Mai 2004, Président de l’Oulipo.

 


Une pierre deux coups, en ce dimanche de prélude aux festivités de fin d'une année et de l'entrée dans une nouvelle. 

Un clin d'oeil à ces dimanches poétiques que j'honore parfois, sans régularité, mais que j'aime, parce que la poésie dit au delà de l'évènementiel, qu'elle est universelle, et qu'elle ne date jamais dans les messages qu'elle transmet.

Et un clin d'oeil pour un concours que PriceMinister (pour savoir de quoi il s'agit, c'est ici) organise pour récompenser un bloggeur (trois pour tout dire) s'il est sélectionné pour "le plus beau des sapins", ou "le plus fun", ou le plus « je n’ai pas de sapin mais je veux participer". Ce sont les termes. Un sapin, cette année ? DOUZE... une petite forêt...

Alors il me fait plaisir (et désir) de participer. Et comme je dois choisir - pour le cas peu probable où je serais distinguée - un cadeau dans la limite de 300 €, voici ce qu'il me plairait de voir au pied de l'un de ces sapins que j'ai composés en chocolat (noir, lait, blanc, caramel, praliné) et qui ont décoré la table de Noël à Nice, le 25 décembre.

montre

Une montre connectée (réf ici)

 

superSapin

 

 

 

3 janvier 2015

DES LETTRES ET DES MOTS - Pour les Plumes d'Asphodèle

 

-      Consonne
-      Z
-      Consonne
-      N
-      Voyelle
-      O
-      Voyelle
-      O
-      Voyelle
-      I
-      Consonne
-      H
-      Consonne
-      R

 

Bien sympa la copine, de m’avoir inscrite à ce jeu télévisé où l’on jongle avec les lettres et les mots. Certes, je suis de nature joueuse, mais là j’ai l’impression que mon adversaire est complètement à donf. Il va m’épuiser, me mettre en fatigue, me donner la fièvre. C’est juste le premier round, et j’ai déjà besoin d’un remontant.

H O R I Z O N… j’ai trouvé un sept lettres ! Oui, mais c’est à lui de parler en premier.

-      Six lettres, annonce-t-il avec ravissement.

-      Yes !!! Je suis dans le rythme ! Sept pour moi ! Et, comme on dit au pays d’ovalie, la cabane est tombée sur le chien. Pourquoi le chien ? Pourquoi pas le cheval ? Ou la poule ? Tiens, une poule sur une échelle, ou une étagère, qui sait ! Une poule qui picoterait du pain dur, qui cherrait – du verbe choir – de son échalier, valdinguerait du rayonnage et terrirait –du verbe terrir – dans la cahutte. Décidément, ce jeu me transcende !

 

Partie suivante. Je vais le faire grimper au rideau. Et il n’a pas intérêt à en faire une montagne !

 

-      Voyelle
-      A
-      Voyelle
-      E
-      Consonne
-      N
-      Consonne
-      R
-      Voyelle
-      E
-      Consonne
-      C
-      Voyelle
-      U

 

C’est à moi de dire en premier… Là, tu vois, c’est presque l’ascenseur pour l’Éden : six lettres triomphales : N A C R E E. Pourvu qu’il tombe en panne ! Je marche sur des œufs. Et s’il montait au créneau ? Il se gratte la tête, me regarde en coin, tente une œillade. Oh non ! Je viens d’entrevoir un sept lettres que je n’avais pas vu : C E R N E A U ! Là, c’est sûr, il va l’emporter ; c’est sûr il va le forger ce mot.

drague

Va falloir que je sorte le grand jeu, que je lui fasse croire qu’avec moi il va monter au ciel : un petit battement de cils, la langue qui s’insinue entre mes lèvres que je me mordille en baissant les yeux, le nez qui se retrousse. Je tournicote une mèche de cheveux… Super cute !

Non, pas sept lettres ! Je croise les jambes sous le pupitre, heu non, les doigts sur le pupitre. Le chrono s’essouffle. Je vois mon adversaire qui vacille, qui flageole. Il se déconcentre, il se disperse, il se dilue, il s’entomate. Sait même plus quelles lettres sont en jeu. Le voici qui claironne : « On se retrouve tout de suite après l’émission ? »

 

G A G N É ! J’ai gagné !

 

des chiffres et des lettres

Je rentre à la maison. La télé est allumée. Mon mari n’est pas là. Sur la table un post-it : « Tu as perdu au jeu de l’amour et du hasard. Sache que les lettres peuvent aussi faire des maux ».

 

 

 

-      Consonne
-      D
-      Consonne
-      V
-      Voyelle
-      E
-      Voyelle
-      O
-      Consonne
-      R
-      Voyelle
-      I
-      Consonne
-      C

 

C O R V I D É… je savais bien que les corbeaux portent malheur !

Un autre sept lettres : D I V O R C E…. ça c’était pas le jeu !

 


ASPHODELE

Les dernières Plumes 2014, dans leur dernière version. Les mots de la collecte, sur le site d'Asphodèle, ici.

(horizonnaturecielcabaneéchellefatiguegrimperrideaucréneauascenseurÉdenmontagneétagèrefièvretranscenderpanneépuiserœufschevalravissementremontant - rythme) ne m'ont pas inspirée vraiment. Alors que le thème était "monter", je les ai paradoxalement trouvés plats. J'ai fait ce que j'ai pu !

Et puis, c'est au scrabble que l'on tire 7 lettres ; à ce jeu télévisuel, c'est 10. Quand je vous disais que j'ai fait ce que j'ai pu !

En 2015, les rythme de ces ateliers d'écriture change (1 atelier mensuel seulement), les consignes aussi. Seul le règlement s'accroche.

 

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9 octobre 2014

LE DERNIER GARDIEN D’ELLIS ISLAND - Gaëlle Josse

2014

Le dernier gardien d'Ellis Island


Gaëlle Josse

Editeur : NOIR SUR BLANC (4 septembre 2014)
Collection : NOTABILIA
176 pages

« L'intensité de ce que l'on vit se mesure-t-elle à sa durée ? »

Il est là, cet homme, à l’issue de quarante-cinq ans de service. Il ne peut renoncer complètement à ce qui a été sa vie pendant de longues années, il ne peut se résoudre à quitter cette île qu’il habite et dont il a géré l’ordinaire pendant de longues années. À 800 mètres d’Ellis Island, la statue de la Liberté. De cette liberté dont ont rêvé, entre le 1er janvier 1892 et le 12 novembre 1954, quelques douze millions de candidats à une incorporation au sein de la société américaine. Alors, avant que la dernière navette ne vienne le chercher, John Mitchell entreprend de rédiger son journal ; mémoires de l’homme, mémoire des hommes, mémoires de l’ile, mémoires de l’Histoire. Parce qu’il lui reste quelques jours à en être encore le gardien. Le dernier. Le survivant.

Surprenant et dramatique roman.

