07 juin 2014

LES (29) PLUMES D'ASPHODÈLE : Les mots de la sagesse

Rue de la Sagesse

 

C’était une demoiselle de petite vertu.
Point trop n’avait sagesse.
Aux passants offrait sa fesse
Qu’elle avait joliment goûtue.

Avait la chair gracile.
La lippe grenadine,
Avait la faim aux dents.
Était pas difficile
La petite gourgandine,
Même avec les pédants.

Cherchait pas la richesse,
C’était pas de son âge.
Cherchait pas l’opulence,
C’est bon pour la vieillesse.
Y’avait que d’l’abattage
Et d’la grande affluence.

C’était une demoiselle de petite vertu.
Point trop n’avait sagesse.
Aux passants offrait sa fesse
Qu’elle avait joliment goûtue.

Avait pas d’vanité,
Avait pas d’réflexion
Savait pas refuser.
Rien que spontanéité,
Point de circonspection,
Même pas désabusée.

Un soir, au crépuscule
Sous la lune à attendre
Trouva sérénité
Auprès d’un homoncule
Qui voulait la surprendre
En toute gratuité.

C’était une demoiselle de petite vertu.
Point trop n’avait sagesse.
Aux passants offrait sa fesse
Qu’elle avait joliment goûtue.

Oyant sa philosophie,
La gouaille elle en perdit,
Le doute la remplit.
« Reluque pas mon atrophie.
Je n’suis pas si engourdi
Que le fait croire ma panoplie.

Ta paix, je vais la graver
Comme l’image de ton corps,
Déclara le nabot.
Je vais t’enjoliver.
Tu n’es qu’une pécore
Mais pour te peindre, nul besoin d’escabeau ».

C’était une demoiselle de petite vertu.
Point trop n’avait sagesse.
Aux passants offrait sa fesse
Qu’elle avait joliment goûtue.

 

toulouse-lautrec-dessin-1

Martine Litter'auteurs - 2014/06/04

En mémoire d'Henri Toulouse-Lautrec (1864-1901)

Ci-contreFemme enfilant son bas (1894). Henri Marie Raymond de Toulouse-Lautrec-Monfa

 

 

 

 

 

 

 

ASPHODELE

Écrit grâce aux mots récoltés par Asphodèle, sur le thème de la SAGESSE (son blog est ici). fesse, attendre, richesse, dent, refuser, doute, vieillesse, circonspection, vertu, crépuscule, lune, philosophie, âge, vanité, sérénité, psalmiste, paix, image, réflexion, graver, gracile, grenadine. 

(Je ne suis pas certaine que Toulouse-Lautrec aurait apprécié pour lui le qualificatif de psalmiste).

Posté par C Martine à 05:30 - - Commentaires [23] - Permalien [#]
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Commentaires sur LES (29) PLUMES D'ASPHODÈLE : Les mots de la sagesse

  • Elle m'a bien plue ta demoiselle à la fesse goutue et à la lippe goulue un refrain entraînant

    Posté par Valentyne, 07 juin 2014 à 06:38 | | Répondre
    • Elle aurait pu être aussi "grelue",
      mamelue,
      joufflue,
      ma demoiselle de petite vertu.

      Posté par M Littér'auteurs, 07 juin 2014 à 21:13 | | Répondre
  • J'avais pensé à ce tableau rien qu'en lisant ton texte. Très joli portrait que cette demoiselle de petite vertu digne de Brassens.

    Posté par celestine T, 07 juin 2014 à 08:28 | | Répondre
    • Je suis honorée, Célestine (j'adore ton prénom... et si ce n'est pas ton prénom, j'adore ton pseudo), je suis honorée, disais-je Célestine, que tu dises mon texte - et la jeune demoiselle - dignes de Brassens. Un brin guilleret, mais tout en poésie était cet amant du Parnasse.

      Posté par M Littér'auteurs, 07 juin 2014 à 12:01 | | Répondre
  • Quel talent ! Effectivement digne de Brassens mais aussi des chansonniers de la belle époque (quand on écoutait attentivement les chansonniers) ! Ce n'est qu'à la fin que l'on devine pour Toulouse-Lautrec et c'est vraiment bien amené, bien "chûtu", warf ! Bravo !

