30 juillet 2013

YVON KADER, DES OREILLES À LA LUNE, Jean-Pierre Cannet

Yvon Kader JP Cannet

Yvon, c'est sa maman bretonne qui a choisi le prénom. Kader, c'est son papa algérien. Yvon Kader vient au monde. Il aurait pu être un harmonieux représentant de la mixité planétaire. Seulement voilà, la lune, la pleine, la belle, qui veillait à sa naissance a eu comme un coup de mou. Et le nouveau-né a bu la lune. Yvon Kader vient de la lune.

La sage-femme dit : "Il est comme il est, il vivra !
Yvon Kader dit : "C'est mieux quand le nourrisson n'est pas mort, ça lui donne des chances supplémentaires pour l'avenir".

Yvon Kader fait ainsi connaissance avec la trisomie. Ses parents aussi.

Yvon Kader dit : "C'est difficile pour mes parents, je me mets à leur place".
Les parents disent : "C'est la faute à la faute".

Quand le Père Noël demande à Yvon Kader ce qu'il a commandé,..
Yvon Kader dit : "Ma vie".

Quand Yvon Kader rencontre La Pette, sur les escalators de la galerie marchande...
La Petite dit : "Tu n'es pas normal, toi ! [...] Demande à ton miroir".

Alors, Yvon Kader, quand il se retrouve avec ses parents...
Yvon Kader dit : "Maman [...] tu ne veux pas corriger ton brouillon ? Je le sais que la vie est salissante...".

Yvon Kader a une "tête de lune rousse". et se souvient de son "alunissage sur le toit du monde de ses parents".

YVON KADER, DES OREILLES À LA LUNE, est une pièce de théâtre, écrite par Jean-Pierre Cannet. Non, ce n'est pas un texte "sur" la trisomie. C'est un texte de vie, qui que soit celui qui la vit. En l'occurence, c'est Yvon Kader, trisomque, qui la vit.

J'ai découvert ce texte, dimanche, au festival Textes en l'air, à Saint Antoine l'Abbaye, en Isère. C'était une lecture. J'ai découvert. J'ai été touchée. pas bouleversée, non. Touchée. Par les mots qui se disent.
J'ai acheté le livre. Touchée par les mots qui se lisent.

Alors, je partage ce délicieux moment. Il est publié à l'école des loisirs. Il est accessible à tous, enfants et adultes. 

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29 juillet 2013

LE BAL - Irène Némirovski

Le bal nemirovski

Dans la famille Kampf, je voudrais le Père. Un petit homme falot, Un Juif allemand qui peinait à la Banque de Paris,comme chasseur d'abord, puis comme employé, dans les années 1920. Il avait dévergondé la dactylo du patron en lui promettant monts et merveilles, et surtout l'opulence.

Dans la famille Kampf, je voudrais la Mère. Rosine, ladite dactylo. Un vrai personnage de roman-feuilleton. La petite fille pauvre qui rêve de devenir riche. C'est d'ailleurs dans les magazines à quatre sous qu'elle puise son inspiration et ses aspirations.

Dans la famille Kampf, je voudrais la Fille. Antoinette, quatorze ans, plate comme une presque limande, au physique ingrat. Mais bourgeonnante d'adolescence naissante.

Ce roman/nouvelle est un quasi huis-clos de deux semaines entre ces trois protagonistes. 

Monsieur Père, s'est un jour pris pour un trader de génie. Banco ! il a fait fortune ! Foin de la rue Favart ! Foin des chaussettes à ravauder ! Foin des devoirs faits sur la table de la salle à manger ! Désormais, au jeu des sept familles, les Kampf brillent de mille feux. Enfin, ils essaient. Et, pour essayer de jouer dans la même cour que les "Ôtres", madame mère et monsieur père vont organiser un bal.

Une telle entreprise, faut pas dire, demande une belle organisation, et un réseau d'approximatives connaissances, qui deviendront, si l'on si prend correctement, des "chèèèèères" connaissances. Nous sommes dans les Années Folles, rappelons-le. On est dans le paraître, dans le futile. Rosine excelle dans l'art de l'inconsistant. On invite à tour de bras, des vrais barons, des fausses comtesses, des incontestables gigolos, des anciennes catins...

Et pendant ce temps, Antoinette rêve. De devenir grande. De découvrir l'amour. De trouver le plaisir. Quand elle apprend que Maman s'oppose à ce qu'elle assiste au bal, Antoinette s'effondre, se révolte, puis se venge. De sa mère, de sa gouvernante aussi qui a le bonheur de connaître les batifolages de l'amour.

