14 avril 2013

LA POÉSIE DANS LE BOUDOIR : Albane Gellé

 

Yannick Le Quilleuc

Yannick Le Quilleuc - Grand Voile

 

les voix ça bourdonne ça grésille ça caquette et puis ça submerge rien à quoi s'accrocher c'est la mer sans terres autour sans rocher sans bateau sans bouée tout seul tout nu tout essouflé avec vraiment personne rien avec les paroles les vagues qui vont trop vite la peur de couler de ne plus respirer le manque de silence la rage de lutter la tentative de parler pourtant mais l'eau est froide et les conversations sans recours

Albane Gellé - L'air libre - Édition Le Dé Bleu (2002)

 

POÉTISONS


Le jeu

Poétisons ensemble...
La semaine dernière, AnneAnis Florence et Marilyne se sont jointes à moi pour faire chanter les mots. (clic sur leurs prénoms pour aller chez elles)
La règle du jeu est ici.

Plus nous serons nombreux à faire parler la poésie, plus elle restera vive, créatrice et porteuse de beauté.

 

 

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10 avril 2013

LA LIBRAIRIE ARTHAUD MENACÉE DE FERMETURE

arthaud

Ouverte en 1801, cette librairie Grenobloise, fait partie du patrimoine de la ville. Pas seulement du patrimoine littéraire, du patrimoine... tout court. Quel Grenoblois, intra-muros ou extra-muros (et bien largement à la ronde) n'a pas mis les pieds, une fois dans sa vie, à la Librairie Arthaud ?

C'est un monument... qui risque d'être sacrifié sur l'autel des profits, du manque d'objectif à long terme... qui n'a pas de problème financier (à ce que j'en sais).

À suivre.

Quelques liens :

 

Mais si vous en trouvez d'autres, si vous voulez réagir, n'hésitez pas en com.

Bon à savoir : Arthaud, c'est Chapitre, et Chapitre, c'est Actissia. 57 librairies en France dont 12 sont menacées...

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08 avril 2013

C'EST L'HISTOIRE DE PLUME ET DE CRAYON ; Charlie & Pouch

c'est l'histoire de plume et de crayon Charlie & Pouch

Plume et Crayon vont écrire un livre ensemble...il vont concevoir leur enfant...

Mais c'est sans compter avec l'indiscipline des lettres qui n'en font qu'à leur tête. Et elles sont si différentes les unes des autres ! Il y a les indépendantes qui veulent garder leur propre identité, il y a les timides, les râleuses, les sublimes, les moches. Il y a les amoureuses, les sanguines, les jalouses...

Un livre-douceur, un livre-tendresse, un livre-création, un livre-bonheur, un livre-complicité.

La complicité entre Plume et Crayon, la tendresse-amitié-amour...

De cette complicité, de cette tendresse, de cet amour, va naître un livre. Mais les embûches sont nombreuses, et toute la bande des lettres va s'appliquer à mettre des batons dans les roues.

 Et leur bébé sera le fruit de parties de jeux de mots, de course-poursuite entre la gomme, "cette mégère apprivoisée" et Crayon, De la connivence entre Plume et Crayon. Jusqu'à la chute... fatale...

Une chute que je ne dévoilerai pas. Ce serait casser l'eurythmie poétique de ce joli conte. Les mots de Charlie sont exquis, ils sont illustrés par la plume de Pouch, délicatement, subtilement.

C'est un livre-doudou que l'on peut lire à un enfant qui se blottit sous la couette, bien au chaud. C'est un livre qui emmène doucettement au pays des songes, peuplé de lettres qui s'interrogent, se regardent, se courent après, se renversent, dansent en rythme...

C'est un beau conte que l'on peut se lire, quand on est grand, quand on est super-grand, quand on est même super-super-grand, voire au delà. À l'âge où l'on croit à nouveau au Père Noël, et aux cloches de Pâques.

