21 avril 2013

LA POÉSIE DANS LE BOUDOIR : Xavier Hanotte

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Julian Beever - Trompe l'oeil

Dédits

On m'a signé
Des tonnes d'amour sans provision
On m'a montré
De beaux mariages de raison.

Messes et caresses.

On m'a vanté
La joie des grandes maisons
On m'a lancé
Bien des bouées en béton.

Chairs et promesses.

Je ne cherchais
Qu'une épaule où poser ma tête.

Je suis resté
Dans ce fossé en bord de route
Assis sur une borne froide
La tempe meutrie de vide

Et toutes les chutes à venir.

Xavier Hanotte - Poussières d'histoires & bribes de voyage - 1984-2003 - Escales du Nord


"Pour certaines personnes, la vérité du jour sera le mensonge du lendemain..."

 


POÉTISONS

Le jeu

Poétisons ensemble...
La semaine dernière,  Anis , Anne, (à laquelle j'adresse un clin d'oeil)Antigone, Bonheur du jour, Flomar, Fransoaz, Laurence se sont jointes à moi pour faire chanter les mots. (clic sur leurs prénoms pour aller chez elles)
La règle du jeu est ici.

Plus nous serons nombreux à faire parler la poésie, plus elle restera vive, créatrice et porteuse de beauté.

Posté par C Martine à 06:24 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
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Commentaires sur LA POÉSIE DANS LE BOUDOIR : Xavier Hanotte

  • Martine, j'ai failli hyper-ventiler quand j'ai lu "Xavier Hanotte" !!

    NOVY SVET

    Carreaux cassés fenêtres borgnes
    Murs épais cloisons d'échos
    Et feuilles mortes dans les arbres
    Le vent se tord les pieds sur les pavés
    Puis s'éloigne en jurant.
    Les réverbères saignent sur des crépis baroques
    Fantômes de larbins petites gens
    Qui meurent et ressuscitent dans des soupirs de lampes.
    Le temps s'est égaré au fond des ruelles
    Mon amour chante un petit air de pioche
    Douleur claire et coups obscurs
    Noirs comme une chevelure.

    Au clocher de Lorette flotte une robe rouge
    Et le soir et la nuit portent un prénom
    De la même couleur.

    Xavier Hanotte, Poussières d'histoires et bribes de voyages

    Posté par Anne, 21 avril 2013 à 10:26 | | Répondre
    • Hou là là !!! je m'en serais voulu d'avoir provoqué chez toi, ma chère Anne, une alcalose respiratoire !
      Mais plus sérieusement, merci pour ce magnifique recueil de poésie que tu m'as offert ; merci de m'avoir permis de rencontrer Xavier Hanotte, un superbe poète de la Belgitude francophone.

      Posté par Martine, 21 avril 2013 à 21:17 | | Répondre
  • On a voulu m' enfermer
    Entre des murs de papiers
    Si hauts si épais
    Que la tête m'en tournait
    Mais au souffle d'une brise,
    J'en suis restée assise,
    Cloisons envolées !
    Je me suis évadée
    Dans quelques feuillets
    Sur le sol répandus
    ...Et j'ai lu
    Et j'ai rêvé

    SIDO

    J'ai découvert votre site par un...heureux hasard. Plaisir de partager mon goût pour l'écriture et la poésie.

    Posté par sido, 21 avril 2013 à 11:01 | | Répondre
    • Merci, Sido, de m'avoir offert, et d'avoir offert aux lecteurs de mon blog, ce précieux poème.
      Je suis allée vous rendre visite, sur votre blog. Êtes-vous publiée ?

      Posté par Martine, 21 avril 2013 à 21:20 | | Répondre
      • Non, j'écris ( poésie surtout ) depuis plusieurs années, mais mon ambition n'est pas d'être publiée, juste partager des émotions avec mon blog. J'aime bien aussi écrire au pied levé en commentaires. Peut-être un jour tenterai-je un recueil-souvenir pour mes petits-enfants. Merci pour votre visite et le Haïku ( je fais partie d'un atelier Haïku haïsha sur la toile).

        Posté par Sido, 21 avril 2013 à 23:23 | | Répondre
  • Ce soir, je reprendrai un poème d'amour de Renée Vivien qui n'est pas assez connue du grand public. Je découvre ce poète qui a une langue puissante et belle, Merci.


    Vous êtes mon palais, mon soir et mon automne,
    E ma voile de soie et mon jardin de lys,
    Ma cassollette d’or et ma blanche colonne,
    Mon par cet mon étang de roseaux et d’iris.

    Vous êtes mes parfums d’ambre et de miel, ma palme,
    Mes feuillages, mes chants de cigales dans l’air,
    Ma neige qui se meurt d’être hautaine et calme,
    Et mes algues et mes paysages et mer.

    Et vous êtes ma cloche du sanglot monotone,
    Mon île fraîche et ma secourable oasis…
    Vous êtes mon palais, mon soir et mon automne,
    Et ma voile de soie et mon jardin de lys.

    Renée Vivien (1877 – 1909)
    A l’heure des mains jointes, 1906

    Posté par Anis, 21 avril 2013 à 20:33 | | Répondre
    • Renée Vivien... je ne connais pas, mais ce que tu m'en donnes, par ces mots retranscrits, m'incite à chercher plus avant dans cette écriture. Merci Anis.

      Posté par Martine, 21 avril 2013 à 21:22 | | Répondre
  • Il faut que j'avoue... ce poème, je l'avais noté... en farfouillant dans ta biblio

    Posté par Marilyne, 23 avril 2013 à 19:13 | | Répondre
    • Wharf ! Les grands esprits se rencontrent !

      Posté par Anne, 23 avril 2013 à 19:17 | | Répondre
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