Inséré entre l’histoire et la fiction. Pétri d’émotions. Émotions. Au pluriel. Des émotions qui déferlent dans et entre chaque ligne. Parmi les mots. Au cœur des mots. Dans leur profondeur, dans leur acuité, dans leur secret. Dans l’insaisissable des bouleversements et des traumatismes de l’humanité. Dans l’incompréhension, l’indifférence. Dans, comme une soudaine déferlante, un rouleau qui broie, qui déchire, qui mouline, qui pulvérise. Qui réduit les hommes à un simple matricule, à leur histoire contrefaite, déformée.

Surprenante et subtile écriture.

Qui m’a parfois crispée. Parce qu’au fil des pages, il me semblait me heurter aux remparts d’un texte distancié, retenu. C’est Gaëlle Josse, elle-même, qui m’a donné la clé des raisons de mon malaise. « […] l’ensemble est écrit sans repentirs, sans ratures, comme si le scripteur avait en tête le déroulement précis de son récit et n’avait eu qu’à le coucher sur la page ». À la fin du roman. Quand le dénouement est connu du lecteur.

Surprenante et dérangeante remembrance.

Qui commence, à rebours, le 3 novembre 1954, neuf jours avant la fermeture officielle du centre d’immigration. Sous forme d’un journal. « Ce que j'aime, c'est accompagner un personnage dans son labyrinthe intérieur jusqu'au moment de vérité avec lui-même, le découvrir en même temps que lui et non décider de le révéler à un moment donné », déclare la romancière dans une interview.
Qui s’achève le 11 novembre 1954. Durant ces huit jours d’écriture, John Mitchell plonge dans les entrelacs de sa mémoire. Évoque les hommes et femmes « qui ont un jour accepté l’idée, pour fuir la misère ou la persécution, de tout perdre pour peut-être tout regagner, au prix d’une des plus terribles mutilations qui soient : la perte de sa terre, des siens, la négation de sa langue et parfois celle de son propre nom, l’oubli de ses rites et de ses chansons. Car seule cette mutilation consentie pouvait leur ouvrir la Porte d’or » et celles et ceux pour lesquels « la Porte d’or demeurera à jamais une herse d’acier ». Évoque les drames de l’exil, de l’incompréhension, de la misère, de la souffrance et du désespoir, des rêves engloutis dans « un non-lieu [où] s’agitent les gardiens du temple », où « le temps n’existe plus », où « l’attente en est la seule mesure ».

Surprenantes et tragiques romances

Liz, l’épouse aimée. Nella, la femme abusée. John Mitchell invoque l’empreinte indélébile qu’elles ont laissée dans son âme. Dans l’intime de son souffle. Dans l’essence de sa conscience. Deux femmes qui se sont s’engouffrées dans le tréfonds de lui-même et s’y sont abîmées. Quand Liz décède, il dira : « À sa mort, toute ma géographie personnelle, toute mon appréhension des lieux s’est trouvée redessinée. » Et de Nella : « Cette jeune italienne brune et affligée avait atteint en moi des régions inconnues, de ces lieux dont l'existence reste insoupçonnable et dont la brusque découverte nous tend un miroir où se reflète l'inconnu.

Il est là, cet homme, à l’issue de quarante-cinq ans de service « aujourd'hui le capitaine d'un vaisseau fantôme, livré à ses propres ombres ».

Magistrale et remarquable littérature.

7 octobre 2014

PAR LE BOUT DU NEZ...

À l'invite hebdomadaire des IMPROMPTUS LITTÉRAIRES (ici)
j'ai répondu.
Sur le thème
d'un labyrinthe des odeurs
que j'ai voulu littéraire.

Par le bout du nez

« Madame. Nous avons le grand plaisir de vous inviter à participer à notre grande chasse aux écrivains, le … ». À la réception de ce carton, elle s’étonne : certes, elle est lectrice assidue, mais de là à pister les auteurs… Curieuse, elle se décide à se rendre à cette invite. Elle s’apprête soigneusement, convaincue d’y rencontrer quelques plumes célèbres.

Accueillie avec solennité par un majordome caudataire (tiens ! son allure lui rappelle sa lecture du « Voyage en Italie » d’Hyppolyte Taine), elle est conduite dans une sorte de hammam ; là, on l’invite à se dévêtir et à se plonger dans une eau cristalline et singulièrement inodore. Elle qui se préparait aux fragrances de l’Orient ! Puis on la revêt d’une longue toge blanche terriblement inodorante, elle aussi. Puis, après lui avoir bandé les yeux, on la mène dans un quelque endroit. Insonore. La porte se referme derrière elle. Elle tente de calmer les battements désordonnés de son cœur en inspirant profondément.

Tout est là : l’odeur des livres ! Celle du papier jauni par le temps.  Celle, cuirée, des couvertures. Et celle des encres fraîchement estampillées sur les pages des ouvrages. Par son odorat, tous ses sens se renseignent et se mettent en alerte. Elle a enfin compris la raison pour laquelle elle est là… Elle avance à tâtons, les bras en avant. Ses mains, soudain affleurent une jaquette. Dont elle s’empare et qu’elle approche de son visage. Un souffle d’herbes sèches, de pins, de rocailles brûlantes et de bois calciné parvient jusqu’à elle …Henri Bosco[1], murmure-t-elle. Elle a compris et fébrile, elle cherche, à l’aveugle, un autre ouvrage. Celui-ci lui renvoie une bouffée d’ambre, de musc, de benjoin et d’encens ; Charles Baudelaire[2] s’impose soudain. Elle poursuit sa quête. « Des odeurs de nuit, de terre et de sel »… la voici aux côtés d’Albert Camus[3]. Le parfum maléfique de fruit mûr blessé des lys des rivages qui s’élancent de la terre sourd d’un autre livre : c’est Colette[4], qui émerge de la collection. Elle croit détecter un effluve d’eau de Javel. Elle rassemble ses souvenirs : Yann Quéffélec[5] se présente à sa mémoire. Mais Gustave Flaubert[6] le bouscule et lui apporte l’odeur salée de l’Océan. Voici, un peu plus loin, un livre qui pue la fourmi. Intriguée, elle cherche qui pouvait produire cette exhalaison nauséabonde. Mais oui ! C’est Honoré de Balzac[7] qui parlait ainsi de sa cousine ! Vite, une fragrance plus délicate ! C’est au marché qu’elle trouve Philippe Delerm[8], lorsqu’il achète du mimosa.

Elle se sent lasse, incapable de poursuivre cette collecte enivrante. Elle s’appuie contre une étagère. Elle entend une voix douce et grave : « Tous ces extraits pouvaient être mélangés pour obtenir d'autres nuances[9].... Revenez quand bon vous semble, Madame ! Nous serons toujours là pour vous accompagner au cœur des essences de la vie ! Puissent les vallées être vos rues et les verts sentiers vos allées, afin que vous puissiez vous chercher les uns les autres à travers les vignes et revenir avec les parfums de la terre dans vos vêtements ».[10]

 

Martine-Littér’auteurs – 2014/10/07



[3] - Des odeurs de nuit, de terre et de sel rafraîchissaient mes tempes.
L’Étranger

[4] - Ces lys des rivages qui s’élancent de la terre, grandissent si vite qu’on ose pas les regarder, épanouissent leur corolle et leur parfum maléfique de fruit mûr blessé, puis retournent au néant
La naissance du jour

[5] - Le public retenait son souffle. Voilà qu'au moment d'envoyer Antigone à la mort, il avait cru détecter sur la comédienne un parfum d'eau de Javel. Le rire avait aveuglé son attention, submergé la tragédie, gagné les autres comédiens avec la vélocité d'un virus : la troupe s'était fait siffler.
Le maître des Chimères.