"La vie est si petite, et le rêve est si grand', écrivait Carmen Sylva, reine de Roumanie (qui est-ce ?).

 

 

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07 avril 2013

LA POÉSIE DANS LE BOUDOIR : Louis Dubost

 

Chagall tête au nimbe

Marc Chagall - Autoportrait (Tête au nimbe), 1911

 

 

Je n'ai plus la mémoire des mots.

Mais les balafres d'un seul m'ont naguère brûlé
définitivement la peau.

Depuis, je vis avec.

M'en voudrez-vous vraiment si, aujourd'hui encore,
j'aime mes ratures ?

Louis Dubost, L'évidence qui passe, Le Castor Astral, 2000

 


L'anecdote....

Louis Dubost est un grand amateur d’escargots. Et pas seulement au beurre aillé, mais dans toute l’acception et l’ambigüité du verbe « aimer ».« J’ai emporté mon enfance dans un escargot », écrit-il, poursuivant : « l’escargot, à la fois modèle de la fragilité par son corps et de la solidité par sa coquille, constitue une métaphore de la personnalité humaine ».

La biographie

Louis Dubost est né le 13 avril 1945 à La Clayette (Saône et Loire). Il a passé son enfance dans la campagne du Brionnais, puis son adolescence à Mâcon. Et suivi ses supérieures à Lyon. 
Il a été professeur de Philosophie à La Roche sur Yon en Vendée. 
Louis Dubost vit à Chaillé-sous-les-ormeaux où il a exercé une activité d’éditeur depuis 1974 jusqu’à très récemment, d’abord au sein de l’association Le Dé Bleu, et après 2004 en qualité de directeur littéraire aux Editions L’idée Bleue.


POÉTISONS

Le jeu

Poétisons ensemble...
La semaine dernière, Anne, Anis et Laurence se sont jointes à moi pour faire chanter les mots.
La règle du jeu est ici.

Plus nous serons nombreux à faire parler la poésie, plus elle restera vive, créatrice et porteuse de beauté.

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02 avril 2013

L'HOMME SEMENCE ; Violette Ailhaud

crest

1851... 2 décembre...Louis-Napoléon Bonaparte, élu président de la République deux ans auparavant, s'empare de la totalité du pouvoir. Le pays ne réagit que peu à ce coup d'État, sauf en Provence. La suite de cette partie méconnue de l'Histoire est ici.

En 1852, Violette Ailhaud est en âge de se marier quand son village des Basses-Alpes est brutalement privé de tous ses hommes par la répression qui suit le soulèvement républicain de décembre 1851. Deux ans passent dans un isolement total. Entre femmes, serment est fait que si un homme vient, il sera leur mari commun, afin que la vie continue dans le ventre de chacune.

Fiction ou réalité ? Les traces de l'auteure de ce très (très) court texte - 39 pages au format 10 x 16 - les traces de Violette Ailhaud se perdent sur les lieux mêmes où elle dit avoir écrit ce manuscrit (ici), en 1919, parce que pour la seconde fois en presque 70 ans, son village vient de perdre tous ses hommes. Mais que ce soit fiction ou réalité, là n'est pas l'essentiel.

Violette a 16 ans et demi, en 1851, elle est promise à Martin. Et Martin va disparaître dans cette tourmente répressive en même temps que les autres hommes. Violette n'a connu que les prémices de l'état amoureux, elle ignore tout de la rencontre des corps, du désir et du plaisir. "J'ai programmé notre relation comme un simple échange fonctionnel", écrit Violette.

L'homme semence - Violette Ailhaud

Quand l'homme arrive, toutes ces femmes au ventre stérile se tendent vers son potentiel séminatoire. Peu importe qui il est, d'où il vient... Et tout ce qu'elles ont rêvé, imaginé de cet homme pour redonner vie au village va s'accomplir. Tout ce qu'elles avaient prévu... sauf l'amour qui naît, violent et émerveillé dans le coeur de Violette. "Soudain je prends conscience du souffle de la respiration du Jean dans ma nuque. Je continue à tourner les pages, mais les mots du livre s'effacent. Je suis toute entière à l'écoute de ce vent léger dans lequel les cheveux échappés de mon chignon semblent jouer à se laisser boucler. Bien que nous ne nous touchions pas, je sens la chaleur du corps du Jean et son odeur."  

