03 mars 2013

LA POÉSIE DANS LE BOUDOIR : Jean-Paul Valla

Instant suspendu

Michelangelo MERISI dit LE CARAVAGE
Riposo durante la fuga in Egitto, vers 1594


Instant suspendu

 

Cet instant
Un instant
L'instant qui désigne
L'intervalle qu'il représente.

Celui qui nous dit le drame
Le souffle interrompu
Le doigt pointé vers l'interrogation de tous les temps.

Deux bornes proclament l'inattendu :
L'évènement qui marque sa place à l'instant juste
Entre le moment suspendu
Et le retour au calme temps qui s'allonge.

Et que devient cette forme singulière
La particularité de son épaisseur soudaine
Après l'accent qui s'efface
Pour ne plus occuper le temps ni l'espace

Dans les trous noirs de l'univers
Que devient l'instant de vie ?

Jean-Paul Valla,

Héra - 2012
Éditions de Belledonne


POÉTISONS

Dimanche dernier, nous avons poétisé ensemble : Aifelle,  Anne, FlomarFransoaz, LaurenceMarilyne et moi.

(Clic sur les prénoms pour se rendre sur le site ou le blog)

Qui viendra, aujourd'hui avec nous, donner aux mots leur sensibilité poétique ? Poétisons ensemble, voulez-vous ?
La règle du jeu est ici

Même si vous n'êtes que de passage, même si vous n'avez pas pas de blog... pas de problème !

 

Posté par C Martine à 05:05 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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Commentaires sur LA POÉSIE DANS LE BOUDOIR : Jean-Paul Valla

  • Plier le monde à la dimension d'une page,
    tu ne le peux, me dis-je,
    mais tu le dois.
    De même relever l'empreinte d'une voix,
    entendre bruire les rouages
    de la voie lactée
    dans cette fine horlogerie du coeur.

    Gilles Baudry.

    Posté par aifelle1, 03 mars 2013 à 07:44 | | Répondre
    • ans autre signe, sans nul autre prologue
      que la nuit, sertir l'espoir
      du monde dans l'amande du poème.
      Mais en cet enclos si précaire,
      qui saurait lire en filigrane l'éternel ?
      Quelle lumière filtre et graine

      Gilles Baudry - Présent intérieur

      Posté par Littér'auteurs, 03 mars 2013 à 07:50 | | Répondre
  • On dit : le soleil après la pluie, la mer
    après la montagne,l'amour après
    et partir, partir. Demain, quand tout sera,
    quand tout aura, quand.

    Promesses des mors si vivre est plus
    qu'attendre, qu'espérer. Cendres jetées
    sur le feu qui regimbe un peu puis se tait
    sans consolation : la nuit

    tombe, l'aube se lève, un été a passé.
    Déjà, disent les fumées du hameau
    tandis que des animaux sans colère continuent
    d'amasser l'or du temps, l'or

    de nos yeux avides et si vite fermés.

    Guy Goffette, Un peu d'or dans la boue

    Posté par Anne, 03 mars 2013 à 10:39 | | Répondre
  • Nous sommes là et vivre est une parole
    Une parole prêtée
    — Alors écoute, écoute encore…
    Nouvelle averse actuellement au milieu du déluge
    Autrefois comme en ce moment
    Des heures et des heures de pluie fraîche
    Sur les pavés des rues et sur les toits des maisons
    Sur les champs jaunes de l’été
    Sur nos vêtements insignifiants
    — Sur le monde, en somme !
    Le monde le monde si malabar si mal léché
    Soudain une percée dans le ciel
    Le contour bleu des nuages
    Le jour était déjà revenu.

    — Pourquoi donc retenir cet instant ?



    Thierry RENARD

    Posté par flomar, 03 mars 2013 à 12:38 | | Répondre
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