 

[6] - Et l'arôme de tout cela lui apporte l'odeur salée de l'Océan. (...) le grand parfum des bois.
La Tentation de Saint-Antoine

 

[7] - Comme elle pue la fourmi ! (...) Je ne l'embrasserai pas souvent ma cousine !
La cousine Bette.

 

[8] - Le lendemain matin, ils allèrent au marché. Arnold acheta du mimosa qui sentait loin, jusqu'à l'enfance.
Il avait plu tout le dimanche.

 

[9] - Michel Baudet, Les parfums antiques. 

 

[10] - Khalil Gibran, Le passant d’Orphalèse

12 mai 2013

LA POÉSIE DANS LE BOUDOIR : Benoît Auffret

 

Jean Paul Gautier

Jean-Paul Gautier - Maison forte - Royas (2010)
son site ICI

La fenêtre a grandi
Les rideaux ne sont plus de son âge
Les murs sont troués
Comme après fusillades
Je passe à l'Ouest
Je traverse un couloir d'air froid
No man's land ignoré de tous
Sauf de moi
Et de toi qui vient étendre
Tes caresses de coton
Lavées durant la nuit
Bonne odeur de savon
Blessure de pince à linge
Fixée à même mon coeur

Benoît Auffret - extrait de Courte lampe (1993) Le Dé Bleu éditions

 

POÉTISONS


Le jeu

Poétisons ensemble...
Dimanche 28 avril,  Anis Anne,  Fransoaz, Jeanne, Marilyne, Sido se sont jointes à moi pour faire chanter les mots. (clic sur leurs prénoms pour aller chez elles)
La règle du jeu est ici.

Plus nous serons nombreux à faire parler la poésie, plus elle restera vive, créatrice et porteuse de beauté.

 

9 mars 2014

LA POÉSIE DANS LE BOUDOIR ; Louis Aragon

aragon poésie

Le roman inachevé
Louis Aragon
Gallimard (2 juin 1966)
Poésie, 255 pages

 

 

 

Je chante pour passer le temps

Je chante pour passer le temps
Petit qu’il me reste de vivre
Comme on dessine sur le givre
Comme on se fait le coeur content
A lancer cailloux sur l’étang
Je chante pour passer le temps

J’ai vévu le jour des merveilles
Vous et moi souvenez-vous-en
Et j’ai franchi le mur des ans
Des miracles plein les oreilles
Notre univers n’est plus pareil
J’ai vécu le jour des merveilles

Allons que ces doigts se dénouent
Comme le front d’avec la gloire
Nos yeux furent premiers à voir 
Les nuages plus bas que nous
Et l’alouette à nos genoux
Allons que ces doigts se dénouent

Nous avons fait des clairs de lune
Pour nos palais et nos statues 
Qu’importe à présent qu’on nous tue
Les nuits tomberont une à une
La Chine s’est mise en Commune 
Nous avons fait des clairs de lune

Et j’en dirais et j’en dirais
Tant fut cette vie aventure
Où l’homme a pris grandeur nature
Sa voix par-dessus les forêts
Les monts les mers et les secrets
Et j’en dirais et j’en dirais

Oui pour passer le temps je chante
Au violon s’use l’archet
La pierre au jeu des ricochets
Et que mon amour est touchante
Près de moi dans l’ombre penchante
Oui pour passer le temps je chante

Je passe le temps en chantant
Je chante pour passer le temps

15 janvier 2014

DITES-LEUR QUE JE SUIS UN HOMME . Ernest J.Gaines

Gaines Dites leur que je suis un homme

Dites-leur que je suis un homme, Ernest J. Gaines
Liana Levi, 2010, 292 pages, 10 €

 

 

 

 

 

 

 

"adieu meusieu wigin dite leur que je sui for dite leur que je sui un omme adieu meusieu wigin"... Quelques mots laborieusement écrits sur un cahier, du fond d'une cellule. Les derniers mots de Jefferson, un jeune noir de Louisianne, dans les années quarante, accusé de l'assassinat d'un blanc. Coupable ? Innocent ? Le lecteur ne le saura jamais, et d'ailleurs ça n'a guère d'importance puisque son sort est immédiatement scellé : il sera condamné à la chaise électrique par un jury de blancs qui ne lui accordera aucune indulgence.

Un avocat est commis d'office qui, pour requérir son acquittement, laisse entendre qu'il serait cruel de tuer un homme pas plus intelligent qu’un porc. En exprimant la conviction que les noirs sont des animaux, il ne fait qu’afficher ouvertement le racisme blanc de cette période de l’histoire des États-Unis. La condamnation à mort de Jefferson ne soulève aucun mouvement de protestation. Seules Miss Emma, la marraine du jeune homme et la tante de Grant, l’instituteur (noir) de la communauté, se révoltent. Pas contre le verdict, mais contre la façon dont Jefferson a été souillé et déshonoré. Les deux femmes vont confier à Grant la mission d’aider le condamné à relever la tête avant de mourir, à retrouver son humanité.

Voici un terrible et grandiose réquisitoire contre le racisme.
Mais pas seulement. C’est aussi – et surtout –  une plaidoirie vibrante sur le droit à la dignité de tout être humain. Ernest J. Gaines développe magistralement, à partir de ce qui n’était qu’un fait divers (la mort d’un noir ne méritait pas l’intérêt… mais l’imparfait est-il si approprié que cela ?) les sentiments contradictoires qui peuvent se faire jour dans l’esprit de ceux qui, pourtant, s’insurgent contre l’arbitraire et la persécution. L’instituteur, convaincu dans sa chair de la tyrannie qu’exercent les blancs sur les noirs, affirme ironiquement cependant qu’il sait que cette société coercitive ne changera jamais alors qu’il apprend aux enfants à devenir des hommes et des femmes forts malgré leur environnement. Il est dans l’incapacité d’affronter ses propres peurs. Et c’est en aidant Jefferson à trouver sa place d’homme dans une société qui ne la lui reconnaît pas, que Grant se transforme lui-même. En se battant pour le salut humain de Jefferson, en acceptant son devoir de participer à l’amélioration de la société dans laquelle il vit.

Je vais conclure par ce qui m’a servi d’introduction : "adieu meusieu wigin dite leur que je sui for dite leur que je sui un omme adieu meusieu wigin". Jefferson, en mourant « comme un homme » et non comme l’animal que les blancs voient en lui, comprend qu’il va défier la société qui l’a accusé et condamné parce qu’il a la peau noire.

Un roman émouvant, combatif, digne, militant, austère aussi qui décrit le long chemin d’un homme qui mourra la tête haute. Un roman très proche de la biographie : Grant y est sans doute l’image de Gaines.