Jean a fait "le travail", parce que c'est "un travail d'homme". Parce qu'il aime le "travail bien fait". Mais, dit-il,  "je ferai ce travail sans amour, car l'amour je le garde pour nous."

Un court texte, sensuel et pudique. Ramassé. Dense. Des valeurs à partager : la liberté, le désir de vie, la solidarité, la résistance. Une écriture de femme.

Un coup de coeur pour moi.

 

L'homme semence. Violette Ailhaud - Éditions Paroles - Collection main de femme - 6ème édition : juin 2012

 

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01 avril 2013

QUELQUES PAS DANS LES PAS D'UN ANGE ; David McNeil

David McNeil, pour celles et ceux qui, comme moi, vivent hors-people, pourrait être un ALNI (auteur littéraire non identifié). En réalité, son père était un "Maître", et ses prestigieux interprètres le qualifient aujourd'hui de "Maître". Avant de passer à l'objet principal de ce billet, il me semble important de donner quelques éléments de sa bibliographie.

David McNeil, est surtout connu comme parolier, interprète aussi. Parolier de Montand, Souchon, Distel, Charlebois,Clerc, Dutronc, Voulzy, Renaud...

Interprète, David Mc Neil ?

En voici la preuve, qui servira d'indice et d'introduction à l'objet de ce billet. 

 

David McNeil est en effet le fils de Marc Chagall. Et David est aussi écrivain : romans, livres pour la jeunesse, depuis 1977... 

david-mcneil-quelques-pas-dans-les-pas-d-un-ange

Quelques pas dans les pas d'un ange, paru en 2003, c'est le récit de la relation de l'auteur avec l'auteur de ses jours. "Ce livre est court, beaucoup trop court. Il raconte les rares moments que j'ai pu passer avec celui qu'autour de oi tout le monde appelait "Maître" et que moi j'appelais simplement papa..."

Court, certes, mais nourri des souvenirs d'enfance, tendres, parfois douloureux. David est un des enfants nés du deuxième mariage de Marc Chagall avecValentina Brodski. Sa première épouse, Bella Rosenfeld, sa muse, est décédée brutalement pendant leur exil aux États-Unis. "Tout est devenu ténèbres".Mais Valentina Brodski, quittera Marc Chagall pour un photographe et emmènera ses enfants en Belgique. Ida, la première fille du peintre, imaginant que son père n'est pas en mesure de supporter la solitude, joue les marieuses en lui présentant celle qui deviendra sa troisième femme : "Elle", comme la nomme l'enfant (et plus tard l'adulte) qui vient passer quelques jours de ses vacances auprès de son père. Cette manière de la désigner montre le peu de sympathie qu'il éprouve pour cette femme qu'il décrit comme rigide, intolérante... une véritable gorgone ! 

Ce livre, à petits traits, emmène son lecteur dans l'univers du peintre, vu par les yeux de son fils. Pas de détails intimistes, mais plutôt une délicate plongée dans un monde d'artistes. On y rencontre Picasso :

"Aimez-vous Picasso ? demanda un jour un jeune journaliste à papa.
- Si Picasso m'aime, moi je l'aime aussi, répondit mon père."

