18 janvier 2013

MERCI, Daniel Pennac

Je choisis de commencer le challenge initié par George par la présentation de "Merci". Parce que oui, merci à George d'avoir lancé ce défi qui vient à point pour stimuler mon envie de relire l'oeuvre de Daniel Pennac que je viens de recomposer dans ma bibliothèque il y a peu. Je pense avoir presque tout lu de cet auteur pour lequel j'ai une grande admiration. Je le considère comme un écrivain "complet", capable de s'adresser à un lectorat d'âges différents, aux intérêts divers. Merci à Daniel Pennac de proposer avec un tel bonheur autant de diversité, autant de qualité, autant de réflexions sur la vie.


Merci, Daniel Pennac

Un beau matin, l'envie m'a pris d'écrire une variation autour du mot "merci". J'ai donc imaginé le monologue d'un lauréat primé pour l'ensemble de son oeuvre et contraint aux remerciements officiels, le pauvre.
Or, voilà que deux ans plus tard, je me retrouve dans un théâtre, seul en scène, à devoir dire moi-même ce monologue ! Ce n'est pas mon emploi, je n'ai jamais voulu faire l'acteur : j'ai failli mourir de peur.

On trouvera ici le récit de cette aventure théâtrale. Titre : Mes italiennes. On y trouvera aussi la réédition de Merci et le texte tel que je l'ai adapté pour le jouer, sous la houlette de Jean-Michel Ribes.

D.P.


"Merci", je l'ai vu et entendu avant de le lire... C'était le 5 février 2006, à Bourgoin-Jallieu, en Isère. Daniel Pennac, s'il n'a jamais voulu faire l'acteur (il affirme qu'une "vague expérience de jeunesse [l']en a dissuadé"), s'est fort bien employé à donner un spectacle haut en couleur. À l'origine, l'exercice devait être une lecture publique, exercice auquel Pennac est accoutumé en qualité d'ancien enseignant. Certes, il aurait préféré être lu. Ou joué.

C'est dans la deuxième partie de l'ouvrage, intitulé "Mes Italiennes" que Daniel Pennac dévoile par quels procédés il a du passer pour adapter son monologue : "couper", explique-t-il, l'introduction, les didascalies, les énumérations, les explications superflues, les développement inopportuns, les transitions inutiles... "11 922 mots réduits à 8 550, soient 3 372 mots sacrifiés sur le champ d'une bataille impitoyable". Mais Pennac prend bien soin de "s'excuser" auprès du lecteur : les "interventions de l'auteur [sont] nécessaires à la métamorphose du lecteur en spectateur".

"Merci", Daniel Pennac l'a écrit en 2004. L'idée lui "en était venue en grimpant l'escalier de mon bureau. Un de mes rares textes spontanés, en fait, une envie immédiatement réalisée, matérialisée par un personnage très indéfini, ce lauréat théorique, né du mot "merci", ce vieux râleur en quête d'on ne sait quoi et qui m'envoyait maintenant remercier à sa place, moi, un individu en chair, en os, et en tripes désormais liquéfiées".

Ce "merci", alors ? à qui le dit-il ? comment le dit-il ? Le récit, et le spectacle auquel j'ai assisté, c'est un florilège de remerciements, "un genre centrifuge, au sens ondulatoire du terme. Comme un caillou qu'on lance dans une mare, le remerciement fait des cercles... centrifuges, de plus en plus;;; larges... de plus en plus éloignés du centre". Tout le monde y passe : les notables, les importants, le jury, puis le public, puis l'"équipe"... (à ce point de l'ordre de passage, Pennac fait une petite digression vers la gent ministérielle : "un ministre ne parle jamais au nom de son équipe [...], un ministre n'attend jamais qu'on le félicite [...] se féliciter - et à la seule première personne du singulier - est exclusivement ministériel".

Ce monologue, dans lequel la plume de Pennac se fait acérée, aigre parfois,caustique souvent, espiègle aussi, est un délirant mais réaliste brocard contre les convenances que personne ne prend pour argent comptant, mais sans lesquelles les relations humaines bienséantes seraient complètement traumatisées. C'est vraiment de la belle ouvrage que Daniel Pennac a réalisé là : un véritable traité de philosophie sociale ! Et avec quel humour !

