31 octobre 2012

C'EST DÉGOÛTANT; Francesco Pittau, Bernadette Gervais

 

pittau

"Dans ce livre, Francesco Pittau, Bernadette Gervais parlent avec délectation de tout ce qui écoeure, révulse et provoque des haut-le-coeur. Sans équivoque, ce livre montre les expériences d'une petite fille blonde, mignonne et souriante, que rien ne rebute : boire l'eau du bain, se couper les ongles à table, avoir des cheveux dans la bouche ou encore se moucher dans les rideaux."

Jusqu'à quel âge ne se délecte-t-on pas des "pipis-cacas-carottes de terre" et autres illustrations bien senties sur ce qui anime, tout compte fait, l'essentiel des réflexions de l'homo erectus moyen ? 
Je consens ! Un peu universaliste, ma première phrase. Les "Hommes" (avec un "H" majuscule) seraient-ils définitivement asservis par des pensées scatologiques, qu'ils utiliseraient en guise de réflexion hautement philosophique ? 

Parce que cet album, que l'on pourrait qualifier de... "dégoûtant" (ben oui !) et de peu ragoutant, ne peut que faire le bonheur des petits lecteurs de 2 à 77 ans...Que le premier qui n'a jamais plongé ses mains dans un pot de confiture lève le doigt (après l'avoir sucé) ; que celle qui n'a jamais mangé avec ses mains se dénonce. Et dans la série des petits plaisirs inavouabes, on pourrait évoquer les doigts dans le nez, ou le pipi dans le bain. Voire pire !

Pittau et Gervais ne craignent pas le pire, et c'est dit avec une telle simplicité, une telle sincérité, qu'on se demande vraiment pourquoi s'en offusquer !

Un petit bijou, ni obcène, ni grossier, qui dit à voix haute ce que tout le monde fait à gestes bas.

 

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LE ROMAN D'ERNEST ET CÉLESTINE ; Daniel Pennac

En attente

pennac

"Un ours et une souris amis ? Jamais ! Scandaleux ! Absolument interdit !
- C'est compris Célestine ?
- Ernest, c'est compris ?¨
Pourtant, personne ne pourra empêcher Ernest et Célestine de devenir les meilleurs amis du monde. personne, vous m'entendez !
C'est le roman de cette amitié, conquise sur tous les préjugés, que Daniel Pennac nous raconte ici."

 

 

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30 octobre 2012

UN RÉGAL D'HERBES MOUILLÉES ; Anna de Sandre

En attente

un régal

"Dans la suavité d'un soir

Le ventre chaud 
D'un nid de frelons 
Éclipse
La maturité de la lune 
Au creux
D'un arbre fourchu.

Une mômarde en extase
Bat des mains, jappe
«Montgolfière ! Montgolfière !»
Tandis qu'un
Soldat
La met en joue La pupille
Etrécie dans son oeil clair."

Anna de Sandre vit actuellement dans le Sud-Ouest. Avec une prédilection pour l'art du bref, elle écrit principalement des nouvelles et de la poésie, et ponctuellement des romans et des histoires pour la jeunesse.
La plupart de ses textes sont publiés dans divers recueils collectifs ou revues.
À paraître : L'escalier de la forêt (Gallimard jeunesse) 
Couverture : Francesco Pittau

 


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LE TROU ; Thomas Vinau

En attente

le trou

"Le vide, ce grand bâfreur avide, qui grignote gentiment. Chacun l’arpente à sa façon. Respirer n’est pas autre chose. Écrire, pleurer, crier, sourire, courir, non plus. C’est histoire de trou et de bosse. C’est histoire de souffle tout au fond de la nuit. C’est histoire d’outil, celui qui creuse et celui qui colmate. Celui qui dissout. Celui qui construit. C’est histoire de lumière aussi, puisque le ciel reste au dessus de nos têtes, jamais totalement prêt à nous tomber dessus. Puisqu’il faut bien construire, il importe de distinguer trois étapes. La première est au fond. La seconde, pays de l’entre-deux. De la dernière, on aperçoit déjà les milles bleus du ciel. Ainsi la question de la chute devient forme d’ascension."

 


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01 octobre 2012

L'AUTOBUS ; Eugenia Almeida

l'autobus

"Dans une petite ville du fin fond de l’Argentine, un homme et une très jeune femme attendent un autobus dans un café, l’autobus passe et ne s’arrête pas. Il y a quatre jours maintenant que l’avocat Ponce amène sa sœur pour prendre cet autobus et qu’il ne s’arrête pas. Les jeunes gens partent à pied le long de la voie ferrée. Le village s’interroge. Le soupçon s’installe, la réalité se dégrade subtilement.

Il s’est passé quelque chose dans le pays que tout le monde ignore. Pendant cette attente, nous découvrons la lente plongée dans la folie de la femme de Ponce, provoquée par l’attitude de l’avocat qui ne lui pardonne pas les circonstances de leur rencontre.

La confusion s’installe dans la vie du village, ce sont les militaires qui commandent. Des livres disparaissent de la bibliothèque. Des coups de feu éclatent à la tombée de la nuit, des cadavres de subversifs sont retrouvés, personne ne peut reconnaître le couple de la photo du journal. L’autobus s’arrête de nouveau alors que personne ne l’attend plus et la pluie se met à tomber."

Argentine. Une petite ville perdue au fin fond du pays. Une voie ferrée. Un café. La vie au quotidien d’habitants ordinaires qui se côtoient, se jaugent, se toisent, se jugent… D’un côté de la voie les « nantis », de l’autre les « parias ». Ni le train, ni l’autobus ne s’arrêtent plus dans la bourgade depuis quatre jours. L’avocat Ponce, chaque matin, accompagne en vain sa sœur pour qu’elle prenne cet autobus. Il croit en la toute-puissance de son statut. En vain, aussi. Un couple intrus, venu là d’on ne sait où, venu là on ne sait pourquoi, attend, lui aussi de pouvoir quitter le village. En vain, aussi. De guerre lasse, l’homme et la femme décident de partir à pied en longeant la voie ferrée.

Unité de lieu ; unité de temps. Dans un monde clos, dans un silence de plomb. Que se passe-t-il ? Pourquoi l’autobus ne s’arrête-t-il plus ? Pourquoi l’orage n’éclate-t-il pas alors qu’il gronde ? Pourquoi entend-on des coups de feu dans le lointain ?

Eugenia Almeida laisse extravaguer les émotions du lecteur. Même si elle a posé le cadre, elle ne donne pas toutes les clés. Tout est possible, mais elle le tait jusqu’à l’évidence. C’est ce qui donne force et densité à ce court roman. Alors que le malaise leste l’atmosphère, elle parvient à offrir une écriture souple et rapide qui ne laisse pas place à la fadeur et à la monotonie.

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J’avais lu ce roman avant de me rendre au festival America 2012, à Vincennes. Je l’avais apprécié. J’attendais donc avec impatience de rencontrer cette auteure. J’ai été enthousiasmée. Cette dame sait dire les choses, simplement, passionnément, sans fioriture. Elle sait les dire, elle sait les écrire aussi.

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