On y croise Matisse, avec lequel Chagall s'était brouillé pour une histoire de chapelle. "La cause de la brouille entre les deux amis est stupidement simple :papa voulait le petit sanctuaire sur la route de Coursegoules pour en faire une chapelle comme Cocteau à Villefranche et on lui avait bêtement refusé, donnant le feu vert à Matisse pour ériger la sienne." On craint pour la vie de Soutine, lorsque, pour terminer sa célèbre toile du "boeuf écorché", il l'arrose de sang frais et que Chagall pense à un assassinat en voyant le sang filtrer au plafond. On comprend pourquoi, à la fin de sa vie, il a peint une multitude de glaïeuls : " "Elle" lui expliqua un jour que ses sujets bibliques, ses vieux juifs miséreux dans leur shtetls en ruine, ses rabbins déprimants serrant de vieilles torahs dans des cases en rondins n'intéressaient personne et fichaient le cafard aux enfants de ces gens qui vivaient maintenant dans des appartements sur la Cinquième Avenue et plus dans les ghettos, que ça se vendait mal, ce que les gens voulaient c'était du bonheur, des couples d'amoureux et des bouquets de fleurs, qu'il était évident que s'il peignait comme ça, il pouvait faie des vues de Saint Paul plutôt que de Vitebsk...".

Alors voilà...

Il me reste maintenant à dévoiler ce qui a motivé la lecture de ce livre. C'est au sortir de quelques trop brèves heures passées au Musée du Luxembourg, que, dans l'émotion ressentie, j'ai eu envie de chercher le mystère de l'homme.

chagall exode

L'exode est sans doute la toile qui m'a le plus troublée. Je n'ai aucune compétence pour en faire l'analyse, mais j'ai été frappée par ce fourmillement de mains blanches (que le visuel ne rend pas vraiment) dans ce tableau sombre qui met en scène la crucifixion, symbole de la souffrance humaine, thème récurrent chez Chagall. Dans d'autres oeuvres, il mêle à ce thème de l'iconographie chrétienne des objets rituels du judaïsme tel le tallit (châle de prière) autour de la taille du Christ, le chandelier à sept branches, la mézouza (symbole de la protection que Dieu accorde à la maison, ses habitants et ses visiteurs)

Chagall bella et ida à la fenêtre

L'exposition Chagall "Entre guerre et paix", est ouverte jusqu'au 21 juillet. Le parallèle entre les images de guerre et les images de paix révèle la complexité d'une oeuvre qui ne se réduit jamais à un genre donné, mais intègre les évènements, les situations et les émotions de l'artiste. Ainsi, selon les circonstances, Chagall visite et revisite certains thèmes, les enrichissant à chaque fois d'une dimension personnelle : sa ville natale de Vitebsk, les traditions juives de son enfance, les épisodes bibliques dont la Crucifixion, ainsi que le couple et la famille.

Chagall Dans la nuit

Commençant avec la Première Guerre mondiale, le parcours de l'exposition illustre quatre étape-clés de la vie et de l'oeuvre de Chagall : la Russie en temps de guerre, l'entre-deux-guerres en France, l'exil aux États-Unis et le retour en France.

 

Chagall Le paysage bleu

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31 mars 2013

LA POÉSIE DANS LE BOUDOIR : Silvia Baron Supervielle

sans aller vers la mer
ni venir vers le fleuve
ni traduire le murmure
momentané de l'ombre
sans reprendre l'aventure
à la dérive et l'amour
enfoui dans la tranchée
ni retrouver la plaine
suspendue aux étoiles
ni parler du territoire
de l'espace dépris
de son pays

Silvia Baron Supervielle - Autour du vide - Éditions Arfuyen (2008)

 


BARON SUPERVIELLE

Silvia Baron Supervielle est née à Buenos-Aires en 1934. Sa mère qui mourut lorsqu’elle avait un an était uruguayenne de descendance espagnole et son père était argentin de descendance française. Elle commença à Buenos-Aires son travail littéraire, en espagnol, sa langue natale, écrivant des poèmes et des nouvelles. En 1961 elle arriva en France et se fixa à Paris où, après une longue période de silence, elle poursuivit ses écrits directement en français et fit de nombreuses traductions de l’espagnol en français et vice-versa.