C'est ainsi qu'Antoinette va créer les conditions pour changer de statut, involontairement, dans un geste de dépit. Un geste qui aura pour conséquence de renverser les relations entre la mère et la fille.

Publié en 1930, par une romancière russe qui mourra dans les camps d'Auschwitz, ce texte est à la fois une satire caustique de la société faussement bourgeoise, une fine analyse des relations mère/fille, un regard affûté sur cette partie de la vie qu'on nomme adolescence, pleine de contradictions, de haine et d'amour mélangés....

Une savoureuse lecture d'été, rafraîchissante à souhait, quoi qu'abondamment aromatisée à l'acidité du citron....

 

 

Les avis de Soukee, de Choco...

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25 juillet 2013

L'ENFANT CACHÉE - Loïc Dauvillier, Marc Lizano, Greg Salsedo

 

Voici trois semaines, je présentais "La petite famille". Émotion, tendresse, pudeur, générosité dans les mots et le graphisme de cet album. Un coup de coeur, vrai et sincère... Une envie de partager avec mes petits-enfants... 
Un commentaire discret de Loïc Dauvillier, pour me remercier (et pourtant, c'est moi qui le remercie !). Un échange/courriel : il me suggère "L'enfant cachée"... (du même auteur)
Bien sûr, je ne résiste pas au désir/besoin de découvrir ce titre !

l'enfant cachée

L'enfant cachée.

Une fillette qui s'aperçoit que sa grand-mère ne trouve pas le sommeil. Qui quête la parole de cette douce Mamie qu'elle aime. .
"Tu sais, quand moi je fais un cauchemar, je le raconte à Maman, et après ça va beaucoup mieux".

Le cauchemar de Mamie, voilà bien longtemps qu'il l'habite, qu'il la hante, qu'il la poursuit, qu'il la tourmente. "C'était il y a très longtemps. Mamie était encore une petite fille".

Mamie se prénomme Dounia. Elle était une petite fille quand la guerre semblait avoir cessé. Et sa victoire c'était d'avoir retrouvé son Papa vivant. Un jour funeste, pourtant, Dounia devra arborer l'étoile jaune...

L'atmosphère. Le cadre. Un sujet mille et une fois traité. Avec plus ou moins de justesse, de sensibilité, de bon goût, C'est selon. Un sujet délicat, un peu risqué quand l'on prétend, de surcroît, s'adresser à des enfants.

Un sujet complètement maîtrisé dans cet album. Pas de pathos, ni d'amphigouri. C'est clair, limpide, sans équivoque. Ça parle tout droit au coeur, à l'intelligence, au sens. Ça parle des rafles juives, du Vel d'Hiv, de la séparation, de la mort, des camps... des choses graves, dramatiques, inexcusables, tragiques de l'histoire des hommes. Et ça parle de cela avec tant de pudicité, de retenue, mais aussi tant de vérité, d'authenticité ! 

l'enfant cachée

L'image qui m'a le plus frappée, émue, touchée... la voici. Cette Maman qui s'en revient des camps... squelettique. Elle a conservé sa "figure" maternelle. Mais son corps est décharné : "Je ne savais pas comment faire. J'étais horrifiée. [...] Au début je ne l'ai pas reconnue. [...] Il m'a fallu un moment avant d'être certaine que c'était bien ma maman". 

C'est le fils de Dounia qui conclut, le papa de la fillette. Il s'adresse à Dounia, sa mère : "Je voulais simplement te dire que je suis très heureux et très fier que ce soit toi qui lui aies raconté".

Merci à Marc Lizano, à Loïc Dauvillier et à Greg Salsedo de m'avoir donné à rencontrer Dounia, son histoire et sa petite-frille.

 

21 mai 2013

COMME DES TRAINS DANS LA NUIT, Anne Percin

comme-des-trains dans la nuit anne percin

Quatre nouvelles destinées aux adolescents, quatre nouvelles que les adultes ne peuvent qu'apprécier.

Comme des trains dans la nuit, des enfants foncent vers leur adultité, deux par deux. Trois des récits sont à la première personne, dans un langage "délibérément" ado qui m'a, au début, un peu rebutée. À priori, je n'apprécie pas quand les adultes parlent à la manière de... parce que je ne suis jamais sûre que les codes sociaux soient respectés, compris et transmis correctement. Cette petite réserve n'a pas tenu très longtemps. La narration m'a très vite submergée, emportée dans ces mondes "galère" décrits avec réalisme et sensibilité.