25 juillet 2013

L'ENFANT CACHÉE - Loïc Dauvillier, Marc Lizano, Greg Salsedo

 

Voici trois semaines, je présentais "La petite famille". Émotion, tendresse, pudeur, générosité dans les mots et le graphisme de cet album. Un coup de coeur, vrai et sincère... Une envie de partager avec mes petits-enfants... 
Un commentaire discret de Loïc Dauvillier, pour me remercier (et pourtant, c'est moi qui le remercie !). Un échange/courriel : il me suggère "L'enfant cachée"... (du même auteur)
Bien sûr, je ne résiste pas au désir/besoin de découvrir ce titre !

l'enfant cachée

L'enfant cachée.

Une fillette qui s'aperçoit que sa grand-mère ne trouve pas le sommeil. Qui quête la parole de cette douce Mamie qu'elle aime. .
"Tu sais, quand moi je fais un cauchemar, je le raconte à Maman, et après ça va beaucoup mieux".

Le cauchemar de Mamie, voilà bien longtemps qu'il l'habite, qu'il la hante, qu'il la poursuit, qu'il la tourmente. "C'était il y a très longtemps. Mamie était encore une petite fille".

Mamie se prénomme Dounia. Elle était une petite fille quand la guerre semblait avoir cessé. Et sa victoire c'était d'avoir retrouvé son Papa vivant. Un jour funeste, pourtant, Dounia devra arborer l'étoile jaune...

L'atmosphère. Le cadre. Un sujet mille et une fois traité. Avec plus ou moins de justesse, de sensibilité, de bon goût, C'est selon. Un sujet délicat, un peu risqué quand l'on prétend, de surcroît, s'adresser à des enfants.

Un sujet complètement maîtrisé dans cet album. Pas de pathos, ni d'amphigouri. C'est clair, limpide, sans équivoque. Ça parle tout droit au coeur, à l'intelligence, au sens. Ça parle des rafles juives, du Vel d'Hiv, de la séparation, de la mort, des camps... des choses graves, dramatiques, inexcusables, tragiques de l'histoire des hommes. Et ça parle de cela avec tant de pudicité, de retenue, mais aussi tant de vérité, d'authenticité ! 

l'enfant cachée

L'image qui m'a le plus frappée, émue, touchée... la voici. Cette Maman qui s'en revient des camps... squelettique. Elle a conservé sa "figure" maternelle. Mais son corps est décharné : "Je ne savais pas comment faire. J'étais horrifiée. [...] Au début je ne l'ai pas reconnue. [...] Il m'a fallu un moment avant d'être certaine que c'était bien ma maman". 

C'est le fils de Dounia qui conclut, le papa de la fillette. Il s'adresse à Dounia, sa mère : "Je voulais simplement te dire que je suis très heureux et très fier que ce soit toi qui lui aies raconté".

Merci à Marc Lizano, à Loïc Dauvillier et à Greg Salsedo de m'avoir donné à rencontrer Dounia, son histoire et sa petite-frille.

 

22 mai 2013

MARCHÉ DE LA POÉSIE - PARIS 2013 : pas d'ici, pas d'ailleurs

PAS D'ICI, PAS D'AILLEURS

Les éditions 'VOIX D'ENCRE' ont publié, en juillet 2012, une remarquable 'Anthologie poétique francophone de voix féminines contemporaines'. 156 voix de 28 pays se mêlent dans ce bel ouvrage qui regroupe 223 textes poétiques.

L’anthologie pas d’ici, pas d’ailleurs capte le pouls poétique des femmes poètes réparties sur les vastes territoires de la francophonie, à l’aube du troisième millénaire, autour d’une thématique universelle et résolument moderne, portant l’empreinte de Julia Kristeva : l’identité et l’altérité dans les pas qui nous mènent ici et ailleurs.

(...) Certaines poètes ont choisi de mettre en avant leur ancrage linguistique ou culturel, d’autres non ; certaines ont traité de tel ou tel aspect de leur « identité », pour s’en jouer, s’en revêtir ou s’en départir, quand d’autres ont tenté de défaire cette notion ; toutes ont surtout donné à lire et à entendre des textes qui, s’ils revendiquent finalement une appartenance, est bien l’appartenance à la poésie contemporaine d’expression française, une poésie qui peut être « déconcertante » et sans concession, et qui elle aussi s’attache à déconstruire les formes, dans la « distance exquise » de son héritage. Les formes plurielles cohabitant au sein de ce recueil témoignent de la distance prise avec l’ici et le maintenant, le là-bas et l’alors, et expriment un certain étoilement du moi qui éventuellement relèverait d’une subjectivité universelle, ou universellement féminine.

(...) Plus de centre, ni de marge, un étoilement donc, qui pourrait déstabiliser ceux qui affectionnent les repères, si ce n’était que l’écriture poétique reste, comme il se doit, le pôle d’appartenance et de ralliement prévalent, comme nous l’avons dit plus haut. « Écrire, c’est ébranler le monde », disait Barthes. Nos poètes sont modernes, parfois écorchées, cosmopolites, étrangères à elles-mêmes aussi, mais pas à leur propre écriture, qui peut jaillir de l’aliénation. Les pas semés mènent à l’écriture et celle-ci se présente comme étant résolument polymorphe, reflétant bien la déconstruction annoncée par le thème.

C'est Sabine Huynh, l'une des auteures (avec Andrée Lacelle, Angèle Paoli, Aurélie Tourniaire) qui signe de cette façon la quatrième de couverture.

Marché de la poésie 2013

Si je vous propose la découverte de ce livre, c'est qu'à Paris, Place Saint Sulpice, le 7 juin, à 14 h 30, des lectures seront données d'une soixantaine de ces poèmes.

Sept périodes, sept temps, scandent l'ouvrage :

- Sous les cieux de l'errance
- Dans les flots du temps
- Au royaume des ombres
- Sur l'île de la nitescence
- Dans les contrée de l'intime
- Vers les caps de l'imaginaire
- Sous une voûte de voix et d'encre

La part belle est certes donnée aux poétesses françaises, mais on peut rencontrer les vers de voix canadiennes, belges, roumaines, tunisiennes, algériennes, suisses, marocaines, ivoiriennes, libanaises, martiniquaises, argentines, brésiliennes, syriennes, espagnoles, brunéiennes, mauriciennes, allemandes, haïtiennes, mexicaines, japonaises, congolaises, colombiennes, viétnamiennes, italiennes, monégasques, portugaises, burkinabè.

Au hasard de ces belles pages :

Partir

Ulysse en moi chevauche des marées
La mer a son visage ou peut-être le mien
L'esquif a pris au mot la lame et les embruns

Ulysse
Quelle neige s'éprend de ton doux repartir
Et sème du levant sur ce qui va finir ?

Béatrice Libert


Béatrice Libert

Née à Amay-sur-Meuse, en Wallonie, Béatrice Libert vit à Liège. Professeur de français dans le secondaire, elle est aussi bibliothécaire, critique de poésie et  animatrice en ateliers d'écriture. Elle a publié des poèmes, des essais et des nouvelles. Elle écrit aussi pour la jeunesse. Passionnée par l'art sous toutes  ses formes, elle collabore avec des artistes peintres, graveurs, photographes, musiciens, et donne des récitals en duo avec la harpiste liégeoise Angélique Giorgio.