Mille mercis, Monsieur !

Premier billet, pour le challenge. Premier plaisir d'avoir retrouvé Pennac.

challenge-daniel-pennac

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15 janvier 2013

CHALLENGE DANIEL PENNAC, chez George

challenge-daniel-pennac

Là, je ne peux pas faire autrement ! Impossible de laisser passer un tel régal ! Pennac ! Il n'y a qu'un roman de lui à propos duquel je suis passée complètement à côté. Mais je ne dévoile rien ! Je me suis inscrite Chez George pour un challenge. Je n'ai pu que choisir la 3ème catégorie ! Trop tentant de partager, beaucoup beaucoup...

Voici ce qu'elle propose (mais allez plutôt voir chez elle)

1. La Petite marchande de prose : 1 à 3 livres

2. La Fée Carabine : 4 à 6 livres

3. Au bonheur des ogres : 7 et plus

Toute l’œuvre de Daniel Pennac, jeunesse comme adulte, entre dans ce challenge, ainsi que ses essais.

Alors, à très bientôt ! 

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LE MARDI SUR SON 31 : AU TABLEAU ! de Frigyes Karinthy

le mardi sur son 31

C'est une initiative que Sophie a prise en avril 2012, et qui suit son bonhomme de chemin avec de nombreux(ses) blogeurs(euses) qui y participent. Au hasard de mes zappings dans la blogosphère, l'information m'est seulement arrivée la semaine dernière.

"L'idée est simple, tous les mardis, vous ouvrez le livre que vous êtes en train de lire à la page 31 et vous choisissez une phrase. Elle peut être révélatrice du roman, vous plaire par son style, vous déplaire... Bref vous êtes libre ! 

Le but : se faire plaisir dans un court billet et parler rapidement de sa lecture du moment !" 

J'ai eu envie d'entrer dans la ronde, alors... c'est parti !

Je suis en train de lire : AU TABLEAU ! de Frigyes Karinthy

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Page 31

"Puis il ramasse sur son banc un tas de cahiers et, tout en marchant dans la petite rue de la rangée des bancs, il pense : "aplusbéparamoinsbé égale acarrémoinsbécarré"."

Cette citation reflète précisément l'atmosphère de ce court opus, écrit au début des années 1900, par un prosateur, poète, journaliste et traducteur hongrois, qui demeure de nos jours l'un des auteurs les plus importants de ce pays. Chaque page est une délicieuse bouchée d'humour sur le monde scolaire vu du côté des élèves. Eh bien, au siècle dernier, on s'inventait déjà des petits maux pour échapper au contrôle, on redoutait l'interro surprise, on guettait le bulletin scolaire... Chaque chapitre présente quelques uns des épisodes de la vie d'un collégen au bahut et ça n'est pas du tout obsolète et vieillot ! Une véritable friandise !

 

 

 

 

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13 janvier 2013

RENCONTRES POÉTIQUES : Xavier Hanotte

T.

 

Tu existes sûrement
Mais pas pour moi.

Alors je tente
De te suivre
À travers rêves
À travers encre.

Qu'importent la distance
Et tes grands silences.

Je t'écris.

Fragile et mince
Telle cette page
Tremblante et vaine
Où je te couche
Au bruit feutré des mots.

Ventre de soie
Griffé d'entailles
Cuisses de papier
Cloche de tram
Lueurs de lampes
Et de regrets.

D'autres me disent
Qu'ils te connaissent
Que tes yeux gris
Les ont croisés.

Sombre injustice - 
Mais s'ils te voient
Moi seul t'entends
Et t'espère
Sans vraiment y croire.

