26 août 2014

INGRÉDIENTS POUR UNE VIE DE PASSIONS FORMIDABLES ; Luis Sepúlveda

sepulveda ingrédients pour une vie de passions formidables

Le talent d’écriture de Luis Sepúlveda ne se dément pas dans cette liste d’ingrédients indispensables à sa vie de passion(s). Le « Viejo », comme il aime être appelé par ses enfants et petits-enfants, le vieux, le patriarche, propose un récit multi-facettes sur tout « ce » qui le fait intensément vibrer. Et tous « ceux » qui le font vibrer.

Une galerie d’écrivains et de poètes (mais l’un n’est-il pas l’autre ?) à faire pâlir tout amateur de bibliothèque idéale. Avec humilité, Luis Sepúlveda convoque les Grands qui l’ont fait cheminer dans ces temps de crise, comme l’énonce le titre original de ce recueil, « Escrituras en tiempo de crisis » : Haruki Murakami, Kenzaburo Oe, Baldomero Lillo, Ryszard Kapuściński, Pablo Neruda, García Márquez (Gabo pour les intimes, qu’un importun a déclaré « plus vieux et plus moche que le vrai »), Salvador Allende, Tonino Guerra (son ami et son maître)…

L’Écrivain-Citoyen-du-Monde propose au lecteur un voyage qu’il « narre [pour] résister ». Les années passent et vieillissent avec moi, explique-t-il, faisant sienne une phrase de Juan Gelman.

« La valeur que je donne aux mots m’a appris qu’ils ont un sens profond du respect humain et souffrent quand on les utilise mal ».

Le sens des mots. Sepúlveda le possède complètement. Pour narrer quelques anecdotes du quotidien. Pour évoquer sa famille et son rôle de père et de grand-père. Pour avouer sa relation ambivalente avec le Chili et sa non moins facile histoire avec l’Espagne, son pays d’accueil. Pour rédiger une « Lettre à un crétin ». Pour rendre un hommage vibrant au « Sud ». Pour interpeler la conscience politique des lecteurs. Pour les contraindre à ouvrir les yeux sur la réalité du Monde, à réagir et à penser. Pour dénoncer « les trolls qui s’introduisent obstinément dans les forums sociaux pour dire n’importe quoi, pour insulter, fausser, salir… ». Pour parler de l’histoire, la grande et la sienne.

 

« Un viejo que leía novelas de amor » fut le titre qui fit connaitre Luis Sepúlveda. J’intitulerais ce recueil de chroniques douces-amères : « Un viejo que decía novelas de amor ».

Et que les "novelas" de Luis Sepúlveda sont troublantes, émouvantes, vivifiantes, dérangeantes... et que j'ai aimé lire ces "novelas" !

Une lecture que j'ai partagée avec Marilyne (Lire & Merveilles, (clic), et ce partage est encore plus que ça.... 

En souvenir d'un festival... où nous avons rencontré... El Viejo...

En souvenir d'un 24 juillet que l'on fête en août.

 

Posté par C Martine à 20:06 - Commentaires [8] - Permalien [#]


Commentaires sur INGRÉDIENTS POUR UNE VIE DE PASSIONS FORMIDABLES ; Luis Sepúlveda

  • Quel beau partage ! Merci, Martine.

    Posté par Anne, 26 août 2014 à 21:18 | | Répondre
  • Oh oui, un beau billet pour une belle lecture, un billet généreux et d' " émouvants et vivifiants " souvenirs

    Posté par Marilyne, 26 août 2014 à 21:39 | | Répondre
  • Tu confirme l'avis de Maryline, je note ..

    Posté par aifelle1, 27 août 2014 à 06:38 | | Répondre
  • Quand vous vous liguez ainsi toutes les deux, difficile de résister. Et pourtant j'ai été très peu convaincu par le dernier texte jeunesse de Mr Sepulveda...

    Posté par jerome, 27 août 2014 à 13:53 | | Répondre
    • Luis Sepúlveda, c'est un VRAI talent. Un VRAI "écriteur", un VRAI conteur, un VRAI rouspéteur,
      Il sait parler aux enfants, il sait parler aux adultes, il sait même parler aux "crétins", mais ceux-là, pas sûr qu'ils sachent lire

      Posté par M. Littérauteurs, 27 août 2014 à 14:02 | | Répondre
  • https://www.youtube.com/watch?v=st0Qw9AxfgM

    Amen
    vive la poesie
    White Weapon

    Pour la puissance et la gloire de la poesie moderne
    a faire tourner!

    Posté par WW, 30 août 2014 à 18:00 | | Répondre
  • Quel beau billet (comment se fait-ce que j'avais lu celui de Marylin et pas le tien ?) Je prends note, mais pas tout de suite !

    Posté par Asphodèle, 31 août 2014 à 19:52 | | Répondre
  • Magnifique billet qui me donne envie de relire cet auteur... Merci ma chère Martine. Bizzz

    Posté par soukee, 04 septembre 2014 à 21:56 | | Répondre
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