12 janvier 2014

LA POÉSIE DANS LE BOUDOIR : Maram al-Masri

par-la-fontaine-de-ma-bouche

Par la fontaine de ma bouche, Maram al-Masri

Éditions Bruno Doucey, 2011, 80 pages, 12 €

 

 

 

 

 

 

 

Le fracas des âmes ne parvient pas
à l'oreille du gardien des flammes

il se brise sur la vitre qui nous sépare
nous emprisonne dans le visible

la plainte des colombes ne parvient pas aux cavités
mais s'évanouit dans le silence de l'espace

nulle couleur pour la souffrance
nulle couleur pour l'espérance

le ciel absorbe les prières comme un ventre de femme
comme un téléphone public dans un quartier bruyant

une voix gémit
se balance sur une corde fragile
ni les saints ni les anges ne l'entendent
pas plus que les chiens
assoupis au seuil des étables
protégeant les loups de la chair des agneaux

Maram al-Masri, Signe 24

Posté par C Martine à 08:07 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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Commentaires sur LA POÉSIE DANS LE BOUDOIR : Maram al-Masri

  • Ma bouche
    est chanson d’Ishtar
    et contes de Shéhérazade
    ma bouche
    est le gémissement silencieux d’une plainte
    ma bouche
    est une fontaine coulant de plaisir
    le cantique
    du cœur
    et de la chair
    (Maram al-Masri)

    Posté par Anne, 12 janvier 2014 à 14:06 | | Répondre
    • Les poèmes de Maram al-Masri sont, tous, empreints d'humanité, de tendresse (et souvent de révolte). Merci Anne pour ce partage.

      Posté par Martine, 13 janvier 2014 à 07:24 | | Répondre
  • C'est une poésie forte et belle, en dépit (ou à cause) du thème difficile.

    Posté par aifelle1, 13 janvier 2014 à 06:22 | | Répondre
    • Oui, Aifelle, ce sont les termes qui conviennent à ce poème : fort et beau.

      Posté par Martine, 13 janvier 2014 à 07:25 | | Répondre
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