Xavier Hanotte
Poussière d'histoires & bribes de voyages - Le castor astral, 2003

modigliani

Amadeo Modigliani

 

 

Merci à Anne pour le cadeau qu'elle m'a fait de ce recueil des poésies d'un auteur belge;

"Comment un romancier - ou présumé tel - pourrait-il s'amouracher d'un de ses personnages, le plus imaginaire d'entre tous ? Surtout quand celui-ci n'a vraiment rien d'un canon et tout d'un caractère plutôt rugueux ? Et un petit nom imprononçable ? Ce n'est pas raisonnable me direz-vous. Je ne suis pas raisonnable, vous répondrai-je. Facile. Et puis, j'ai le temps. Et surtout, j'ai fait pire."

 

Le dialogue poétique est ouvert ! Laissez, en commentaire, un poème en réponse à celui-ci !

Règle du jeu ici.

POÉTISONS

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10 janvier 2013

LE KOALA TUEUR et autres histoires du bush, Kenneth Cook

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En quête d'une bonne tranche de rire ? Il n'y a pas à hésiter : humour garanti !

Kenneth Cook, décédé en 1987, était un journaliste, réalisateur, scénariste, écrivain australien. fondateur d'un parti politique opposé à la guerre du Vietnam. C'est aussi lui qui a ouvert une ferme de papillons dans son pays.
Kenneth Cook, à mon avis, c'est un type qui se marre bien. Mais c'est aussi un écrivain qui décrit sa vie et ses aventures dans le bush avec une sorte de réalisme lucide, féroce et hilarant qui empêche de fermer le recueil, même quand on tombe de sommeil et que l'on NE baille PAS d'ennui. Impossible de refuser de se délecter à la lecture de ces 15 nouvelles, toutes plus jubilatoires les unes que les autres. Impossible de se retenir d'éclater de rire au mieux, de sourire au pire. Mais je n'ose même pas imaginer ce pire !

Si vous voulez tout connaître de la vie sexuelle des crocodiles, de la manière de guérir l'occlusion intestinale d'une éléphante, si vous voulez éviter de vous faire kidnapper par un chameau, de vous faire étouffer par un boa constrictor même avec un diplôme agréé de montreur de serpents, si vous voulez la recette pour vous tenir correctement devant un sanglier furibond, échapper à la rage d'un chat prénommé Cédric... 

Si vous voulez... résister à l'étreinte mortelle et pas très décente du koala...

Il ne faut pas tergiverser ! Votre libraire préféré se fera un plaisir de vous proposer Le Koala tueur de Kenneth Cook.

C'est de ce recueil que je tirerai prochainement un billet pour le au challenge "Je lis des nouvelles et des novellas" organisé par Lune.

C'est ce recueil, parmi d'autres, que vous retrouverez dans cette rubrique.

 

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07 janvier 2013

JE DIS AUX FEMMES QU'ON VA FAIRE UN TOUR, Raymond Carver

C'est une des nouvelles de Raymond Carver que je vais ici présenter. UNE nouvelle, mais DEUX versions de la même écriture. Celles et ceux qui ont lu "Ciseaux" de Stéphane Michaka, celles et ceux qui se sont intéressés peu ou prou à la vie de Carver, savent que le célèbre novelliste s'est, tout au long de sa vie d'écrivain, heurté à son éditeur Gordon Lish (lequel lui a quand même procuré la notoriété). Alors que Raymond Carver opte pour une écriture généreuse, son éditeur prône le minimalisme, en vogue à cette époque (1950). 

 

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Neuf histoires et un poème est la traduction des nouvelles écrites par Raymond Carver, mais revues et corrigées par Gordon Lish. Débutants est celle des nouvelles textuellement rédigées par Carver. Dans l'un et l'autre des ouvrages, on peut lire "Je dis aux femmes qu'on va faire un tour".

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Bill et Jerry sont amis depuis l'enfance : école primaire, collège, lycée technique, amourettes, jobs d'été, voiture... ils ont tout partagé. Mais la vie se charge de désassembler ce couple de bons potes. Jerry se marie et Bill se sent un peu de trop entre les deux. Il prend des distances, puis rencontre à son tour la femme de sa vie. Les deux couples nouent de nouvelles relations amicales : apéros, barbecues, progénitures qui jouent ensemble... La vie de famille, quoi ! Celle qui est faite d'habitudes, de rituels, de routine aussi. Les deux compères de naguère s'aperçoivent que l'ennui s'est insidieusement installé dans leur ordinaire. Quoi de plus normal, un dimanche après un bon repas partagé, que d'aller faire un tour entre hommes ? Après avoir prévenu les femmes, ils partent en goguette, comme au bon vieux temps.