 

 

 


POÉTISONS

Je reprends mon rendez-vous hebdomadaire avec la poésie, et vous propose de poétiser avec moi en répondant en commentaire, soit par un poème du même auteur, soit par un poème sur le même thème. 

La règle du jeu est ici

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20 mars 2013

DANIEL MORDZINSKY : un portraitiste argentin talentueux

Daniel Mordzinski

J'ai eu l'occasion de rencontrer Daniel Mordzinsky au Festival America (c'est là que j'ai pris cette photo). Aux côtés d'auteurs chiliens et argentins (Luis Sepulveda, Elsa Osorio, Eugenia Almeida...), il défendait cette écriture sublime, née des dictatures et des répressions, ces cris d'espoir germés dans le terreau du désespoir. Lui-même porte l'âme des écrivains, soutient leur plume, en dressant d'eux de saisissants portraits photographiques.

Daniel a co-signé avec Luis Sepulveda "Dernières nouvelles du Sud", paru chez Métailié en avril 2012. C'est la chronique d'un voyage au sud du 42° parallèle... que les deux compères ont accompli avec, en tête, une devise patagone : "Se hâter est le plus sûr moyen de ne pas arriver". Ensemble, ils ont écrit "un recueil de nouvelles posthumes", comme le dit Sepulveda. Les photographies de Daniel ponctuent les propos de Luis. Un livre d'une belle splendeur !

Daniel Mordzinsky est un personnage aimable, facétieux, charmeur, chaleureux, un brin taquin. Comme on peut le lire sur la 4° de couverture de Dernières Nouvelles du Sud, il travaille depuis trente ans à un ambitieux "atlas humain" de la littérature.

Et voilà précisément l'objet de ce billet. Hier, RUE 89 CULTURE (ici) évoquait "la colère et la peine" du fantastique photographe : 50 000 photos, prises entre 1978 et 2006, ont disparu du bureau du Monde à Paris, où il conservait des milliers de négatifs et de diapositives originales. "Vingt-sept ans d'attentes, d'espoirs, de noeuds dans la gorge, de nuits blanches, d'angoisses". Pour Daniel, il s'agit d'un "profond mépris pour un travail qui fait partie de la mémoire de notre culture contemporaine".

El Tiempo.com (ici) de ce matin relaie l'information, et Daniel, sur son site, explique ce qui vient de se passer (ici).

Acceptez-vous de relayer ce billet sur vos blogs, sites, pages FB, Twitt... Il faut que cette ignominie soit connue ! Je vous en remercie et, à la manière de la dédicace que Daniel m'a accordée : "Con un abrazo"

Une galerie de photos, prises par Daniel Mordzinski ici

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LA POÉSIE DANS LE BOUDOIR : Ana Blandiana au Salon du Livre 2013

                    printemps des poètes                          salon du livre

 

 

Sentier

Sentier droit
Frayé dans l'herbe
Par le peigne des pieds nus
Comme traversant les cheveux
De la terre,
Crâne réchauffé par le sommeil
Et prêt à s'effondrer
De l'automne, librement,
Comme de la vie, les vieillards.

Ana Blandiana - L'oeil de cigale (in Autrefois les arbres avaient des yeux) - 1981

19 mars 2013

LA POÉSIE DANS LE BOUDOIR : Ana Blandiana au Salon du livre 2013

                   printemps des poètes                    salon du livre

 

 

Soleil de l'insomnie

Soleil de l'insomnie,
Blanc métal fondu,
Insupportable sur la rétine,
Traversant la paupière,
Veille éclatante,
Regard sans le moindre espoir d'ombre
Me tenant suspendue
En haut, au-dessus de tous les sens,
Au-dessus du noir si doux,
Attenant, de l'enfer,
Dans la plus cruelle et impudique
Lumière
Dont je ne veux que
Tomber, tomber...

Ana Blandiana - Étoile de proie (in "Autrefois les arbres avaient des yeux") - 1985