20 février 2014

LA COLLECTE DES MONSTRES – Emmanuelle Urien

LA COLLECTE DES MONSTRES - URIEN

La collecte des monstres
Emmanuelle Urien
Nouvelles, Gallimard, 2007
160 pages

 

 

 

J’ai tellement aimé « Court, noir et sans sucre » (clic) que j’ai été prise d’une irrésistible pulsion de poursuivre ma découverte des textes d’Emmanuelle Urien. Je ne regrette pas, mais pas du tout. Mais je rassure mes lecteurs fidèles : après ce recueil, on va faire une pause.

La collecte des monstres. J’aime bien le titre. Et après avoir fait la connaissance de ceux de ma précédente lecture, je m’attendais à pire encore. Eh bien, ce n’est pas vraiment ça. Et les monstres de ce recueil ne sont pas, pour la plupart, si monstrueux que cela.

Bien sûr Emmanuelle Urien trempe sa plume dans l’acide, dans le sang, et parfois dans les contradictions de l’humain. Et j’ai ressenti pour certains « monstres » une petite pointe de dilection. Comment dire ? Un sentiment que même si on n’excuse pas l’acte ignoble commis par l’un des protagonistes, on peut comprendre.

Quoique… « L’homme qu’il me faut » n’est pas tout à fait celui pour lequel je fantasmerais ! Et puis, en parcourant à nouveau le recueil pour rédiger mon billet, je me dis que j’ai surtout retenu les persécutés : Lilas, cette jeune étudiante, contrainte à se prostituer. Juliette, dans sa quête amoureuse. Aminata, petite fille victime d’une société aveugle et meurtrière. Bahtiyar, la « tête de turc ».

Coup de cœur pour deux des nouvelles.

Mergitur. Une équivoque en clair-obscur.

Converti en grammes. Ce n’est qu’à la fin du texte que j’ai compris où s’était retrouvé ce comptable et ce qu’on lui imposait de dénombrer.

Lire deux recueils d’Emmanuelle U. à la suite conduit forcément à s’entraîner à rechercher la « ficelle » narrative et à vouloir anticiper la chute. Je suis une lectrice un peu gobe-mouche, sans doute. Parce qu’en fait d’extrapolation, je suis souvent restée médusée !

Posté par C Martine à 14:48 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
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Commentaires sur LA COLLECTE DES MONSTRES – Emmanuelle Urien

    Je garde un bon souvenir de ma lecture de ce recueil, mais ça date! Chez Emmanuelle Urien, les chutes sont généralement inattendues, en effet! C'est pour ainsi dire une marque de fabrique.

    Posté par DF, 20 février 2014 à 16:00 | | Répondre
    • C'est vrai, c'est une de ses signatures, les chutes. Pas seulement, cependant. Son écriture est très fluide et limpide. C'est aussi ça, à mon avis, qui provoque l'effet de surprise !

      Posté par Martine, 20 février 2014 à 20:33 | | Répondre
  • Elle sera à la Foire du livre de Bruxelles ce week-end, chez Quadrature. Je ne repartirai pas sans une dédicace, c'est sûr !!!!

    Posté par Anne, 20 février 2014 à 19:14 | | Répondre
    • Là, tu vois, Anne, c'est le coup de grâce, après les municipales qui m'empêchent de me rendre au salon de Paris... Je suis envieuse !

      Posté par Martine, 20 février 2014 à 20:35 | | Répondre
      • Quel titre veux-lu lire maintenant ?

        Posté par Anne, 20 février 2014 à 20:43 | | Répondre
  • C'est un des titres que Flo m'avait recommandé (avec Tous nos petits morceaux, que j'ai adoré) et probablement mon prochain achat. Ce que tu en dis me laisse croire que je l'apprécierai autant que Court, noir, sans sucre : je suis bon public/bonne lectrice et me laisse facilement surprendre.

    Posté par Mina, 20 février 2014 à 20:26 | | Répondre
    • Je n'ai pas lu "Tous nos petits morceaux" et je vais attendre un peu, parce que trop d'Emmanuelle Urien tue Emmanuelle Urien Si tu veux que je te prête ce recueil, pas de problème, je te l'expédie !

      Posté par Martine, 20 février 2014 à 20:37 | | Répondre
      • Merci beaucoup pour cette proposition, mais je comprends mieux ce que tu voulais dire par "trop d'Emmanuelle Urien tue Emmanuelle Urien" : je suis en train de lire Le bruit de la gifle et préfère attendre un peu avant de lire un autre recueil.

        Posté par Mina, 26 février 2014 à 11:24 | | Répondre
  • Je m'empresse de noter, je ne l'ai pas lu celui-là

    Posté par aifelle1, 21 février 2014 à 07:05 | | Répondre
  • Encore une fois, il me faudrait le relire pour me souvenir précisément des nouvelles. Néanmoins, "Converti en grammes" me rappelle une émotion épouvantable mais impossible de me souvenir de la fin.

    Posté par Flo, 22 février 2014 à 11:31 | | Répondre
  • Oh oh je veux le lire, celui-ci !!! Et noir et sans sucre aussi ! Mais j'adore la plume de cette auteur !

    Posté par liliba, 07 mars 2014 à 11:50 | | Répondre
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