    Posté par Asphodèle, 07 juin 2014 à 12:20 | | Répondre
  • P.S. : "un brin guilleret" dis-tu à propos de Toulouse-Lautrec ??? Que tu es gentille !!! Il était même trèèès porté sur la chose si ce que j'ai lu sur lui est juste ! Tu lui rends un bel hommage en ce sens ! Et merci de nous donner son nom complet, heureusement qu'il n'y avait pas de feuilles de Sécu à remplir à l'époque !!!

    Posté par Asphodèle, 07 juin 2014 à 12:23 | | Répondre
    • « La cafetière au large bec », « Petit Priape » ou « Verge à pattes ».... quelques surnoms donnés à Henri Marie Raymond...

      Posté par M Littér'auteurs, 07 juin 2014 à 20:59 | | Répondre
      • "Verge à pattes" ? Un surnom qu'on pourrait donner à beaucoup d'hommes finalement...
        C'est un très joli texte, en tout cas.

        Posté par Florine, 20 septembre 2014 à 19:22 | | Répondre
  • Sûr que ça ça plairait au vicomte contrefait et au Sétois moustachu. Quant à moi...convaincu. Bravo vraiment, ça c'est "troussé".

    Posté par EEGUAB, 07 juin 2014 à 13:34 | | Répondre
    • "Je ne sais pas si, comme le prétend madame, monsieur trousse les petites filles dans la campagne... Quand cela serait, il n'aurait pas tort, si tel est son plaisir... " (Mirbeau ; journal d'une femme de chambre). Et ce qui est rigolo - si l'on peut dire - c'est que la narratrice de ce roman écrit en 1891, se prénommait... Célestine

      Posté par M Littér'auteurs, 07 juin 2014 à 20:56 | | Répondre
  • Très beau poème, quel talent...on dirait une chanson !! Bravo !

    Posté par MTG, 07 juin 2014 à 14:06 | | Répondre
    • Je ne suis pas musicienne, mais un petit air me trottait dans la tête en écrivant cet hommage... Si mon poème ressemble à une chanson, mon but est atteint

      Posté par M Littér'auteurs, 07 juin 2014 à 20:50 | | Répondre
  • J'aime beaucoup la fesse goûtue ! Assez bizarrement c'est l'air de "Rue Saint Vincent" de Bruant qui me trottait dans la tête en lisant ton texte

    Posté par Martine27, 07 juin 2014 à 15:29 | | Répondre
  • Moi aussi j'ai une chanson en tête qui ne me revient pas, mais dès que je la retrouve je te le dirai ici ou ailluers
    Que de talent d'écriture tu as et pas que hihi!!!
    Cette petite me fait également penser à Julia Roberts dans Pretty Woman
    Merci Martine pour ce superbe partage.
    Bisous.
    Domi.

    Posté par dimdamdom59, 07 juin 2014 à 22:26 | | Répondre
  • Merci Domi... cette petite demoiselle m'a fait de l’œil dès que j'ai pris connaissance des mots à mettre en harmonie.

    Posté par M Littér'auteurs, 08 juin 2014 à 15:25 | | Répondre
  • JE trouve que ton texte est beaucoup mieux écrit que le mien car le tien ressemble à une chanson.
    J'ai eu du mal à retrouver ton blog car tu as fait une faute quand tu as écrit ton adresse.
    Je te souhaite une bonne fin de dimanche.

    Posté par Astrid, 08 juin 2014 à 16:00 | | Répondre
    • C'est vrai que je le "ressentais comme une chanson, en l'écrivant... une chanson de cabaret. C'est pour ça que Toulouse Lautrec s'est imposé en nabot contrefait.

      Posté par M Littér'auteurs, 09 juin 2014 à 07:55 | | Répondre
  • Cette petite demoiselle m'en rappelle une sur une balançoire chantée par ma grand mère Il faut mettre ton texte en musique ...et vite nous le faire écouter

    Posté par evalire, 08 juin 2014 à 16:08 | | Répondre
    • "Une demoiselle sur une balançoire... Elle était belle et l'on pouvait voir
      Ses jambes blanches sous son jupon noir...". Celle -ci est toutefois plus sage que la mienne.

      Posté par M Littér'auteurs, 09 juin 2014 à 07:58 | | Répondre
  • Tu as la plume leste et facile. Merci pour ce refrain entrainant et ce poème plein de talent.

    Posté par patchcath, 09 juin 2014 à 08:03 | | Répondre
  • Magnifique poème très harmonieux et un bel hommage que le peintre aurait apprécié. J'adore !

    Posté par ceriat, 09 juin 2014 à 11:14 | | Répondre
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