Impossible de prolonger ce résumé sans dévoiler la chute de cette nouvelle, magistralement écrite. C'est le plus banal des quotidiens que Raymond Carver entreprend de peindre. L'intrigue est simplifiée à son maximum dans l'insignifiance et la platitude. On pourrait même parler de médiocrité. L'Amérique, présentée décadente, l'alcool, les petites et grandes misères, les p'tits boulots, les p'tites nanas, les vies bosselées.

Et si Carver avait écrit les fantasmes de son autobiographie ? C'est "son" monde qu'il dévoile, ses frustrations, sa violence, Jerry et Bill embarqués dans une ribote qui tourne à l'horreur, au tragique.

C'est cette question qui me ramène à mon introduction. Lequel de ces deux textes reflète le mieux l'âme de Carver ? La plume est compendieuse, lapidaire, dans l'un comme dans l'autre. Mais l'épilogue de la version "chaponnée" par Lish offre un dénouement émasculé... Chaponné, émasculé... ça manque évidemment de virilité ! Alors que c'est justement la masculinité dans son paroxysme monstrueux et destructeur que désigne l'auteur. Comme un fait. Pas de morale. Pas de regret. Du désespoir à l'état pur. C'est ce qui fait la force brute du "vrai" Carver. 


Et voici ma deuxième participation au challenge "Je lis des nouvelles et des novellas" organisé par Lune.

Je lis des nouvelles 

Dans cette rubrique, un index de T O U T E S les nouvelles que j'ai à lire !!!

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06 janvier 2013

RENCONTRES POÉTIQUES : Jean-Paul Valla

LES TRABOULES

 

Calme sombre et vorace
La traboule est un pont
En notre âme caché

La traboule est un lieu
Et une idée

L'ouverture de ce qui compte
À ceux qui savent

Jean-Paul Valla ; Bande Passante, 
Éditions de Belledonne - 2012

 

Traboule_Lyon

 

"La poésie de Jean-Paul Valla découvre par le regard, dans l'émotion des rencontres, tout un univers. Comme un miroir de l'être, ses mots sensibles en appellent aux mythes et aux images. Passionné d'art et de livres, complice de la nature, découvreur des villes, chaque jour et pour lui une énigme. Poète, peintre, acteur dans la cité, Jean-Paul Valla parcurt dans ses poèmes, entre ombre et lumière, un chemin initiatique". Paul Vieuget, directeur de la Mison de la poésie Rhône-Alpes.

 

POÉTISONS

 

Le dialogue poétique est ouvert ! Laissez, en commentaire, un poème en réponse à celui-ci !

Règle du jeu ici.

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04 janvier 2013

ON* POÉTISE ENSEMBLE ?

Chaque dimanche - et je ne suis pas la seule à le faire - je publie un poème ; je l'offre à la cantonade

C'est à cette "cantonade" que je m'adresse et à laquelle je propose de poétiser avec moi.

La règle du jeu est simple : en réponse au poème publié, on* met, en commentaire, un autre poème :

  • soit du même auteur
  • soit sur le même thème

Et on* donne ses références, bien sûr !

*on = cantonade

On* a aussi (et surtout) le droit de poétiser sur son propre blog.

 

POÉTISONS

 

 

 

 On* a le droit de se servir du logo pour dire qu'on* joue à poétiser.

 

 

On* a le droit de ne pas dire qu'on* joue.

On* peut jouer même si on n'a pas de blog.

On* a le droit de jouer de temps en temps seulement.

On* a le droit de pas jouer. (Encore heureux !)

 Rendez-vous dimanche prochain !

