10 février 2014

COURT, NOIR, SANS SUCRE - Emmanuelle Urien

COUT NOIR SANS SUCRE URIEN

Court, noir, sans sucre
Emmanuelle Urien,
Première édition : L'être minuscule, 17 décembre 2005
Éditons Quadrature, revue et augmentée 2010
112 pages

 

 

ASSISTANCE TECHNIQUE (extrait du recueil)

Voilà trois dossiers qu’elle présente, Mélanie. Trois dossiers qui sont refusés. Trop jeune, Mélanie Bix.
Le lecteur n’oubliera pas son nom, pas plus que cette femme qui va l’accompagner.

C’est à la quatrième tentative que la demande de Mélanie Bix est acceptée.

Alors, elle prépare son sac de voyage, alors elle vérifie si ses papiers sont en ordre, alors elle prend le train, alors elle parvient à destination.

Alors sa volonté se réalise.

Quelques pages extraites d’un recueil de nouvelles, même pas 8/112. Les huit premières pages. Celles que l’on lit, vierge d’idées préconçues, dont on n’anticipe pas la chute.

À 19h 30, on sait, on comprend, et on prend une magistrale claque, on manque d’air. Sidéré, on relit, à l’affût de l’indice qui s’est faufilé.

Pour ma part, c’est ainsi que j’ai vécu cette lecture, courte. Cette lecture, noire. Cette lecture, sans sucre. Sans douceur, serrée comme un café à l’italienne, qui s’empare de la gorge, un peu âcre, mais avec la bonne dose de succulence pour qu’on la déguste et s’en régale. Moi qui suis plutôt amateu »se » de thé, je ne connais qu’un de ces breuvages théiné qui serait référence : le Pu Erh, qui donne une liqueur à la belle robe rouge très foncée à la saveur amère et astringente… que j’aime… sans sucre.

« Assistance technique » appartient à une série de quinze nouvelles, toutes en tension. Empreintes d’une tranquille noirceur, décapantes… c’est, presque bizarrement, pas vraiment dérangeant. Du bel art dans l'écriture et dans le pouvoir narratif.

C'est à Flo (*) que je vais transmettre ce billet, puisqu'il participe à la deuxième semaine du "mois de la nouvelle", saison 3.


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Posté par C Martine à 07:02 - - Commentaires [16] - Permalien [#]
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Commentaires sur COURT, NOIR, SANS SUCRE - Emmanuelle Urien

    Je suis très contente de te lire si séduite par cette nouvelle. Je me souviens surtout de la deuxième, personnellement : l'effet de surprise a pleinement fonctionné, j'ai croqué dans la pomme sans me douter de la noirceur qui s'y cachait.

    Posté par Mina, 10 février 2014 à 11:29 | | Répondre
    • La deuxième, oui, je l'ai beaucoup aimé aussi. Et j'ai hésité. Mais "douchée" par l'histoire de Mélanie Bix, j'étais déjà aux aguets."Chaque arbre cache un homme ou une femme dont la personnalité unique m'a frappé, parce que riche de promesses, mais impropre à la vie telle que nous la connaissons"... là, je me suis douté....

      Posté par Martine, 10 février 2014 à 14:24 | | Répondre
    • Bon, vous arrêtez avec la seconde nouvelle dont je ne garde aucun souvenir ! :p Je vais devoir m'arrêter à la biblio et la lire sur place tellement je n'en peux plus.

      Posté par Flo, 10 février 2014 à 17:44 | | Répondre
      • Elle est terrible, Flo, la deuxième ! À te remémorer de toute urgence !

        Posté par Martine, 10 février 2014 à 17:50 | | Répondre
  • J'ai très envie de découvrir à mon tour ce recueil ! L'ensemble est bon ?

    Posté par Anne, 10 février 2014 à 17:13 | | Répondre
    • L'ensemble est vraiment très bon, pas de doutes ! Tu peux y aller les yeux fermés (quoique, pour lire, ça va pas être facile) !

      Posté par Martine, 10 février 2014 à 17:56 | | Répondre
  • Je suis vraiment contente que tu aies aimé cette découverte.

