13 février 2014

AFROPEAN SOUL – Léonora Miano

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Afropean Soul et autres nouvelles
Léonora Miano
Édition Flammarion, Étonnants classiques,
2008, 121 pages

 

 

 

Afropean. On pourrait les appeler aussi « Francofricains »… quatre des cinq protagonistes de ce recueil de nouvelles. Noirs, nés en Afrique (ou d’origine Africaine) et vivant en France.

Cinq récits, qui peignent la fragilité psychologique de personnages en quête d’une identité, en recherche d’une culture qui saurait mettre en adéquation celle de leurs ancêtres avec celle de leur présent.

Ces textes sont présentés comme des nouvelles, mais, autant le dire tout de suite, j’ai été déconcertée par la manière dont Léonora Miano traite ce genre littéraire. Selon moi, il s’agit plus de témoignages, de récits, que de nouvelles. Elle en dit, d’ailleurs, que ce sont des « photographies d’un moment ». Pas construites dans le but de préparer un effet de surprise final, les nouvelles de l’auteure s’éloignent de la tradition. De la tension, certes, mais dans un quotidien inquiétant. Quelques heures de la vie de ses personnages évoquent une réalité est difficile à vivre… en continu.

J’ai beaucoup aimé « Depuis la première heure », la 1ère nouvelle. Un enfant, ballon au pied, a quitté Douala, sa ville natale, attiré par les lumières des stades et la félonie d’un agent pas scrupuleux. Un enfant qui jamais ne pourra avouer qu’il a été berné. Un enfant qui ne reviendra pas au pays – comme tant et tant – parce qu’il ne pourra pas prouver sa réussite.

Adrien (le seul de ce recueil à n’être pas Africain de naissance ou d’origine) aussi m’a émue. Comment « l’idée » s’immisce… L’insurrection…. Mais « il fait noir », il fait « seul ».

Les « filles du bord de ligne », petites nanas qui ne peuvent vivent que dans le groupe, par le groupe, pour le groupe. Pas d’identité individuelle.

La 4ème nouvelle, éponyme, interroge la nature de l’identité des Afropéens en France aujourd’hui : quelle place en France, certes ; mais aussi quelle place face aux dérives extrémistes ?

C’est au « 166, rue de C. » que le lecteur rentre dans un univers d’exclues, dans un « autre monde », un centre d’hébergement d’urgence pour femmes en galère.

Intéressée par ce recueil. Mais pas franchement emballée. Parce qu’il me semble qu’il n’a pas sa place dans le genre littéraire dans lequel il est classé. Je pensais lire des nouvelles. C’est cette attente qui a été déçue. L’écriture de Léonora Miano est fluide. Elle est militante aussi. Et le contexte combattant est, selon moi, amoindrit par l’étiquetage de ce livre qui perd de sa force, de sa vitalité et qui mériterait une requalification.

Participation au mois de la nouvelle, chez Flo (*)

 


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Posté par C Martine à 16:04 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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Commentaires sur AFROPEAN SOUL – Léonora Miano

    Ce qui t'a gêné d'un point de vue technique ne me pose absolument pas de problème. Le concept de la nouvelle à chute est dépassé et réducteur (surtout quand c'est systématique) et j'aime bien les textes "photographies d'un moment". Après, il y a le sujet qui, en l'occurrence, ne me tente que moyennement. Je verrai si ma biblio l'a et y jetterai un œil le cas échéant.

    Merci pour la découverte ! Je crois que l'auteur est assez militante dans ses écrits d'une façon générale mais il me faudrait la lire pour me situer.

    Posté par Flo, 14 février 2014 à 22:14 | | Répondre
    • "gênéE"...

      Posté par Flo, 14 février 2014 à 22:14 | | Répondre
  • Merci Flo pour cette leçon es nouvelles. Je suis une néophyte en la matière. Ma découverte de ce genre littéraire ne date que de décembre 2012. C'est vrai que j'ai été désorientée par le style de ces textes. Ça c'est pour la forme. Sur le fond, chaque mot respire l'engagement de Léonora Miano.

    Posté par Martine, 15 février 2014 à 18:20 | | Répondre
  • très bon recueil de nouvelle !

    Posté par Nahel, 28 septembre 2014 à 16:38 | | Répondre
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