 

En avril 2000, elle a été reçue comme "visiting professor" à l'Université de Denison, en Ohio. Elle est également correspondante pour la Belgique francophone du magazine culturel Pourtours (Marseille, Autre Temps). Elle collabore à de nombreuses revues et anthologies. Ses poèmes sont traduits en plusieurs langues.

 

 

 

1 juillet 2013

POUR l'AMOUR DU CHOCOLAT, José Carlos Carmona

 

Pour l'amour du chocolat

À l’origine, José Carlos Carmona avait intitulé son ouvrage « Una sinfonía concertante ». Peut-être ce titre aurait-il attiré moins de lecteurs que ceux qui ont été appâtés par sa modification éditoriale espagnole « Sabor a chocolate » et sa traduction française « Pour l’amour du chocolat ». L’alliance trompeuse, à mon avis, des mots [amour & chocolat] assigne une représentation complètement fausse à ce court, très court et excellent roman. Car ni l’amour, ni le chocolat, qui servent certes de base au déroulement de l’intrigue n’y ont place prédominante.

José Carlos Carmona est un musicien, un chef d’orchestre. Il est professeur au Conservatoire de Musique de Malaga. Et sa caractéristique principale est la pluralité accomplie de son travail qui se déploie dans la musique classique, la littérature, la philosophie, les arts scéniques, la politique contemporaine.
Ce roman, il l’a conçu comme une symphonie, en lui donnant la structure d’une œuvre musicale, en trois mouvements, allegro, adagio et presto final. Les chapitres sont très courts, les phrases directes et incisives. Le lecteur peut, au gré de son imagination, reconstruire tout ce qui « manque ». L’auteur, ici, est une sorte de sculpteur littéraire qui définirait une forme narrative particulière et laisserait place aux vaticinations diverses.

Une technique qui émet une « musique » épurée. Une syntaxe qui permet de visiter presque un siècle, de 1922 à 2001. Une structure rapide, segmentée, pleine d’évènements inattendus, ponctués, en contrepoint, par certaines tragédies historiques qui font apprécier l’atmosphère de cette époque. José Carlos Carmona pose son estrade en Suisse, peut-être parce qu’elle est restée neutre pendant les guerres et qu’elle représente sans doute un lieu adéquat pour voir ce qui se passe autour. Peut-être aussi pour le chocolat ? Peut-être... Certains de ses personnages s’y installent, d’autres ne sont que de passage. Ils vont, viennent, aiment, souffrent, vivent, meurent en cent chapitres développés de quelques lignes seulement à deux pages maximum. C’est lapidaire, compact, ramassé. Ce peut être parfois facétieux (juste un peu), c’est très souvent émouvant. Le temps passe, fuit, et le lecteur, au diapason, suit la partition qu’un écrivain-musicien conduit avec maestria.

Mon billet, je l’espère, est explicite : j’ai aimé. Plus que l’intrigue en elle-même, j’aimé le procédé narratif. José Carlos Carmona confie au journal El Pais qu’il s’est essayé à une forme d’écriture particulière ; celle d’écrivains qu’il admire : John Doe (pseudo de Régis Messac ?), Alessandro Barrico (Soie), Pascal Quignard, (Tous les matins du monde), Handkel (L’après-midi d’un écrivain), Askildsen (Dernières notes pour Thomas F.)  …

Challenge a tout prix


Ce roman a très opportunément obtenu le Prix Littéraire de l'Université de Séville. Je vais donc proposer ce titre à Laure, qui a ouvert le "Challenge À Tous Prix", pour une 5ème participation.

27 juin 2013

FAITES-LE, Marek Halter

faites-le-marek halter

Le regard de Marek Halter sur l'Histoire mondiale et son rôle d'intellectuel dans cette Histoire. Le sous-titre de cet essai, "Une mémoire engagée", donne le ton dès les premières pages.

Le titre m'a fait penser au mouvement DIY, dont le but est de "produire sa propre individualité, avec d’autres et en dehors de toute aliénation". Ses origines puisent leurs sources dans l’histoire de l’humanité, s’inspirent des savoirs des populations dites primitives, ou dans les Kibboutz. 

Kibboutz... référence manifeste pour cet écrivain loquace, qui revendique sa judaïté comme une force.

Soudain nous avons croisé une patrouille allemande.
"Jude ? [Juif ?] "
...
Ma mère m'avait répété des centaines de fois : "si des soldats allemands nous arrêtent et te demandent si tu es juif, tu réponds que non."
Dans mon inconscient d'enfant, la reconnaissance de ma judaïté était évidente, essentielle. Bref je ne voyais pas plus grand danger pour moi que de n'être rien. J'ai superbement ignoré la menace mortelle que portait la question du soldat. J'ai répondu :
"Juif ? Oui, bien sûr, oui !"
Les nazis éclatèrent de rire.
"Laissez-le passer, dit le plus gradé d'entre eux, l'enfant blague ! Un Juif n'aurait jamais reconnu qu'il était juif." (pages 14 & 15)

De cette force, l'auteur va tirer un enseignement qui va guider toutes ses actions.

"Si je ne suis pas pour moi, qui pourrait bien l'être ?" À moi d'agir pour ma propre cause, le premier, si je veux de l'aide. [...] Si je sais lutter pour moi-même, je saurai le faire pour les autres, à l'inverse des belles âmes qui prétendent commencer par les autres, cherchent la solution universelle, ne la trouvent pas et s'indignent pour tromper leur impuissance. Lorsqu'ils l'inventent, stalinisme ou marxisme, c'est encore pire. (page 15)

Son texte ne se veut ni roman, ni autobiographie, ni essai philosophique.

Curieusement, c'est Alexandre Dumas, Les Trois Mosquetaires et leur célèbre "Un pour tous, tous pour un", qu'il raconte à ses compères d'enfance, petits chenapans voleurs ouzbeks, pour qu'en retour ils lui procurent de la nourriture, qui marquent la suite de son existence. C'est aussi dela violence de ces petits voyous qui n'hésitaient pas à s'affronter physiquement au moindre différend qu'il comprend que la violence commence là où s'arrête la parole (page 21)

Et c'est justement du pouvoir (et des limites) de la parole qu'il est question dans ce livre. Inlassablement Marek Halter la met en oeuvre, la porte. Il va rencontrer les plus grands de ce monde : Golda Meir, Shimon Peres, Yasser Arafat, Anouar el-Sadate, Marguerite Duras, Jean-Paul II, Nicolas Sarkozy, François Hollande, Vladimir Poutine ; lutter sur tous les fronts pour un monde plus juste : Israël, Palestine, Russie, Argentine, Afghanistan...

La parole n'a pas de lieu précis ni de nationalité. Elle est ou elle n'est pas. Elle porte ou ne porte pas. (page 36)

 L'express titrait, hier : "Un livre frais et enrichissant pour l'homme vers l'homme". "Une incitation à l'action", déclare le Crif.