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03 janvier 2013

QUE TAL, Daniel Arsand

Sortie littéraire de janvier, chez Phébus
Illustration de couverture : Sam Francis, Composition (1963-1964)

Que Tal

 

Hommage au Chat. 

Après Charles Perrault, dans les "Contes de la mère l'Oye", après Chateaubriand et le chat Micetto que lui a confié le pape Léon XII avant de mourir, après  Théophile Gautier, dans la "Ménagerie intime", après Émile Zola dans le "Paradis des chats", après Guy de Maupassant dans "Sur les chats", après Colette dans "Matou" et "Douze dialogues de bêtes", après Marcel Aymé dans les "Contes du chat perché", après Boris Vian dans "Blues pour un chat noir", après Michel Tournier dans "Célébrations", après  Luis Sepúlveda dans "L'histoire de la mouette et du chat qui lui apprit à voler", après de nombreux auteurs étrangers (Edgar Allan Poe, Charles Dickens, Rudyard Kipling, Tennessee Williams, Patricia Highsmith...) après les poètes, Charles Beaudelaire, Charles Cros, Paul Éluard, Jacques Prévert, Maurice Carême, Jose Luis Borges, Pablo Neruda, après bien d'autres encore...

Daniel Arsand, libraire, éditeur, romancer, lauréat du prix Femina du premier roman en 1998, entonne aujourd'hui son ode au chat.

"Vous n'aimez pas les histoires d'amour ? Taisez-vous et tentez de comprendre. [...] Moi je parle d'un amour et de l'amour qui nourrit cet amour".

Ce chat, celui qui fait tant vibrer l'auteur-narrateur, c'est "Que Tal", "Comment ça va", en français. "C'est quelqu'un. Et je pèse mes mots. Je ne le remplacerai par aucun autre". 

RemplacerAI... un futur, pas un conditionnel ! Un futur qui donne sens à l'ensemble du roman. Que Tal ne sera jamais remplacé.Cet hymne est magistral de connaissance et de reconnaissance de cet "être d'habitudes [...] au pas de brume" qui "émerge d'entre des ombres, neigeux, royal, indifférent". Le chat est beau et les mots pour LE dire le sont aussi. Daniel Arsand ne les laisse pas parler au hasard : ils sont à la fois précis, concis et puissants. "Il renvoie au néant toute solitude"... Le lecteur le comprend vite : ce compagnon de l'homme possède, selon l'auteur (et je partage son avis) de formidables qualités qu'il conte, détaille, révèle sans anthropomorphisme aucun.

Mais ce n'est pas tout ! Le roman est découpé en quatre chapitres : si le premier et le dernier sont consacrés à Que Tal, le coeur est habité par le narrateur lui-même : "je suis las, dit-il... de me poser des questions, d'y répondre, du moins de le tenter, las d'échouer toujours, las d'être seul avec moi-même".Daniel Arsand examine, scrute sa vie décomposée, sa vie cabossée, emplie de morts qu'il ne sait pas chérir, de vivants qu'il ne sait pas aimer. "Je suis las d'être un fils, de l'avoir été, de l'être encore". C'est la part animale présente en lui qui le soutient, l'aide à vivre. C'est Que Tal, son double, son moi, son autre. "Part animale, sublime et inqualifiable, elle est invisible, et se meut en moi, sans m'appartenir; Solitude. Seul avec cette présence en moi, qui ne se livre pas...".

Belle et émouvante lecture, encrée de poésie, au rythme qui alterne l'esquisse et l'exposé, à la voix parfois haletante, parfois flegmatique, au timbre dissonant en même temps que fluide et harmonieux. Lecture curieuse, déconcertante, paradoxale, que j'ai aimée, qui m'a émue.

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01 janvier 2013

BONNE ANNÉE

Je ne vais pas chanter la marseillaise,

Ça créerait un malaise.

Je ne vais pas vous la jouer à l'anglaise,
à la portugaise,
à la hollandaise,
à la néerlandaise,
Ça ne serait pas vraiment balèze.

En synthèse
Et sans fadaise
Je vous souhaite une bonne année

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