20 octobre 2013

LA POÉSIE DANS LE BOUDOIR : Sabine Péglion

LA SAISON AMÈRE DU FROID

Nous ne savons rien
nous ne savons rien de la douleur
la saison amère du froid
(La mort de G. Apollinaire, T. Tzara)

Apaise-toi
Voici le temps venu
de trouver     d'accepter
d'autres lumières
vers d'autres terres

 

Partir en cette absence
À la racine du vent
- Quoi de soi-même
et de la route menée
espérer ? -

Partir au plus profond silence
enfoncer son visage
parmi les algues sombres

Peu importe la nuit
il faut nager plus loin

Partir avec confiance
spirales du soir descendu
s'y dissoudre
pour oublier le jour

Peu importe ce vide
puisqu'il faut s'y résoudre

************

Sabine Péglion

Sabine Péglion est née à Monaco le 17 janvier 1957. Une maîtrise de lettres à Nice, puis une thèse de doctorat à la Sorbonne sur l’œuvre de Philippe Jaccottet lui ont permis de concilier écriture, poésie et enseignement. A présent, elle vit et enseigne en région parisienne. Elle a publié dans diverses revues : Poésie Terrestre, Voix d’encre, Interventions à Haute Voix, Encres vagabondes, Les Lettres Françaises, Étoiles d’encre, Esprits poétiques, Les Carnets d’Eucharis (septembre 2009 et mai/juin 2011) Terres de femmes, Mouvances.ça .

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02 juin 2013

MARCHÉ DE LA POÉSIE - PARIS 2013 ; Maria Desmée

Maria-Desmee

Maria Desmée est née en Roumanie. Elle s’est établie en France en 1985, et se dédie particulièrement à la création plastique. Sa peinture s’expose à travers le monde (Europe, États-Unis, Chine). Artiste-graveure, elle est aussi éditrice de livres d’artiste, passage obligé pour celle qui manie la métaphore picturale et poétique. Rédactrice et cofondatrice de la revue Sapriphage (1986-2001), En 2010, elle publie son premier recueil, Festins de lumière, éd. Corps-Puce. Diagonale du désir, couplant poèmes et peintures, est paru aux éditions mazette en avril 2012.

"Depuis longtemps, la plasticienne Maria Desmée œuvre dans la proximité des poètes, une proximité qui a donné lieu déjà à plusieurs ouvrages réalisés en compagnie, pour n’en citer que quelques uns, des poètes Werner Lambersy, Vénus Khoury-Ghata, Bernard Noël, Jean-Pierre Verheggen ou Parviz Khazraï. Festins de lumière apparaît comme le premier livre où l’artiste opère une fusion entre peinture et poésie, proposant ses propres poèmes en résonance à son travail plastique, présent ici par six reproductions couleur. L’entreprise est osée. Elle balaie cependant cette frustration que peut ressentir quiconque regarde un tableau abstrait, cherchant à le revêtir de mots. Qui, mieux que le peintre lui-même, est à même de commenter son œuvre, fusse poétiquement ? Festins de lumière réussit pleinement cette symbiose. Langue et pinceau participent d’un même désir de lumière, à travers le travail continu de métamorphose des éléments. Le foyer ici, c’est celui de la création, qui mêle braises, sève, rayons solaires à l’éruption des sens. « Tout est là », écrit Maria Desmée. Tout prend corps du désir, comme dans ces mélanges de couleurs commandés par des gestes pulsionnels qu’on sent libératoires. Il y a là la chaleur d’une forge insufflant la vie aux formes. Curieusement, les vers de Maria Desmée sont très descriptifs, porteurs d’images figuratives venues étayer ses peintures abstraites : «  Le jour s’incline en révérence / un crépuscule s’affirme souverain / il embrase le ciel / d’un ballet de couleurs. » Festins de lumière distille un lyrisme communicatif. Tenant le livre en main, il s’en dégage une chaleur productrice d’énergie. Et c’est revigorant." 
Extrait lu chez Poezibao (ici)

Marché de la poésie 2013

Maria Desmée sera présente au Marché de la Poésie
du  jeudi 6 au dimanche 9 juin.
Le programme ICI

 

 

 

Il y a toujours une frange
où ici et ailleurs n'en font qu'un
le bord d'une falaise
le bord d'un océan
comme le bord de la langue
où le territoire des non-dits échoue.

Il y a le mur qui commence
un espoir en exergue

Il y a le moi qui oublie le je
qui joue avec moi au bord de la faille
où la ligne qui nous sépare nous unit

Être nous dispense de tout
même de nous-mêmes.

Dans le précipice de la nuit
se racontent les rêves des étoiles

Dans l'immensité du désir
je te traverse
à l'entrave des mots,
qui scellent ma demeure
et demeurent sur quelque chose
qui interroge mes pas

Il y a un bord d'océan
dans chacun
d'où on part
ou l'on échoue.

Posté par C Martine à 05:59 - - Commentaires [17] - Permalien [#]
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