Oui, Marek Halter n'est pas un homme de rêve, il est d'action. Il vient de demander une audience au nouveau pape François, pour une délégation d'imams de France. Il est inlassabe, Marek !

28 avril 2013

LA POÉSIE DANS LE BOUDOIR : Aurélien Delsaux

l-incommensurable AURELIEN DELSAUX

L'incommensurable, Aurélien Delsaux - 2012

 

L'hiver en sa fin

 

quand tombe la dernière neige

quand viennent les premières pluies

quand le jour dans son manteau beige

travestit son regret des nuits

 

quand Orion quitte enfin son siège

quand la fumée des toits faiblit

on sent se refermer le piège

on cherche dans le vin l'oubli

 

et bien que la lumière croisse

le coeur se serre avec angoisse

comme un poing qui voudrait frapper

 

dans la vitre du temps qui passe -

la vie est le lait sous la glace

qu'un vieux félin voudrait laper

 

Aurélien Delsaux - Le cahier blanc

 

Aurélien Delsaux autoportraitsept4

Aurélien Delsaux est né en 1981, à Lyon.

Il a grandi au hameau du Bresson, à Saint Jean de Soudain (Isère). Des voyages l’ont conduit en Allemagne, en Suisse, en Belgique, en Hollande, en Pologne, en Russie, en Italie, en Grèce, en Croatie, au Liban, en Algérie. 
               Dans le cahier blanc vous trouverez au fil des jours poèmes, notes, esquisses, peintures, travaux divers - le vrac d'un atelier de travail.

Egalement homme de théâtre, Aurélien Delsaux est le fondateur de l'Arbre

On ne connaît pas encore la date de sa mort.

 

POÉTISONS


Le jeu

Poétisons ensemble...
La semaine dernière,  Anis Anne, Sido se sont jointes à moi pour faire chanter les mots. (clic sur leurs prénoms pour aller chez elles)
La règle du jeu est ici.

Plus nous serons nombreux à faire parler la poésie, plus elle restera vive, créatrice et porteuse de beauté.

 

16 avril 2013

IL ÉTAIT UNE FOIS... CONTES EN HAÏKU ; Agnès Domergue & Cécile Hudrisier

Contes en haiku 3

En lisant la chronique de Marilyne, j'ai immédiatement pensé à ma "bibliobambins". "Il était une fois"... des contes pour mes 7, 6 et 5 ans (et demi pour les trois) ! Bonheur et plaisir de la narration.Des loups qui veulent manger des enfants, des pantins au nez qui s'allonge à chaque mensonge, des marâtres qui donnent aux pommes la couleur de la haine... Le soir, blotti dans son lit, on a peur, peur, peur... mais à force de connaître le dénouement, on a toujours aussi peur, mais on exorcise.

"Contes en haïku"... double bonheur et plaisir ! De la poésie, pensez donc ! De la poésie à glisser dans les lectures, avant que les récitations (quel vilain mot ! je dirais même : quel gros mot ) ne prennent le pas sur la danse des mots qui parlent au coeur et à l'esprit, à la sensibilité et à l'imaginaire.

J'ai dans les mains ce recueil. C'est du pur bonheur. Couverture cartonnée, douce au toucher, brochée, illustrations pastel, de bulles qui suggèrent, qui donnent des pistes, qui interrogent sans donner de réponse.

Ce soir, au calme, avant que la nuit n'enveloppe de rêves l'un de mes bambins, pour que la nuit lui donne rêves et merveilles...

....

Contes en haiku 1

"Petit capuchon
noisettes et fraises des bois
rencontrent le loup"

....

Alors, ensemble, nous irons, avec notre simple galette, avec notre modeste pot de beurre, parcourir les bois, en toute innocence. Sans croire, un seul instant, que le loup rôde. Et que nous devrons y prendre garde. Le Chaperon Rouge... quel conte initiatique !

...

Ou bien...

...

Contes en haiku 2

"Grignote et grignotons
sucre et pain d'épice
une prison"

...

Et encore...

...

"Souffle le vent noir
sur la paille, le bois, la brique
et trois tire-bouchons !"

...

Bonne nuit !

17 mars 2013

LA POÉSIE DANS LE BOUDOIR : Ana Blandiana au Salon du Livre 2013

salon du livre


Pour sa 33ème édition, le Salon du livre met à l'honneur les Lettres Roumaines. Vingt-sept auteurs roumains seront présents à Versailles du 22 au 25 mars.

Ana Blandiana

Ana Blandiana est née en 1942, près de Timişoara. C'est une poétesse dont l’œuvre est emblématique d’une littérature entre les tensions de l’oppression et une tradition vive de créativité. Auteur d’une œuvre délicate presque totalement méconnue en français en dépit de sa notoriété de femme engagée auprès de la société civile, Ana Blandiana est aussi l’auteur d’un roman polyphonique sur les conditions de la création littéraire dans une société fermée et totalitaire. Après la publication de son premier poème paru sous le pseudonyme d’Ana Blandiana, elle fut dénoncée comme « fille d’un ennemi du peuple » et empêchée de s’inscrire à la Faculté pendant quatre années consécutives. Après ce faux départ imposé par le régime communiste, elle se réinscrit en 1963 à la Faculté de philologie de Cluj et publie, en 1964, son premier recueil de poèmes au titre annonciateur de ses engagements futurs : La Première personne du pluriel. Ana Blandiana crée en 1990 l’Alliance civique, maillon essentiel dans la vie de la « polis » après la chute de la dictature. Elle fonde également le Mémorial des Victimes du Communisme et de la Résistance, à Sighet (nord de la Roumanie). Elle a été traduite dans de nombreuses langues.

printemps des poètes

Jusqu'au 25 mars, dans le cadre du Printemps des Poètes, je présenterai chaque jour un poème d'Ana Blandiana, en hommage à cette dame, invitée du salon. Chaque page est extraite de l'un des recueils de la poétesse : "Autrefois les arbres avaient des yeux", édité au Cahiers Bleus/Libraire Bleue, en décembre 2005.

 

 

Rencontre

N'aie pas peur.
Tout sera tellement plus simple
Que tu ne comprendras
Que bien plus tard.
Tu attendras au début
Et tu n'auras de la peine
Que lorsque
Tu commenceras à croire
Que je ne t'aime plus,
Mais alors je mettrai
Un brin d'herbe à pousser
Dans un coin connu du jardin,
Qu'il arrive jusqu'à toi
Et te murmure :
N'ayez pas peur,
Elle est bien
Et vous attend
À mon autre bout

Anna Biandana - Cinquante poèmes (in Autrefois les arbres avaient des yeux) - 1970

12 novembre 2012

NÉMÉSIS ; Philip Roth

Nemesis

"Situé dans les environs de Newark, à l'époque où éclate une terrible épidémie de polio, Némésis décrit avec précision le jeu des circonstances sur nos vies. Pendant l'été 1944, Bucky Cantor, un jeune homme de vingt-trois ans, vigoureux, doté d'un grand sens du devoir, anime et dirige un terrain de jeu. Lanceur de javelot, haltérophile, il a honte de ne pas avoir pris part à la guerre aux côtés de ses contemporains en raison de sa mauvaise vue. Tandis que la maladie provoque des ravages parmi les enfants qui jouent sur le terrain, Roth nous fait sentir chaque parcelle d'émotion que peut susciter une telle calamité : peur, panique, colère, perplexité, souffrance et peine. Des rues de Newark au camp de vacances rudimentaire, haut dans les Poconos, Némésis dépeint avec tendresse le sort réservé aux enfants, le glissement de Cantor dans la tragédie personnelle et les effets terribles que produit une épidémie de polio sur la vie d'une communauté de Newark, étroitement organisée autour de la famille."

