02 mars 2014

LA POÉSIE DANS LE BOUDOIR : Ivan A. Bounine

IVAN BOUNINE - MON COEUR PRIS PAR LA TOMBE

Mon coeur pris par la tombe
Ivan A. Bounine
Éditions La Différence, 1992
Coll Orphée
Traduit du russe par Madeleine de Villaine

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur les hauteurs, au sommet enneigé,
J'ai taillé un sonnet avec un couteau d'acier.
Les jours passent. Il se peut que jusqu'à maintenant
Les neiges aient gardé ma trace solitaire.

Dans les hauteurs, là où les cieux sont si bleus,
Où rayonne avec allégresse la lumière de l'hiver,
Seul le soleil regardait le stylet
Tracer mon poème sur le glacier émeraude.

Et je jubile à la pensée qu'un poète
Me comprendra. Que jamais dans la vallée
Ne le réjouisse le salut de la foule !

Dans les hauteurs, là où les cieux sont si bleus,
J'ai taillé à l'heure de midi un sonnet
Pour celui qui est dans les hauteurs, et pour lui seul.

1901


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