    Sans aucun rapport avec le livre, je n'ai jamais été tentée par le Pu Erh mais là tu me donnes envie de me ruer chez mon fournisseur de thés (tout comme toi, je suis amatrice de thé plus que de café), sauf que j'ai déjà renouvelé mon stock de mini-nids de Tuocha la semaine dernière donc ça va devoir attendre (encore). Il y a vraiment des gens qui mettent du sucre dans leur Pu Erh *mode shocking on* ou ta remarque visait à "coller" avec le titre du recueil ?

    Posté par Flo, 10 février 2014 à 17:49 | | Répondre
    • Après avoir bu des litres de café dans une autre vie, je suis incapable d'en avaler une goutte (alors que j'en adore le parfum). Thé, donc. Et j'aime que ce soit fort. Pu Erh, alors. Mais de sucre point, ni dans le Tchai, non plus. En revanche, tu m'intéresses avec le Tuocha que je ne connais pas. Et comme, moi aussi, je viens de renouveler mon stock, il va falloir que j'attende (encore)....
      PS - je me rends compte que je n'ai pas répondu à ta question ; j'ignore complètement s'il y a des gens qui mettent du sucre dans le Pu Erh. Si certains le font, c'est vraiment du gâchis !

      Posté par Martine, 10 février 2014 à 18:02 | | Répondre
      • Bon, je viens de reprendre mes esprits et de me rendre compte que j'ai encore écrit une bourde (ça va devenir une habitude par ici...) puisque le Tuocha, c'est du Pu Erh modelé sous forme de nid (les minis que j'évoquais sont "mieux" que les gros car il n'y a pas de perte : tu mets le mini-nid entier dans ta théière ou autre au lieu d'en prélever un morceau. D'ailleurs mon fournisseur devrait arrêter d'en proposer en galette car ce n'est pas très pratique et il n'arrive pas à écouler son stock correctement). Bref, j'en bois mais j'avais un peu raison en disant que je n'avais jamais été tentée car c'est surtout ma mère qui aime ça à la base (j'ai mis du temps à m'habituer à l'odeur) et c'est en en achetant pour elle que j'ai goûté. Même si je n'en boirais pas toute la journée, j'apprécie suffisamment pour avoir mon propre stock désormais.
        Par contre, je ne bois pas de tchaï. Cela me fait penser (peut-être à tort) au thé de Ceylan, uniquement buvable avec une quantité de sucre démente et je ne sucre pas mon thé.
        Je suis très Lapsang (mais il faut que ce soit de très bonne qualité. Le Lapsang de base, c'est franchement pas terrible.)

        Je pense en avoir fini avec mon hors sujet

        Posté par Flo, 10 février 2014 à 19:49 | | Répondre
        • Ni Ceylan, ni Lapsang, pour moi. Ça fait trop "eau chaude", même quand c'est de bonne qualité (en tout cas, pour ce que j'en connais). Apparemment les buveurs de thé, de vrai thé, sont des dégustateurs un peu compliqués.

          Posté par Martine, 10 février 2014 à 20:34 | | Répondre
  • « Assistance technique » appartient à une série de quinze nouvelles, toutes en tension. Empreintes d’une tranquille noirceur, décapantes… c’est, presque bizarrement, pas vraiment dérangeant....
    Ah si alors, c'est très dérangeant, c'est même une des vertus cardinales de cette plume!

    Posté par Alain, 10 février 2014 à 22:48 | | Répondre
    • J'aurais du préciser que c'est moi que ça n'a pas dérangée, en effet. Pas dérangée, mais ravie. Cela dit, je ne trouve dans ce splendide recueil et dans la plume affûtée de son auteur(e) aucune des 4 vertus : ni prudence, ni tempérance, ni justice, ni courage (au sens Platonicien de l'expression). Merci de votre commentaire ; il me permet de clarifier mes propos.

      Posté par Martine, 11 février 2014 à 07:14 | | Répondre
      • Avec plaisir!

        Posté par Alain, 11 février 2014 à 07:21 | | Répondre
  • Un recueil dont je garde un très bon souvenir. J'ai aimé frissonner à cette lecture délicieusement cruelle.

    Posté par aifelle1, 11 février 2014 à 06:44 | | Répondre
    • Délicieusement cruelle, oui, ce sont les mots qui conviennent.

      Posté par Martine, 11 février 2014 à 07:15 | | Répondre
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