28 mai 2014

PERSONNE NE ME VOLERA CE QUE J'AI DANSÉ ; Hélène Darroze

personne ne me volera ce que j'ai dansé

Personne ne me volera ce que j’ai dansé
Textes et recettes : Hélène Darroze
Photographies : Jérôme Delafosse
Stylisme : Coco Jobard
Direction artistique : Bernard Pénalba
Le Cherche Midi (14 octobre 2005)
364 pages

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Livre d’art. Livre d’arts.

Art de l’écriture. Celui d’Hélène Darroze, qui dédie aux amours de sa vie ce magnifique ouvrage. Elle évoque autant ceux qui ont précédé sa vocation et son succès de chef de cuisine, que ceux qui édifient sa vie de femme, ceux qu’elle a aimé, ceux qui l’ont aimée, ceux qui l’aiment toujours et qu’elle aime. Défilent, dans cette « galerie », autant son arrière-grand-mère que les hommes qui ont éveillé ses sens. Avec pudeur, avec respect, avec amour.

personne ne me volera

Art de la cuisine. Celui, aussi, de l’auteur de ce livre. Hélène Darroze est chef cuisinier. Cuisinière, dit-elle. Trois convictions l’animent. Cuisiner c’est vivre et vivre c’est cuisiner. « L’émotion est le point de départ, l’authenticité est le fil conducteur, la créativité reste le moyen d’expression ». Cuisiner c’est une passion. « Je suis faite de traditions, je me nourris de l’éducation que trois générations de cuisiniers m’ont inculquée, je respecte avec beaucoup d’humilité ce que la terre de mes ancêtres m’a légué ». Cuisiner c’est être authentique. Et c’est dans le choix des produits qu’elle magnifie qu’elle le prouve.

2014

Art de la photographie. Celui de Jérôme Delafosse, exceptionnel complice d’Hélène Darroze, qui met en valeur ce qu’elle valorise… avec art. J’aurais aimé être marmiton, le jour où ces deux-là se sont rencontrés. Le jour où ils ont bâti le projet de ce livre.

Art de l’émotion. Des émotions. Dans cet ouvrage somptueux, toutes les catégories de lecteurs passionnés se retrouvent : ceux qui aiment les belles lettres d’amour, celles qui sont écrites avec le cœur ; ceux qui aiment mijoter, mitonner, célébrer la bonne chère ; ceux qui aiment s’émerveiller devant une photographie.

Hélène Darroze ne peut être qu’une femme de passion. De passions. Elle manie plume et cuillère avec autant d’aisance. Encore que je ne connaisse pas sa cuisine, mais son palmarès est convainquant. L’écriture est directe. Ce livre est un subtil entrelacs d’évocations du passé, de lettres d’amour et de recettes de cuisine que l’auteure exprime à la première personne en s’adressant directement à son interlocuteur, dont il est facile de comprendre qu’il est son amoureux.

Un superbe livre à offrir, ou à se faire offrir…

Posté par C Martine à 09:06 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
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20 mars 2013

DANIEL MORDZINSKY : un portraitiste argentin talentueux

Daniel Mordzinski

J'ai eu l'occasion de rencontrer Daniel Mordzinsky au Festival America (c'est là que j'ai pris cette photo). Aux côtés d'auteurs chiliens et argentins (Luis Sepulveda, Elsa Osorio, Eugenia Almeida...), il défendait cette écriture sublime, née des dictatures et des répressions, ces cris d'espoir germés dans le terreau du désespoir. Lui-même porte l'âme des écrivains, soutient leur plume, en dressant d'eux de saisissants portraits photographiques.

Daniel a co-signé avec Luis Sepulveda "Dernières nouvelles du Sud", paru chez Métailié en avril 2012. C'est la chronique d'un voyage au sud du 42° parallèle... que les deux compères ont accompli avec, en tête, une devise patagone : "Se hâter est le plus sûr moyen de ne pas arriver". Ensemble, ils ont écrit "un recueil de nouvelles posthumes", comme le dit Sepulveda. Les photographies de Daniel ponctuent les propos de Luis. Un livre d'une belle splendeur !

Daniel Mordzinsky est un personnage aimable, facétieux, charmeur, chaleureux, un brin taquin. Comme on peut le lire sur la 4° de couverture de Dernières Nouvelles du Sud, il travaille depuis trente ans à un ambitieux "atlas humain" de la littérature.

Et voilà précisément l'objet de ce billet. Hier, RUE 89 CULTURE (ici) évoquait "la colère et la peine" du fantastique photographe : 50 000 photos, prises entre 1978 et 2006, ont disparu du bureau du Monde à Paris, où il conservait des milliers de négatifs et de diapositives originales. "Vingt-sept ans d'attentes, d'espoirs, de noeuds dans la gorge, de nuits blanches, d'angoisses". Pour Daniel, il s'agit d'un "profond mépris pour un travail qui fait partie de la mémoire de notre culture contemporaine".

El Tiempo.com (ici) de ce matin relaie l'information, et Daniel, sur son site, explique ce qui vient de se passer (ici).

Acceptez-vous de relayer ce billet sur vos blogs, sites, pages FB, Twitt... Il faut que cette ignominie soit connue ! Je vous en remercie et, à la manière de la dédicace que Daniel m'a accordée : "Con un abrazo"

Une galerie de photos, prises par Daniel Mordzinski ici

Posté par C Martine à 08:40 - Commentaires [2] - Permalien [#]
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