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Marco vit dans une ferme, empuantie par le fumier que son père épand, recouvre d'une bâche et laisse chauffer au soleil. Marco a l'impression d'être imprégné de cette pestilence, au point de s'asperger généreusement - très généreusement - de parfum lorsqu'il se rend au LEP qui accueille son désintérêt scolaire, sa démotivation latente et persistante. C'est là qu'il fait la connaissance de Ryan, un ado comme lui, dont le prénom cache l'identité "rebeu". Ces deux-là vont s'engouffrer dans des tribulations plus que pitoyables.

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Tony et Naïma... le lecteur, avec eux, découvre la beauté de la découverte de l'amour. C'est la seule nouvelle paisible de ce recueil...

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Kurt Cobain, du groupe Nirvana, vient de se suicider. Pour ces deux jeunes, c'est le monde qui s'effondre.

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Julien et Christine, cousins que rien ne rapproche. Et pourtant ! Un lourd secret de famille... Nous sommes en 1968.

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Nouvelles destinées aux adolescents, destinées d'adolescents. Des enfants paumés, décalés, meurtris, en détresse.
L'art d'Anne Percin, c'est la chute.
Alors que le monde dans lequels ils évoluent est noir, sordide, nauséabond, alors que ces huit jeunes, de milieux sociaux différents, à des époques différentes, se jettent à corps perdu dans une nuit saumâtre, violente, funeste, c'est un évènement inattendu qui fait basculer leur existence. Un évènement rédempteur, libérateur. Au bout de la nuit... la lumière, la vie, la reviviscence.

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C'est à Anne que je dois le plaisir de cette lecture. C'est chez elle que j'avais puisé cette référence. Son billet ICI

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16 avril 2013

IL ÉTAIT UNE FOIS... CONTES EN HAÏKU ; Agnès Domergue & Cécile Hudrisier

Contes en haiku 3

En lisant la chronique de Marilyne, j'ai immédiatement pensé à ma "bibliobambins". "Il était une fois"... des contes pour mes 7, 6 et 5 ans (et demi pour les trois) ! Bonheur et plaisir de la narration.Des loups qui veulent manger des enfants, des pantins au nez qui s'allonge à chaque mensonge, des marâtres qui donnent aux pommes la couleur de la haine... Le soir, blotti dans son lit, on a peur, peur, peur... mais à force de connaître le dénouement, on a toujours aussi peur, mais on exorcise.

"Contes en haïku"... double bonheur et plaisir ! De la poésie, pensez donc ! De la poésie à glisser dans les lectures, avant que les récitations (quel vilain mot ! je dirais même : quel gros mot ) ne prennent le pas sur la danse des mots qui parlent au coeur et à l'esprit, à la sensibilité et à l'imaginaire.

J'ai dans les mains ce recueil. C'est du pur bonheur. Couverture cartonnée, douce au toucher, brochée, illustrations pastel, de bulles qui suggèrent, qui donnent des pistes, qui interrogent sans donner de réponse.

Ce soir, au calme, avant que la nuit n'enveloppe de rêves l'un de mes bambins, pour que la nuit lui donne rêves et merveilles...

....

Contes en haiku 1

"Petit capuchon
noisettes et fraises des bois
rencontrent le loup"

....

Alors, ensemble, nous irons, avec notre simple galette, avec notre modeste pot de beurre, parcourir les bois, en toute innocence. Sans croire, un seul instant, que le loup rôde. Et que nous devrons y prendre garde. Le Chaperon Rouge... quel conte initiatique !

...

Ou bien...

...

Contes en haiku 2

"Grignote et grignotons
sucre et pain d'épice
une prison"

...

Et encore...

...

"Souffle le vent noir
sur la paille, le bois, la brique
et trois tire-bouchons !"

...

Bonne nuit !


08 avril 2013

C'EST L'HISTOIRE DE PLUME ET DE CRAYON ; Charlie & Pouch

c'est l'histoire de plume et de crayon Charlie & Pouch

Plume et Crayon vont écrire un livre ensemble...il vont concevoir leur enfant...

Mais c'est sans compter avec l'indiscipline des lettres qui n'en font qu'à leur tête. Et elles sont si différentes les unes des autres ! Il y a les indépendantes qui veulent garder leur propre identité, il y a les timides, les râleuses, les sublimes, les moches. Il y a les amoureuses, les sanguines, les jalouses...

Un livre-douceur, un livre-tendresse, un livre-création, un livre-bonheur, un livre-complicité.

La complicité entre Plume et Crayon, la tendresse-amitié-amour...

De cette complicité, de cette tendresse, de cet amour, va naître un livre. Mais les embûches sont nombreuses, et toute la bande des lettres va s'appliquer à mettre des batons dans les roues.

