01 janvier 2000

DANS LE TERRIER DU LAPIN BLANC ; Juan Pablo Villalobos

Villalobos

Quatrième de couverture :

Il était une fois un petit garçon très intelligent passionné par les chapeaux, les dictionnaires, les samouraïs et la délicatesse infinie des sansculottes. Un jour, il se pique de doter son zoo privé d’hippopotames nains du Liberia, et qu’importe que l’espèce soit en voie d’extinction ! Il les aura car papa peut tout. Papa est riche et puissant : il travaille dans la cocaïne. Depuis la forteresse où il vit reclus avec son narcotrafiquant de père et sa cour, le “Candide” observe un monde fantasmagorique et pourtant réel qui répond au moindre de ses désirs. S’il paraît extravagant, il est plein, en vérité, d’une cohérence implacable : le caprice puéril n’est qu’une réplique en miniature de la démence adulte.
Puisant avec brio à la source de l’ironie pour bâtir ce court roman philosophique, l’auteur brandit le pouvoir subversif de la dérision pour pointer une violence mexicaine prégnante et l’affilier, surtout, à une longue tradition humaine. Il semblerait, en effet, que toutes les civilisations comptent leurs coupeurs de têtes et qu’il ne soit pas si rare que les petits lapins blancs se transforment en serpents à sonnette.

Présentation de l'éditeur :

Orphelin de mère, Tochtli est un petit garçon comme les autres qui a pour papa un héros. Son héros travaille : il fait commerce de cocaïne, il est très riche - ses doigts sont couverts de bagues en or et en diamants, et très puissant - quand il reçoit des invités (crapules associées, prostituées, politiciens véreux …) on ne sait pas s’ils sont encore des gens ou déjà des cadavres. Comme tous les enfants, il aime jouer. Avec les mots, les chapeaux, les sabres. Et il excelle au jeu des questions / réponses. Quelqu’un annonce une quantité d’impacts dans une partie du corps et l’autre répond : “vivant, cadavre ou pronostic réservé”. Par exemple “trente balles dans l’ongle du petit orteil du pied gauche ?” : “vivant”. Entouré d’une “bande de mecs”, il ne quitte jamais le terrier. Il a un précepteur qui lui enseigne l’histoire et la géographie et lui transmet son obsession pour le Japon, le code d’honneur des samouraïs, et pour l’histoire de France. Tochtli aime beaucoup les Français, si délicats, qui enlèvent la couronne du roi avant de lui couper la tête pour éviter de la cabosser. Quand il manifeste l’envie de visiter un zoo, papa lui achète un lion et deux tigres. Mais quand il s’agit d’un désir a priori impossible à assouvir, comme des hippopotames nains du Libéria en voie d’extinction ? On enfreint les règles de sécurité et on embarque pour une odyssée délirante et initiatique en direction de Monrovia. Papa peut tout. Rien ni personne ne lui résiste. Et cette omnipotence astronomique pèse lourd dans la construction de l’imaginaire de l’enfant, pour qui il n’existe aucune opposition entre le monde fantastique où tout est possible et le monde du réel. Mexicaniste jusqu’à l’absurde - les prénoms de tous les personnages comme l’enfant Tochtli : lapin, le père Yolcaut : serpent à sonnette, sont empruntés au dialecte náhuatl, la langue indigène la plus parlée au Mexique - l’auteur transpose cette violence prégnante dans d’autres cultures pour l’affilier à une longue tradition humaine. Il semblerait que toutes les civilisations comptent leurs coupeurs de têtes et qu’il ne soit pas si rare que les petits lapins se transforment en serpents à sonnette.


 

Posté par C Martine à 20:36 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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