09 février 2014

LA POÉSIE DANS LE BOUDOIR : Robert Desnos

CORPS ET BIENS DESNOS

Corps et bien
Robert Desnos
La bibliothèque Gallimard, 2005, 320 pages

 

 

 

UN JOUR QU’IL FAISAIT NUIT


Il s'envola au fond de la rivière.
Les pierres en bois d'ébène les fils de fer en or et la croix
sans branche.
Tout rien.
Je la hais d'amour comme tout chacun.
Le mort respirait des grandes bouffées de vide.
Le compas traçait des carrés
et des triangles à cinq côtés.
Après cela il descendit au grenier.
Les étoiles de midi resplendissaient.
Le chasseur revenait carnassière pleine de poissons
sur la rive au milieu de la Seine.
Un ver de terre marque le centre du cercle
sur la circonférence.
En silence mes yeux prononcèrent un bruyant discours.
Alors nous avancions dans une allée déserte où se pressait la
foule.
Quand la marche nous eut bien reposés
nous eûmes le courage de nous asseoir
puis au réveil nos yeux se fermèrent
et l'aube versa sur nous les réservoirs de la nuit.


La pluie nous sécha.

 

Langage cuit (1923)

Posté par C Martine à 00:31 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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