 Et leur bébé sera le fruit de parties de jeux de mots, de course-poursuite entre la gomme, "cette mégère apprivoisée" et Crayon, De la connivence entre Plume et Crayon. Jusqu'à la chute... fatale...

Une chute que je ne dévoilerai pas. Ce serait casser l'eurythmie poétique de ce joli conte. Les mots de Charlie sont exquis, ils sont illustrés par la plume de Pouch, délicatement, subtilement.

C'est un livre-doudou que l'on peut lire à un enfant qui se blottit sous la couette, bien au chaud. C'est un livre qui emmène doucettement au pays des songes, peuplé de lettres qui s'interrogent, se regardent, se courent après, se renversent, dansent en rythme...

C'est un beau conte que l'on peut se lire, quand on est grand, quand on est super-grand, quand on est même super-super-grand, voire au delà. À l'âge où l'on croit à nouveau au Père Noël, et aux cloches de Pâques.

"La vie est si petite, et le rêve est si grand', écrivait Carmen Sylva, reine de Roumanie (qui est-ce ?).

 

 

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13 février 2013

SAHARA, Daniel Pennac & Antonin Louchard

Sahara Pennac

Tout va vite, trop vite, autour du "petit" : le "grand", qui partage sa chambre et danse "un machin apache" sur son lit, l'Oncle qui passe très vite en faisant pousser des immeubles. Et des ponts. Et des autoroutes. Tout va trop vite, alors que le petit a appris à l'école "qu'un rien dérange les atomes et qu'ils se communiquent le mouvement jusqu'à l'autre bout du monde".

Très subtil, cet album pour enfants que Daniel Pennac a signé en 1999, en complicité avec Antonin Louchard ! L'illustrateur a su brosser avec perspicacité les états d'âme de cet enfant qui prend conscience du remue-ménage qui l'enveloppe. Le petit observe et médite : les propos que lui offre l'auteur sont empreints de simplicité et de sagesse. "Je veux juste regarder". Et il découvre que même les pierres sont vivantes.

C'est une histoire sensible, douce, poétique que Pennac transmet ici. Son intention de "pédagogue" est plus suggérée qu'explicitée : que peut produire l'immobilité ? La capacité à éprouver l'invisible pour exister vraiment ?

Cette fable risque de déstabiliser les adultes, surpris de la concision du texte. Je pense, en revanche, qu'elle peut avoir les faveurs des enfants parce qu'elle leur donne à rêver, à se projeter.


Et voici ma quatrième contribution au challenge "Pennac", managé par George (ici)

challenge-daniel-pennac

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23 décembre 2012

LE YARK, Bernard Santini & Laurent Gapaillard

image

Quatrième de couverture :

Parmi tous les types de Monstres qui grouillent sur la terre, l'Homme est l'espèce la plus répandue.

Il en est une autre, cependant, plus rare et moins connue.

C'est le Yark.


Eh bien moi, en matière de Monstre, je préfère le Yark ! Parce que le Yark aime les enfants. Et ça, quand même c'est un sacré bon point, non ? Bon ! d'accord, le Yark mesure six mètres, il a des ongles crochus. Mais aussi, il adore l'odeur d'amande et de beurre frais", et puis "il ne mange jamais d'animaux, estimant qu'ils sont vraiment trop mignons pour être dévorés".

Pas trop envie d'en raconter davantage. Parce que dévoiler la personnalité du Yark serait démasquer les "bonnes" intentions de l'auteur. 

C'est un album qui peut être lu à partir de huit ans ; oui, je consens. Mais un lecteur un peu plus vieux, voire plus vieux, voire vraiment plus vieux pourra tirer grand bénéfice à sa découverte. Le Yark, c'est un peu le contre-exemple de l'Homme, qui fait semblant de croire aux bons sentiments alors que "les bons sentiments n'ont jamais nourri personne   [et que...] la Nature, qui ne connaît pas de morale, se fiche malheureusement de ce qui est bien et de ce qui est mal [et que...] depuis la nuit des temps, force est de constater que ce sont toujours les plus gentils qui se font bouffer en premier".

Un album jubilatoire et fantasque qui respire l'allégresse. Un album qui, mine de rien, donne à réfléchir (à celui qui veut bien) sur la nature humaine et sur certaines de ses "faiblesses". Quelques extraits savoureux et profitables :

"Il n'y a vraiment rien de plus sadique qu'une fillette bien éduquée"
"Les humains n'ont pas beaucoup d'imagination. Ils ne voient la beauté que dans ce qui leur ressemble"
"Depuis l'âge de fer l'homme n'a guère évolué"
"La liberté serait que tu puisses vivre sans dévorer personne"
"Il n'y a pas de loi. Il n'y a que ce que chacun décide pour soi"
"Ce qui la gênait c'était que pour vivre il faille tuer un être vivant"

Merci à Marilyne et à Noukette d'avoir convaincu Jérôme, au salon de Montreuil, de diriger ses pas vers le stand Grasset et d'y rencontrer le Yark. C'est une pépite de la littérature jeunesse, du pur bonheur ! 