ENTRETIEN IMAGINAIRE AVEC PHILIP ROTH

 Littér'auteurs : Monsieur Roth, accepteriez-vous de vous présenter ?

Philip Roth : Je suis né le 19 mars 1933, à Newark, dans le New Jersey. Je suis un écrivain américain. Je suis petit-fils d'immigrés juifs, originaires de Galicie, et arrivé aux États-Unis au tournant du XXème siècle. Je suis né et j'ai vécu une enfance heureuse dans le quartier de Weequahic. Depuis les années 60, je me consacre entièrement à l'écriture, après avoir enseigné les lettres. Je vis maintenant dans le Connecticut.

Littér'auteurs : Vous êtes un écrivain très prolifique ; vous avez signé une trentaine de romans, dont le premier (une nouvelle, en réalité), Goodbye Colombus, a été publié en 1959. Déjà, vos personnages sont de confession juive, déjà Newark sert de scène aux protagonistes. En 53 ans, vous n'avez pas abandonné vos racines et vos origines !

Philipp Roth : Il est vrai que mes fictions ont un caractère qui peut sembler fortement autobioraphique. Le contexte de la vie des juifs américains (notamment des hommes) m'a beaucoup intéressé. Même si je me considère comme un citoyen parmi les autres, je reconnais volontiers que mes écrits relèvent de la satire sociale et politique. Par exemple, dans Portnoy et son complexe, paru en 1969, j'évoque les relations d'un fils avec sa mère... juifs tous les deux, en adoptant un styler littéraire provocateur. Mes premiers textes, quelque peu lestes, m'ont relégué au rang de traître dans la communauté juive. Et c'est pourtant cette communauté que je connais le mieux ! Dans tous ses paradoxes.
Je voudrais cependant corriger votre phrase : "j'ai été" un écrivain très prolifique ; le roman dont nous allons parler, Némésis (2010), est le dernier que j'ai écrit, mais aussi le dernier que j'écrirai.Je l'ai annoncé il y a un peu plus d'un mois*. Voici trois ans que je n'avais rien publié, moi qui, jusqu'alors, enchaînais romans sur romans. Non, je préfère désormais travailler sur mes archives pour les remettre à mon biographe.

Littér'auteurs : Némésis... Dans la mythologie grecque, elle est la déesse de la juste colère des dieux, parfois assimilée à la vengeance. C'est, en effet, l'un des thèmes de votre dernier roman.

Philipp Roth : Pas seulement celui de ce dernier roman ! En réalité, ce texte fait partie d'une tétralogie qui, outre celui-ci, rassemble Un homme (2006), Indignation (2008) et Le Rabaissement (2009). J'ai aussi utilisé cette thématique dans Le Complot contre L'Amérique (2004) : quel sens donner aux catastrophes qui s'abattent sur une communauté et contre lesquels la volonté humaine ne peut rien changer ? La solitude et la maladie en sont des constantes.

Littér'auteurs : Qui est Bucky Cantor, le personnage principal de votre roman ?

Philipp Roth : Un brave gars, pétri de honte et de culpabilité, parce que sa mauvaise vue lui a interdit la conscription. Nous sommes en 1944, en pleine guerre mondiale. Tous les amis du jeune homme ont été enrôlés et risquent leur vie. Lui non. Il doit se résigner à s'occuper des gosses d'un quartier juif de Newark : il est directeur d'un terrain de sport. C'est un domaine dans lequel il excelle, c'est un remarquable lanceur de javelot. Élevé par ses grands-parents maternels (sa mère est morte en couche, et son père, escroc, a disparu de sa vie), il a un sens aigu de la dignité, de la responsabilité, de la droiture. C'est un homme, ce Mr Cantor ! On peut compter sur lui ! D'ailleurs, lorsque la polio s'abat sur la ville, décimant sans pitié les enfants dont il a la charge, il fait courageusement front en essayant de les protéger, de les consoler, de les encourager. Mais contre un fléau de ce genre, qu'est la seule bonne volonté d'un homme ? Lorsqu'il finit par baisser les bras, et qu'il cède à l'amour qu'il porte à Marcia en fuyant Newark, il emmène avec lui sa culpabilité... mais aussi la maladie.

Litér'auteurs : Voici le sujet ainsi énoncé... mais quelle en est la symbolique ? Maladie, oui. Solitude ?

Philipp Roth : Le narrateur n'est pas Bucky Cantor. C'est en découvrant son identité que le lecteur comprendra comment j'aborde cet objet. Je ne vais pas dévoiler mon sujet, mais Cantor, avec son sens du devoir, de la responsabilité, avec sa culpabilité qui lui colle à la peau, et aussi avec un très fort sentiment de religiosité porte en lui la nécessité, l'obligation, l'impératif de faire face à la malédiction qui pèse sur son petit monde juif.

Littér'auteurs : Malédiction... Peuple Juif... 1944... Coïncidence ?

Philipp Roth : Certes pas. Mais je ne pense pas qu'il faille systématiquement entr'apercevoir dans ce roman, un texte de plus qui évoquerait la Shoah  au sens du judéocide, mais plutôt ce qui fait référence au terme hébreu " שואה", c'est à dire "catastrophe". La polio, c'est une réelle calamité dans le monde dans lequel évolue le héros. Mais ce qui la rend davantage tragique, c'est l'incompréhension. Quel sens donner, en effet, à cette épreuve ? Si Bucky Cantor, dans sa faillite, se ressent, là encore, responsable, l'autre personnage principal de mon roman prouvera qu'il est possible de faire surface et d'être heureux. Cantor n'y parviendra pas.

Littér'auteurs : Et Dieu, dans tout ça ?

Philipp Roth : Cantor finira par douter, par se rebeller, par invectiver ce Dieu qui inflige la maladie, le handicap, la mort, aux innocents que sont les enfants qu'il côtoie. C'est un peu comme une délégation de responsabilité ; il faut bien que quelqu'un - même suprême - assume ! Mais, dans ce roman, c'est vraiment la question du sens de la vie, des raisons de la vie que j'ai voulu traiter. Et je n'ai pas trouvé la réponse. Les lecteurs m'y aideront-ils ?

 

ROTH

Philipp Roth

Les propos qui lui sont prêtés ici sont, bien sûr, absolument imaginés. Seules les biographies et bibliographies, bien qu'incomplètes, ne sont pas virtuelles.

* ça, c'est vrai, il l'a dit ici

 

 

 

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31 mars 2015

CAHIERS DU JOUR : 31 mars ¨ Aujourd'hui le monde est petit.

