08 mars 2015

CAHIERS/PENSÉE DU JOUR : 8 mars ¨ Aujourd'hui féminité

 

2015

Au vocable de féminité, je préfère celui de féminitude. Le premier me fait penser aux injonctions parentales – souvent inconscientes – pour que fillette devienne femme. Une vraie, cela va sans dire : avec tous ses attributs, et quelques rimes adéquates : maternité, fatuité, beauté… Le deuxième, rime avec plénitude, attitude, rectitude… Il est ancré dans  l’humain, dans ce qu’il a de plus profond, qui n’est ni mâle, ni femelle. Qui n’oppose pas la femme à l’homme. Qui développe ce que chaque être possède en lui, autant de part masculine que de part féminine. Sans divergence, mais avec singularité. 

© Martine Littér'auteurs - 8 mars 2015

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Les 366 réels à prise rapide correspondent à un exercice d’écriture de Raymond Queneau tiré des Exercices de Style. Il s’agit d’écrire chaque jour un texte sur un thème proposé sous la forme “Aujourd’hui [quelque chose]“.


Les règles sont les suivantes : écrire sur le vif, ne pas écrire plus de 100 mots, rapporter des éléments réels de sa journée sans en inventer et sans se référer à un jour antérieur, suivre la thématique de la date correspondante. La liste des thèmes et le règlement sont ici

La bande des "aujourd'hiens" et des "aujourd'huistes", répertoriée à ce jour (clic sur le nom de leur blog) :

Valentyne, sur son blog "La jument verte", Fred Mili, sur "Histoire et Nouvelles", Marlaguette, sur "Destinée de pacotille", Jacou, sur "Les mots autographes", Dominique, sur "Un esprit sain dans un corsage", Asphodèle, sur "Les lectures d'Asphodèle, les humeurs et l'écriture"Martine, sur "Mon carnet à Malices" Croc, sur "Des mots et des images", Rebecca Zartarian-Arabian, ICINadael sur « Les mots de la fin« . Prudence Petitpas, ICI, Marie-Jo64, sur Mijo espace

Prochain épisode : 9 mars¨ Aujourd'hui debout dans


23 avril 2014

MACULÉE CONCEPTION, Mélanie Chappuis

MACULEE CONCEPTION CHAPPUIS

Maculée Conception
Mélanie Chappuis

Éditions Luce Wilquin (19 janvier 2013)
Collection Sméraldine
224 pages

 

Maryam, fille d’Hannah et de Joachim. Maryam, amante de Barabas. Maryam, épouse de Joseph. Maryam, mère de Yechoua.

Maryam, une femme, révélée par l’étreinte de Barabas. Maryam, une femme que la maternité va éveiller.

Maryam, 17 ans, enceinte des œuvres de son amant. Mariée à Joseph, veuf et déjà père. Épousée pour être sauvée de l’opprobre. Maryam, fille-mère. Barabas emprisonné par les soldats d’Hérode. Mort, peut-être. Barabas rebelle. Père qui ne sait pas.

C’est le lent et violent processus d’attachement/séparation que Mélanie Chappuis décrit ici.  C’est aussi l’évolution du sentiment de possession / dépossession qu’elle dépeint.

En prenant appui sur la référence biblique de l’immaculée conception, l’auteure place Maryam dans une interface relationnelle complexe : ses parents, et notamment sa mère, Joseph, Barabas, Yechoua et Dieu. Mais pas le Dieu tout-puissant duquel Marie, la mère du Christ, est captive. Yechoua n’est ni le fils de Dieu, ni le fils – même adoptif – de Joseph. Yechoua est le fils de Maryam et de Barabas. Et, avant tout, Yechoua est le fils de Maryam.

Ce roman est celui de la maternité, qui crée la femme. De l’amour, qui crée la femme. De la liberté, qui crée la femme. En accompagnant son fils vers l’adultité, pas à pas, années après années, épreuves après épreuves, Maryam, l’exclusive, Maryam, la possessive, apprend le renoncement et la distance de la mère avec son enfant.

Un roman que j’ai lu, le souffle court. Que j’ai lu, les yeux rivés aux mots. Que j’ai lu, le cœur battant. Que j'ai lu, les émotions palpitantes.
Que j’ai lu.

Lu.

La féminité, c'est cela. Oui
La maternité, c’est cela. Oui
La liberté, c’est cela. Oui