(Message codé à l'intention de Jérôme : bisous à Charlotte, mais si tu les fais à Madeleine, je ne t'en tiendrai pas rigueur)

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22 décembre 2012

JE VEUX UN VIEUX NOËL, Irène Cohen-Janca

je veux un vieux noël

Quatrième de couverture :

Vivement Noël ! Théo adore les préparatifs : acheter le sapin, le décorer avec des boules et des guirlandes... Mais cette année, ses parents ont décidé de tout changer...


Mais que leur a-t-il pris, aux parents de Théo et Arthur, cette année ? Pourtant les enfants avaient commencé à savourer les prémices de la fête tant attendue : le défilé des distributeurs de calendriers, pompiers, facteurs et autres éboueurs, la boîte aux lettres qui déborde de catalogues de jouets, la dame à l'école qui vient leur dire des contes... C'est sûr, ils n'allaient pas tarder à accompagner leur mère pour choisir l'arbre-symbole. 

En rentrant de l'école, en voyant la voiture de Maman garée devant la porte de la maison, ils sont certains que c'est pour aujourd'hui. Et là, à ce moment précis, tout s'affole ! Ils ont même le droit de rentrer dans la maison avec leurs chaussures, incroyable ! Mais de sapin vert, odorant, de sapin qui perd ses aiguilles... point !

Et leur mère de leur débiter un beau discours écolo, sur la protection de la planète, sur les arbres, poumons de notre Terre, qu'il ne faut pas tuer, et tout et tout !!! Mais Théo et Arthur ont plus d'une ruse dans leur hotte pour faire fléchir les parents.

Un roman jeunesse qui se lit facilement. L'auteure alterne les arguments entre tradition et up to date, entre nuisance et écologie, entre destruction et préservation de la nature... Les ingrédients sont là pour ouvrir une nouvelle querelle entre les anciens et les modernes, pour développer la capacité de penser, mais la mayonnaise ne prend pas ! En tout cas, chez moi, elle n'a pas pris. Peut-être la volonté d'Irène Cohen-Janca était de ne pas tomber dans un discours trop didactique, mais à vouloir faire dans le "trop digeste", elle est tombée dans le "très superficiel". C'est dommage parce que le sujet pouvait donner à réfléchir, et à choisir éventuellement, en toute connaissance de cause.

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31 octobre 2012

C'EST DÉGOÛTANT; Francesco Pittau, Bernadette Gervais

 

pittau

"Dans ce livre, Francesco Pittau, Bernadette Gervais parlent avec délectation de tout ce qui écoeure, révulse et provoque des haut-le-coeur. Sans équivoque, ce livre montre les expériences d'une petite fille blonde, mignonne et souriante, que rien ne rebute : boire l'eau du bain, se couper les ongles à table, avoir des cheveux dans la bouche ou encore se moucher dans les rideaux."

Jusqu'à quel âge ne se délecte-t-on pas des "pipis-cacas-carottes de terre" et autres illustrations bien senties sur ce qui anime, tout compte fait, l'essentiel des réflexions de l'homo erectus moyen ? 
Je consens ! Un peu universaliste, ma première phrase. Les "Hommes" (avec un "H" majuscule) seraient-ils définitivement asservis par des pensées scatologiques, qu'ils utiliseraient en guise de réflexion hautement philosophique ? 

Parce que cet album, que l'on pourrait qualifier de... "dégoûtant" (ben oui !) et de peu ragoutant, ne peut que faire le bonheur des petits lecteurs de 2 à 77 ans...Que le premier qui n'a jamais plongé ses mains dans un pot de confiture lève le doigt (après l'avoir sucé) ; que celle qui n'a jamais mangé avec ses mains se dénonce. Et dans la série des petits plaisirs inavouabes, on pourrait évoquer les doigts dans le nez, ou le pipi dans le bain. Voire pire !

Pittau et Gervais ne craignent pas le pire, et c'est dit avec une telle simplicité, une telle sincérité, qu'on se demande vraiment pourquoi s'en offusquer !

Un petit bijou, ni obcène, ni grossier, qui dit à voix haute ce que tout le monde fait à gestes bas.

 

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