 

2015

On dit que le monde est petit, mais l'au-delà est-il suffisamment vaste pour accueillir ceux qui le quittent ?

Aujourd'hui, j'accompagnais mon amie Nathalie, et ses enfants, Vincent, Isabelle, Florence : ils disaient adieu à celui qui a accompagné leurs vies jusqu'à jeudi dernier.

Je leur offre cette photo du ciel, prise cet après-midi, devant leur maison, vide désormais : le monde était gris et noir aujourd'hui. La clarté au sein de ce chagrin des nues et du désespoir de leurs cœurs… est-ce signe que la nitescence ne s'éteint jamais ?

La chanson, choisie par les enfants, pour leur papa, décédé à 44 ans

©Martine Littér'auteurs - 30 mars 2015

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Le règlement des "366 réels à prise rapide" et la liste des 18 participants que j'ai répertoriés à ce jour sont ici

 

Prochain épisode : 1er avril ¨ Aujourd'hui un pur mensonge.

2 mai 2015

CAHIERS DU JOUR : 2 mai ¨Aujourd'hui sucré.

sucre

Sucré [syn.] : sirupeux, mielleux, doucereux, édulcoré, melliflu, douceâtre, onctueux, patte-pelu, sournois, fade, hypocrite, gnangnan, mièvre, chafouin, mignard, chattemite, cauteleux…

Cette liste, non exhaustive, des synonymes de ce vocable poisseux explique sans doute pourquoi « sucré » n’entre pas dans mon vocabulaire. Comme dit un proverbe yiddish,  « le sucre ne sert à rien quand c’est le sel qui manque ». Le sel de la vie ? Son piquant, son piment. Ce petit exhausteur qui vient donner de l’importance aux choses que nous vivons.

© Martine Littér'auteurs - 2 mai 2015 

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Le règlement des "366 réels à prise rapide" et la liste des 18 participants que j'ai répertoriés à ce jour sont ici

Prochain épisode : 3 mai ¨Aujourd'hui ce qu'il y a dedans.

15 avril 2015

CAHIERS DU JOUR : 15 avril ¨ Aujourd'hui je ne sais pas.

2015

La thématique du jour m'a reconduite aux frontières de mon enfance, dans ces moments délicieusement vides que les adultes ne supportent pas. Pour tromper l'ennemi, et peut-être l'ennui, je bredouillais "je ne sais pas quoi faire" à ma mère qui n'appréciait pas de me voir inactive. La réponse était instantanée : "Prends ton mouton, et emmène l'oie au pré". Je traduis : mon mouton était une broderie au point de tige que j'abhorrais ; quant à l'oie, elle était en chair et en plumes. Je l'abhorrais aussi, mais pour d'autres raisons que, sans doute, je narrerai un jour.

©Martine Littér'auteurs - 15 avril 2015 

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Le règlement des "366 réels à prise rapide" et la liste des 18 participants que j'ai répertoriés à ce jour sont ici

Prochain épisode : 16 avril ¨ Aujourd'hui faux et usage de faux.

12 mai 2015

CAHIERS DU JOUR : 12 mai ¨ Fragment d'aujourd'hui raconté en poésie.

2015-05-12 THÉ

Poème en T

J'ai quitté
ma ruralité
pour visiter
de Grenoble la cité.

Vous vous doutez
que j'ai été
complètement envoûtée
par la liberté
de cette journée de presqu'été

Les rues piétonnes j'ai arpenté
les librairies j'ai fréquenté
quelques boutiques j'ai prospecté
mais aussi me suis arrêtée
pour le plaisir de déguster
un breuvage d'épices apprêté

Dans mon jardin du thé
depuis des années adopté.

© Martine Littér'auteurs - 12 mai 2015 

 page FB

Prochain épisode : 13 mai ¨ Aujourd'hui la toute première question qu'on va vous poser.

5 avril 2015

DIMANCHE EN POÉSIE : Achille Chavée

Un clin d'oeil à Mina et Anne qui présentent de concert leur "mois Belge".

Achille Chavée est né à Charleroi, le 6 juin 1906. Il est décédé à La Hestre, le 4 décembre 1969. 

Poète belge de langue française, il est une figure du surréalisme hennuyer et wallon. 

"Le vieux Peau-Rouge qui ne marchera jamais dans une file indienne" comme il aimait à se définir, ce Wallon de cœur et d’actes, est convaincu que la Wallonie restait terre de révolte et de poésie, terre surréaliste.

 

Mon absolu

Et voilà que je crois être une rose des vents
et que je suis le vent
et que je suis la rose
et que je suis l'espace

Voilà que je suis aussi ouvert d'une plaie
qui porte en elle
toutes les infections d'amour
toutes les décoctions d'absence

Mais tuez-moi donc
Redoutez de me voir en liberté
puisque je suis la liberté
aux cartouches de silence noir
puisque je suis un pavé de cette barricade
qui pleure un blasphème de neige

17 décembre 1961. Extraits de De vie et de mort naturelles, poèmes, Achille Chavée,
La Louvière, Éditions de Montbliart, 1965

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L'homme au chapeau melon (1964)

MAGRITTE
 
    René François Ghislain Magritte, né le 21 novembre 1898 à Lessines dans le Hainaut (Belgique) et mort à Bruxelles le 15 août 1967, est un peintre surréaliste belge.

 

9 mai 2015

CAHIERS DU JOUR : 9 mai¨ Aujourd'hui ventre

2015

Ventre-saint-gris ! Si au XVI° siècle j'avais vécu, au temps du Bon Roi Henri, je n'aurais pas eu à courir ventre à terre toute la journée pour récolter des informations sur les manifestations de mon village. Parce qu'en ces lieux, ventrebleu, de golf point n'était, de camping point n'avait, et de safari à la truite point n'existait ! Ce fut amusant toutefois de voir certains se mettre à plat ventre devant un homme politique local, histoire de savoir ce qu'il avait dans le ventre ! Mais comme ventre affamé n'a pas d'oreilles, pour mieux entendre, de petits-fours me suis gavée.

© Martine Littér'auteurs - 9 mai 2015 

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Prochain épisode : 10 mai ¨ Aujourd'hui une multitude de

1 mai 2015

CAHIERS DU JOUR : 1er mai ¨ Aujourd'hui comment je pense à demain.

2015

Demain, c'est presque maintenant, puisqu'il ne reste que trois heures pour y parvenir. Demain sera un autre jour, dit-on couramment, et certains ajoutent que les jours se suivent et ne se ressemblent pas. C'est vrai, d'une certaine façon, si je consulte mon agenda. Demain sera nouveau. Mais demain c'est aussi la persistance de tout ce qui m'habite, et ma souffrance, inapaisable, de penser que plus jamais je ne reverrai mon fils. Demain aussi, ce sera ainsi, comme aujourd'hui.

© Martine Littér'auteurs - 1er mai 2015 

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Le règlement des "366 réels à prise rapide" et la liste des 18 participants que j'ai répertoriés à ce jour sont ici

Prochain épisode : 2 mai ¨Aujourd'hui sucré.

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